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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

13 Apr

Le baroud de la honte de l’un des derniers mammouths de la Françafrique

Publié par Berijc

"Les Congolais ont la fortune à portée de main et pourtant, ils restent pauvres ; pardonnez-moi si cela vous choque, mais comment ne pas être attristé par un tel gâchis ?" -Nicolas Sarkozy.

 

Nous sommes à la croisée des chemins entre une république dérivant dans une opacité bafouant toutes les vertus de l’élégance démocratique et l’ambition de construire une république égalitaire incluant dans sa fonctionnalité la rigueur économique indue à une nation respectueuse des biens publics.


Le Congo-Brazzaville navigue depuis fort longtemps dans des eaux troubles où la limite entre le bien public et le bien privé n’a plus de sens, l’exécution des projets n’obéissant qu’aux caprices des entrepreneurs, la fraude et la corruption ayant pris le dessus sur les consciences des citoyens. Lorsqu’un chef d’Etat vient à défendre l’acquisition des biens obtenus en pillant les deniers publics de son pays, nous sommes là en présence d’une conception faillible de la république. Ce n’est pas seulement le chef de l’Etat qui a failli mais c’est la république qui souffre en cautionnant ces dérives destructrices. Plusieurs observateurs qui nous ont rapprochés témoignent du degré de perdition d’une société qui a baissé les bras devant l’adversité, se livrant à une prostitution morale et financière. Comme nous l’avions constaté dernièrement lors du passage de M. Sassou et sa délégation à Paris. La dépravation a atteint son paroxysme de l’humiliation montrant à quel point les congolais sont tombés si bas. On peut aujourd’hui très honnêtement se poser la question, qui parait d’ailleurs plausible, existe-t-il encore des congolais sains moralement et pouvant se prévaloir d’œuvrer pour une nation exemplaire ?


Il est évident que le clan Sassou est arrivé là où la plupart des congolais ne les attendaient point : La manipulation des consciences par des procédés mercantiles. Ils ont démontré qu’ils sont capables de tout, voler, piller, frauder, tant que les congolais seront aussi peu fiers d’eux-mêmes en acceptant de brader leur dignité. Conscients qu’ils sont rejetés, haïs et surtout impopulaires, mais dès lors qu’ils peuvent contourner cette difficulté en achetant la conscience des congolais, pourquoi voulez-vous qu’ils instaurent une république égalitaire ? En pillant nos richesses, ils ont constitué une manne qui leur permet de mieux nous maintenir dans un statut de mendicité morbide. Que ce soient les congolais de l’intérieur ou ceux de l’extérieur le constat est le même : Vendre sa dignité pour quelques billets de CFA ou euros. Lorsqu’on leur parle d’exemplarité, les réponses les plus surprenantes fusent : « opposition ya nzala », « On va nous aussi gratter », « C’est notre argent », « On va voler les voleurs »…


Cette insouciance frisant manifestement un dégoût de la politique observée chez bon nombre de congolais est  la résultante de l’immoralité qui plane au sein de la classe politique. Sans vouloir pour autant mélanger tous les congolais dans le même panier, force est de constater que même ceux qui se proclament de l’opposition ont eu une attitude des plus ambigüe. Comment comprendre les gens qui sont de l’opposition le jour ( à la manifestation) et se retrouver le soir aux lieux de distribution de ce que nous appelons aujourd’hui : le bakchich de la honte.


Dépourvu de toutes valeurs morales, qu’on se le dise, beaucoup de congolais se sont livrés au dépècement en quartier des fondements même de la république.


Valait-il la peine pour 50, 200, ou 300 euros tenter de crédibiliser une institution qui a comme principe de fonctionnement la division du peuple ? La plupart des média se sont délectés de cette  liesse en trompe l’œil réservé à M. Sassou Nguesso. Voici à titre d’exemple ce qu’écrit Le Pays,. un journal burkinabè dont le journaliste se demande pourquoi le président français « s'obstine à recevoir à la queue leu-leu tous les dinosaures de la Françafrique (...). Après Blaise Compaoré, Idriss Déby, Ali Bongo, Paul Biya, c’est au tour du président congolais (...) de fanfaronner sur le perron de l'Élysée. Pourtant, on sait bien que ce dernier est actuellement dans le collimateur de la justice française pour une affaire de biens mal acquis qui impliquerait du reste tous les proches de sa famille ». « Hollande dit être intraitable sur la date des élections au Mali, rappelle Le Pays. On s’attendait à ce qu’il se montre aussi « intraitable » vis-à-vis de certains chefs d’État africains jugés peu fréquentables »


Une vérité domine les faits, le président de la république du Congo a acheté sa popularité prouvant ainsi qu’il est un homme du passé, désavoué, mal-aimé par tout un peuple. Lequel peuple qu’il n’a pas hésité de traiter « éboueurs ». Quel estime peut-on avoir d’un responsable qui prétend avoir construit des hôpitaux, créer des emplois et que les congolais s’obstineraient à faire des petits boulot en France ? Ce qui est un gros mensonge !


Faut-il rappeler à M. Sassou Nguesso qu’il est celui qui a favorisé l’exode de plus 12.000 congolais à l’extérieur de leur contrée en 2000 (source HCR) ? Que c’est à cause de sa politique répressive et policière semant la terreur au sein des populations qui pour préserver leurs vies, certains choisissent de partir. Que c’est sa politique sociale discriminatoire laissant suffoquer le peuple sous le poids d’une misère indescriptible qui favorise l’exil. Que c’est l’absence d’une éducation moderne qui pousse les congolais à envoyer leurs enfants dans les universités nanties d’ailleurs. Que c’est l’accaparement de tous les leviers économiques du pays par son clan laissant au peuple le seul choix d’aller tenter leur chance loin de leur patrie. Que c’est l’absence des infrastructures sanitaires qui poussent la population de partir se faire soigner là où les conditions sont viables. Que dire des chiffres officiels du BIT (bureau international du travail) dans son rapport de 2012 rapportant que 61% de la population vivent au dessous du seuil de la pauvreté et seraient employés dans les métiers précaires.


Ce baroud d’honneur de l’un des derniers mammouths de la Françafrique usant du bakchich de la honte est loin de l’exemplarité d’une république égalitaire. Le bal des hypocrites réunis au sein du pompeux slogan « chemins d’avenir » venant exhiber leur pas de danse macabre à Paris avec leurs lots de snippers, miliciens et autres malfrats ont buté sur la volonté populaire de certains congolais encore immunisés du virus de la corruption.


Sur la piste de danse ou les seuls danseurs sont contraint de s'appuyer sur un parti politique avec une vraie doctrine qui a monopolisé le pouvoir au nom du clan contre la mise en place d’une nation juste refusant de se réformer et d'ouvrir le jeu à une saine concurrence dans les plus brefs délais.


Le diable est rentré à Brazza sans avoir réussi à sucer une seule âme et serait très en colère. Il y a de quoi, car la seule raison de cette visite était l’obtention de la cessation des poursuites judiciaires des BMA, or la France a  dit niet. Va-t-il s’entêter à vouloir modifier la constitution ? L'histoire nous le dira.....

 

Seulement le peuple n’est pas dupe et le ballet humiliant des défenseurs d’une politique qui a confisqué les richesses du pays au profit d'une famille et de ses clients sera clos tôt ou tard. Ce même peuple déjouera le piège de la violence que ne manqueront pas de lui tendre les fossoyeurs de la république.

 

JC BERI, contact@dac-presse.com

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