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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

10 Apr

Notre salut est congolais

Publié par Berijc

La récente visite de Denis Sassou Nguesso en France du 6 au 12 Avril 2013, reçu avec tiédeur par les autorités de Paris, met en lumière l’étendue du chaos de la politique menée par le gouvernement congolais depuis le retour de ce dernier au pouvoir par les armes.


En dépit d’un voyage au goût amer, le kleptomane de Brazzaville tente de jouer à l’équilibriste entre la françafrique et la chinafrique.

 

Denis Sassou Nguesso reçu à Paris sans enthousiasme

 

 

Que de belles paroles! Que n’avons-nous pas entendu au cours des différentes rencontres de ces deux délégations! Comme un professeur devant ses étudiants le président Français distille sa litanie de paroles prometteuses sur la bonne gouvernance et les principes sacro-saints des droits de l’homme. Comme un enfant pris en flagrant délit, Monsieur Sassou cuve ses paroles sans broncher comme si son auteur était exempté de tout reproche. C’est sidérant de voir que les africains en général et congolais en particulier s’abaissent à chaque fois dans les rapports bilatéraux entre la France et nos états.

 

Comme en 2012 lors de sa dernière visite officielle en France, Denis Sassou conscient de son statut de dictateur vomi par la communauté internationale avait réussi à se faire une place protectrice auprès de l’ancien locataire de l'Élysée Nicolas Sarkozy. Il aurait été fait état de plusieurs centaines de millions d’euros, le prix payé par Denis Sassou Nguesso pour que les dirigeants français de l’époque ferment les yeux sur ses multiples crimes, turpitudes et détournements de biens communs.

Aujourd’hui, nous avons également une belle reproduction de cette politique immuable de la France envers les pays africains en général et particulièrement le Congo-Brazzaville. En fin connaisseur de ce monde politique français, il n’a pas fallu plus d’un an et demi à Denis Sassou Nguesso pour faire sauter le verrou de «persona non grata» qui pesait sur lui auprès de l’occupant actuel de l’Élysée.


D’aucuns diront que cette réception ne signifie rien car le président français serait resté camper sur ses positions intransigeantes du respect d’une bonne gouvernance et d’une conception démocratique exemplaire. Mais l’opinion internationale et plus particulièrement congolaise y voit, à juste titre, la faillite politique et morale d’une politique africaine de la France incarnée par le quai d’Orsay et l’Élysée. On réhabilite un homme qui «incarne aujourd’hui une caricature de kleptocratie, celle d’un chef d’Etat riche à la tête d’un Etat pauvre», Me William Bourdon avocat de transparency France.

Qu’importe la fraîcheur du séjour parisien du tyran kleptomane, les «vouvouzélas» du clan tentent de défendre bec et ongles leur maître. Thierry Lézin Moungalla et Alain Akouala Atipault, deux marionnettes au service de ce pouvoir moribond, tentent sur les réseaux sociaux de valoriser ce voyage enfumé de Denis Sassou Nguesso par la realpolitik. Les congolais savent que tous les «boukouteurs» du Congo sont bavards pour défendre la main qui les nourrit. Rechute ou soudaine «okyemilose» que tout membre du clan Sassou souffre en l’absence de traitement choc à Brazzaville.


La Françafrique a la dent dure quelque soit le locataire de l’Elysée


Depuis les années soixante, la France confisque l'indépendance de ses anciennes colonies africaines en y maintenant un système d'exploitation clientéliste et néo-coloniale. Mise en place de dictateurs (complicité de coups d'État, fourniture d'armes et de mercenaires), soutien politique, économique et militaire à ces régimes, silence face aux exactions et crimes qu'ils perpétuent, validation d'élections truquées, sont encore aujourd'hui les activités de prédilection de la diplomatie française en Afrique. Notre pays, le Congo est l’exemple le plus marquant.


Que vaut la parole d’un homme politique français devant la toute puissance financière des dictateurs africains? C’est en ces termes que le peuple congolais devrait réfléchir pour éviter de tomber dans des désillusions désagréables. Si nous congolais, sommes incapables de lutter dans notre propre pays contre nos dictateurs, il est difficile de déléguer cette responsabilité aux français. Car favoriser la mise en place d’un système de transparence et la répartition équitable des richesses constitueraient un obstacle à leur politique séculaire d’exploitation : pillage des richesses, soutien des dictateurs cleptomanes, enrichissement par ricocher des personnalités politiques françaises (Françafrique). Tel est le deal des pays européens en général et particulièrement la France envers nos pays africains et particulièrement le Congo-Brazzaville.

 

Dès l’instant que les sociétés Russes et Chinoises commencent à grignoter sur les marchés juteux du pétrole, gaz, bois, BTP et autres ressources naturelles congolaises, toutes les vertus de la transparence, justice et de la bonne gouvernance «timidement proclamées» seraient vite mises dans les tiroirs en reléguant au second plan les misères et souffrances des peuples soumis à une dictature des plus atroces. Il n’est donc pas surprenant que le tapis rouge soit étalé au passage d’un dictateur aux mains maculées de sang. Toute la crème politique française se mobilise pour faire des yeux doux à un homme dont les siens sont imbibés de sang des congolais. De l’Elysée, le quai d’Orsay, place Vauban, en passant par le MEDEF tout est mis en ordre pour damner le pion aux chinois et aux russes. Le chapelet des contrats en attente de signature n’est que la résultante d’une mesquinerie politique dont les seuls perdants dans l’histoire reste le peuple congolais abandonné, pourrissant dans sa merde nauséabonde.


«Cette réception est d’autant plus embarrassante que Denis Sassou Nguesso a déclaré refuser à la justice française le droit d’enquêter sur les «biens mal acquis», à l’issue de son entretien avec François Hollande. EELV appelle le Président de la République et la Ministre de la Justice à réaffirmer l’indépendance de la justice française et leur engagement de laisser la justice faire toute la lumière sur les «biens mal acquis».


Pour ceux qui savent lire entre les lignes ont déjà décrypté que ce dossier fumant serait en balance avec la cession sous forme de contrat fallacieux aux entreprises françaises l’exploitation des grands marchés juteux congolais. Le Congo (les dirigeants véreux actuels) veut payer le silence de la France à coup de millions d’euros le répit des enfants et autres membres du clan Sassou dans le collimateur des juges français.


De même Denis Sassou Nguesso a su jouer de tous ses moyens financiers pour crédibiliser sa venue en France. A grand renfort de millions d’euros, Paris est inondé de l’argent sale de la bande à Sassou. Faut-il incriminer ces compatriotes qui ont couru derrière les 200 euros promis pour marquer de leur présence à l’aéroport d’Orly? Faut-il jeter l’opprobre sur des compatriotes qui ont du mal à joindre les deux bouts poussé en exil par une politique sociale qui les détruisent à petit feu ? Nous savons que beaucoup l’ont fait par contrainte et non par conviction. D’autres par souci de gains facile. A ceux qui l’auraient fait pour soutenir une politique désastreuse, le seul jugement qu’il convient de faire dans de tels cas, c’est de les soumettre à la réponse du peuple. Seul le peuple peut apporter une quelconque sanction ou pas. Tout de même, les incidents survenus le soir même (Samedi 6 Avril 2013) au Nganda Moutsouka à Paris (gare du Nord) mettant en conflit le député qui redistribuait les fameux 200 euros et les supposés bénéficiaires témoigne du degré élevé du vomissement de ce pouvoir qui ne survit que par la corruption.

 

Nouvelle doctrine de la France: Non assistance à dictateur en danger, mais protection de ses ressortissants et de ses intérêts économiques


La leçon à retenir est aussi simple que l’est la naïveté de nos dirigeants. Ont-ils pensé un seul instant ce qui arriverait dès lors que ces messieurs de France, que le dictateur de président, vient engraisser en auront assez de ses services? Ont-ils oublié que peu de temps avant sa chute suivie de son exécution, Mouammar Kadhafi avait été reçu à l’Elysée?

Il est donc grand temps de vous dire réveillez-vous, la leçon de la réception de Denis Sassou Nguesso ressemble à un scénario joué d’avance. Souvenez-vous de Kadhafi qui a été reçu en grande pompe mais poignardé dans le dos, peu de temps après, par cette même France qui pourtant n’a pas hésité de lui prendre «ses milliards». Se croyait-il plus malin et suffisamment armé pour se défendre? Mais avait-il prévu le soulèvement de son peuple?


Faut-il leur ressasser la fin tragique et humiliante des anciens dictateurs africains: Mobutu, Bokassa et tout récemment Bozizé qui ont longtemps cru en la bonne foi des donneurs de leçons de France et qui ont été lâchement abandonné à leur propre sort?

La chute de François Bozizé est une illustration du double langage de la France envers tous les dictateurs africains. La France ne fera plus rien pour sauver tout régime africain qui s’accroche au pouvoir par la terreur, les assassinats à caractère tribal et ethnique, et qui ne respecte pas la démocratie, les droits de l’homme, et la bonne gouvernance.


A qui le tour demain, Obiang Nguema, Dos Santos ou Sassou Nguesso? Sachez que mêmes vos milliards que vous avez habillement subtilisés dans les caisses respectives de vos états ne vous seront d’aucune utilité à ces moments là.

L’actuel locataire de l’Elysée sait pertinemment que Denis Sassou Nguesso est un kleptomane, un dictateur (34 ans de règne) et ses mains sont tachées de sang des milliers de congolais.


En tant que congolais, il me semble inacceptable que les filles ou fils de l’ensemble des membres du clan Sassou puissent demain errer à travers le monde quelque soit tout ce qu’on peut leur reprocher. D’autant plus parmi eux il y aurait des victimes collatérales: Des enfants qui risquent de payer pour les fautes dont ils ne sont pas responsables. Notre devoir est de tirer la sonnette d’alarme. Préparons nos enfants un avenir meilleur en faisant prévaloir le bannissement, le rejet et l’exploitation de l’autre ne soient plus tolérés. Je sais que je vais m’attirer la foudre des «va-t’en-guerre» mais c’est ma conception du vivre ensemble.


Si les congolais ne tirent pas la leçon que la vraie démocratie, c’est celle que nous aurons à construire nous même. Ayant la volonté de réfléchir sous le «Mbongui» pour inventer congolais. La culture démocratique ne se transpose pas, elle est l’émanation des mœurs et coutumes d’un peuple. Hier nous avons su nous parler, régler nos différends, nous pouvons encore le faire demain. Seulement si et seulement si nous acceptons nos propres erreurs et être capables de s’engager vers un vrai changement. Cessons d’obscurcir notre vision de l’avenir. Nous pouvons tous changer le Congo en nous rassemblons.

Car plusieurs dangers sont à la croisée de l’avenir de notre pays. Si Denis Sassou Nguesso s’entête dans cette voie de non dialogue entre congolais, la menace SELEKA ne sera pas seulement un fléau centrafricain mais elle sera demain aussi congolaise. La montée des islamistes à qui Sassou a donné un pouvoir économique qui s’accroît tous les jours voudront demain s’accaparer tout le pays lorsqu’ils auront suffisamment mis la main sur les richesses du pays. A ce moment, ni le clan Sassou qui croit dominer, contrôler, s’enrichir seront aussi les premiers perdant que l’opposition qui souhaite reconquérir un pouvoir en ayant comme programme de développement la chasse du clan Nguesso.


Notre salut viendra à travers l’ambition saine et responsable de se dire «Le développement dépend de la bonne gouvernance. C'est un ingrédient qui a fait défaut pendant beaucoup trop longtemps, dans beaucoup trop d'endroits. Mais cela n'est possible que si, vous tous, vous assumez la responsabilité de votre avenir. Cela ne sera pas facile. Cela réclamera du temps et des efforts. Il y aura des épreuves et des déconvenues». Discours du président américain B. OBAMA devant le Parlement du Ghana


Jean-Claude BERI, contact@dac-presse.com

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