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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

30 May

Faut-il avoir peur de la montée de l’Islam au Congo-Brazzaville ?

Publié par Berijc

La grande mosquée de Pointe-Noire dont les trois minarets dominent tout le quartier.

« Les conflits à venir entre les peuples d’origine et les nouveaux venus qui aspirent ouvertement à les remplacer ne seront vraiment pas beaux à voir. » James Neilson, ancien directeur du Buenos Aires Herald.

Le Congo traverse une crise due d’une part par des mauvaises politiques initiées par le gouvernement et d’autre part, en partie par des politiques d'ajustement structurel (PAS) des années 1980, 1990 et 2000 imposées par les organismes financiers internationaux ( FMI, Banque Mondiale…) qui ont dévasté les systèmes sociaux.

Au Congo, la voie empruntée était celle de la « décroissance » et donc celle de la pauvreté. Plus clairement, dans un pays où l'environnement institutionnel n’incite pas à la création d’entreprises, des emplois parce qu’il y a une instabilité permanente, une bureaucratie mêlée à une corruption prononcée et au non respect des libertés économiques, sur lequel on a saupoudré des mauvaises politiques économiques, il est normal que la croissance devienne négative. La pauvreté et les coupes budgétaires devenant ainsi inévitables.

Ainsi donc, les autorités actuelles ont creusé le sillon délétère propice à la montée de l’islam au Congo-Brazzaville. Cette situation conduit aujourd’hui à un grand mécontentement latent et populaire. Une brèche dans laquelle s’engouffreraient la religion islamique, des cercles ou églises de réveil, des évangélistes véreux. Tous manient la même méthode de séduction: combattre la pauvreté et la misère par la prédication des messages haineux.

Existe-t-il un réel danger de l’islam au Congo?

Sassou I et ses gouvernements successifs avaient fait la preuve de leur inefficacité: aggravation de la pauvreté et dépravation des mœurs. En effet, l’aide internationale fut généralement redistribuée à des gouvernements corrompus qui en ont fait leur propriété. Les ressources nationales furent dilapidées, sans un seul égard pour les pauvres.

Loin de ces sirènes humanistes mises en avant, c’est un combat pour le contrôle spirituel et culturel que se livrent ces religions sur le dos de la misère et la foi des congolais. Le recul d’un christianisme moins fanatique laisse progressivement la place à un islamisme qui ne cache plus son ambition conquérante. Ainsi, doit-on craindre cette montée islamique au Congo?

La montée de l’islam au Congo-Brazzaville, constitue-t-elle une menace à la paix intérieure? Cette interrogation qui plane dans les esprits de beaucoup de congolais traduit le besoin de prévenir un possible conflit entre les chrétiens et les musulmans congolais à l’image de ce que nous constatons, pas très loin de nos frontières (Mali, Sénégal, Nigeria, le Nord du Cameroun, Centrafrique…)

Il est incontestable que ce qui était hier une opportunité culturelle l’est de moins en moins aujourd’hui. L’on se souvient qu’en 1990, Brazzaville et Pointe-Noire comptaient à peine trois mosquées.

Aujourd’hui, elles se sont multipliées par quatre voire cinq s’installant dans pratiquement tous les arrondissements de Brazzaville, Pointe-Noire et d’autres villes du pays. Les plus en vogue, «Trois Martyrs», «Marché Poto-poto», « Total », et celle de la «rue Bangangoulou», vivent aujourd’hui au rythme des prières et des accoutrements symboliques des musulmans se rendant dans ces mosquées qui poussent comme des champignons. A Brazzaville, on dénombre plus d’une vingtaine de mosquées. Les originaires du Moyen-Orient priant entre eux dans certains immeubles du centre-ville de Brazzaville et Pointe-Noire.

En vingt trois ans, on est passé de 7% à un peu plus de 15%. « L’islam monte en flèche dans ce pays, à ne considérer que le nombre de mosquées qui sont construites ça et là entre Brazzaville et Pointe-Noire, confiait l’Imam Ngolo » (1).

Sur une population de fidèles, toutes tendances confondues, de 3.315.916, la communauté des fidèles musulmans arriverait aujourd’hui en deuxième position par tête d’habitants et compterait 452.000 fidèles en 2008, après celle des fidèles catholiques comptant eux 2.400.000 fidèles. Serait-ce là une réponse appropriée aux pratiques parfois douteuses, perverses, incestueuses tant décriées dans les églises catholiques dites de « réveil » qui perdent de plus en plus des adeptes? Ou une « invasion » savamment planifiée de la conquête spirituelle et culturelle par la religion islamique?

Cette augmentation et l’affluence des musulmans au Congo-Brazzaville agissent sur la domination et le contrôle de l’Import-Export, du commerce de gros et détail, et surtout sur la qualité de vie quotidienne sur l’ensemble du pays. Les Congolais, bon gré mal gré, se voient imposer la fermeture de ces commerces entre 12 h 00 et 14 h 00 les jours ordinaires et les vendredis, pour cause de prière. En plus, il y’a une pollution sonore d’appel à la prière pour ceux qui habitent proche des mosquées. L’on constate même l’occupation des trottoirs pour cause de prière. C’est le cas le long de l’avenue de la Paix à Brazzaville et du « Grand marché » de Pointe-Noire.

Il faut reconnaître que la défaillance des politiques sociales et économiques a accentué ce phénomène religieux. Dans un pays où les populations sont confrontées à la corruption, à l'arbitraire ou à l'absence de l'Etat et de justice sociale ou encore à la vulgarisation des mœurs indécentes conduisant les populations aux comportements immoraux, la société congolaise est ainsi livrée à un dépècement religieux aux contours flous, dominateurs, déviant vers un extrémisme dangereux. Il faut donc s’interroger, calmement et sereinement sur cette montée de l’islam qui sous d’autres cieux conduit à un islam radical avec toutes ses conséquences.

Les politiques doivent apporter des solutions idoines face à la montée de l’Islam au Congo.

Sans pour autant verser dans un amalgame d’un Islam modéré qui a toute sa place et au-delà de la foi, aspiration personnelle que nous ne mettons nullement en cause, nous nous interrogeons sur les pratiques jugées parfois « d’intégrisme » où l’on observe de la part de certains musulmans qui prêchent de maison en maison alliant parfois des propos considérés comme blasphématoires qu’outranciers. Cela suscite les réponses parfois acerbes de la communauté chrétienne qui voit mal cette intrusion « dangereuse » sur un territoire qu’elle considérait conquise.

Le pouvoir régalien doit conduire le gouvernement de notre pays à fixer des balises, des règles sur lesquelles se fondent la société congolaise.

Loin de nous l’idée de bannir les minarets au Congo-Brazzaville, mais la multiplication des constructions de nouveaux minarets de Pointe-Noire à Impfondo doit inciter les politiques à se questionner sur « l’islamisation » à outrance dans notre pays afin que dans les années à venir, les congolais ne se voient pas imposer des croyances et des normes culturelles par ceux-là mêmes qui rejettent les dogmes du multiculturalisme.

En effet, Recep Tayyip Erdogan, Premier Ministre islamiste de Turquie avait dit : « les minarets sont nos baïonnettes, les dômes nos casques, les mosquées nos casernes et les croyants nos soldats ».

Pour Mamadou Cissoko, théologien à la grande mosquée de Poto-Poto, « Non, il ne faut pas craindre une montée de l’islam dans toutes les villes du Congo-Brazzaville. La question est d’ailleurs mal posée et excitatoire. Elle n’appelle qu’à la surenchère. Nous vivons une période-charnière dans laquelle il importe de prendre le contre-pied de tout discours excluant. Pour que l’avenir se construise ensemble et non l’un contre l’autre ».

En jouant à fond sur la carte sociale, l’islam tente d’apporter une réponse aux conséquences des problèmes socio-économiques et culturels qui ont dévasté l’équilibre national. Financé en grande partie par les puissantes institutions financières des monarchies du Golfe, le gouvernement congolais semble impuissant devant la percée islamiste. Aidé par la cupidité des dirigeants congolais se jetant comme des chiens sur des os sur les pétrodollars qataris, on ferme les yeux pour ne pas voir les évidences que seuls l’aveuglement ou la trahison de la nation veulent nier. Il n’y a pas un hasard qui fait que « La compagnie pétrolière nationale qatarie Qatar Petroleum (QP) vient de prendre 15% de la filiale d’exploration-production de Total au Congo-Brazzaville.» Véronique Le Billon, Les Echos, Le Qatar entre au capital de Total au Congo.

« Dès le 25 juin 2012, le général de l’Armée de Terre américaine Carter F. Ham, commandant le U.S. Africa Command (USAFRICOM ou AFRICOM), c’est-à-dire le responsable suprême des interventions militaires américaines dans 53 pays africains, alertait, lors d’une conférence donnée à l’African Center for StrategicStudies de Washington D.C., sur le danger que constituait le rapprochement opérationnel des groupes islamistes opérant en Afrique et le risque d’une alliance de plus en plus étroite de ces terroristes mahométans. »

De même Afriquinfos, un journal d’information sur le net basé à Barcelone mais rédigé par des Africains, revient sur cette menace dans un article daté du 17-07-2012 titré « L’Alliance Islamique veut éradiquer le christianisme du continent africain ».

C’est donc une question qu’il faut prendre extrêmement au sérieux. Comment se préserver « des énormes revenus tirés de la vente du pétrole réutiliser non seulement à investir dans des pans entiers de nos économies nationales (ou ce qui en reste…) mais à financer un but de guerre global qui est l’islamisation du monde entier par la guerre terroriste (Afrique). » Afriquinfos.

Que deviendrait le Congo avec un islam conquérant qui atteindrait, dans un proche avenir, plus de 2 millions de fidèles sur lesquels seront concentrés la quasi-totalité des ressources économiques du pays ? « Il convient de se méfier sérieusement de cet ami qui nous veut du mal.» Le Vilain Petit Qatar : Cet ami qui nous veut du mal. Nicolas Beau et Jacques-Marie Bourget, éd. Fayard.

Dans l’intérêt du peuple congolais, le gouvernement doit répondre à la fois aux enjeux de court et de long terme. Cet exercice est si difficile que l’on peut comprendre une certaine cacophonie. Pourtant face aux périls, les mots « vigilance et préservation » sont des armes souvent victorieuses. Ne dit-on pas que gouverner c’est prévoir ? Il serait utile de prévoir un organisme de surveillance des prédications haineux, extrémistes afin de contrôler et lutter contre certaines formes de radicalisation pas seulement de l’islam mais également des Eglises de réveil du Congo souvent accusées de dérapages et propos malveillants ou déviants.

………………………………

Voici le nombre de fidèles par confession religieuse en République du Congo, tel qu’il ressort de ce document :

Eglise Catholique :…………………………………2.400.000

Communauté islamique du Congo :………………452.000

Union nationale des Églises de réveil du Congo :……189.400

Église Évangélique du Congo :… ………………...... 150.000

Armée du Salut :…………………………………….. 79. 816

Église de Jésus Christ sur la terre par son Envoyé

Spécial Simon KIMBANGU :……………………….. 18.000

Christianisme prophétique en Afrique,

Église lassyste (Zéphirin) :……………………………11.000

Église Orthodoxe Grecque du Congo :…………………6.000

Église évangélique luthérienne du Congo :… … ……5.000

Église de Jésus Christ des Saints des derniers jours:…..4.700

TOTAL DE FIDÈLES :…………………………………3.315.916

« Initiative nationale de communication pour les gestes qui sauvent en faveur de la survie de l’enfant au Congo, Macro plan 2008 ». C’est un projet élaboré par la Direction générale de la santé, en partenariat avec l’Unicef Congo, et dont la mise en œuvre est confiée aux confessions religieuses.

J.C. BERI, contact@dac-presse.com

(1) - Issoufou Ngolo, Vice-président la Communauté islamique du Congo dans « Ramadan: L’Imam Ngolo appelle au respect scrupuleux du mois sacré! » journaldebrazza.com

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