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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

15 Jun

La valse hypocrite des faux repentis

Publié par Berijc

« Ce régime (la démocratie), fondé sur la libre détermination des grands choix par la majorité, se condamne lui-même à mort si les citoyens qui effectuent ces choix, se prononcent presque tous dans l’ignorance des réalités ». Jean-François Revel « La connaissance inutile » Paris : Grasset, c1988, 402 p.).


Le miracle économique promis par le programme « chemin d’avenir »  a fait pschitt.


Le Chemin d'avenir ou le chemin des escargots

 

Les congolais ne croient plus en rien surtout pas en l’avenir d’un projet critiqué par ceux-là même qui sont censés l’animer. On se sert les coudes aujourd’hui entre ministres pour tenter de rafistoler ce qui peut encore l’être. Mais dès que ces derniers se retrouvent à l’extérieur de la sphère politique congolaise les critiques vont bon train sur les abus, les dérapages des uns et la mauvaise gestion, les détournements des autres. L’heure n’est plus à la concrétisation des objectifs fixés mais bien plutôt aux manœuvres politiciennes auxquelles, les hommes politiques ont habitué les congolais depuis une trentaine d’années. Dans ce qui apparaît être la dernière ligne droite pour certains ministres et députés, l’heure n’est plus à la solidarité gouvernementale mais bien à la course aux mesurettes ou mieux à l’enrichissement personnel. Chacun tente de montrer l’intérêt de son passage au gouvernement. Pour certains, c’est la conquête de l’électorat qui prend le dessus. On les voit aujourd’hui sillonner les villes et quartiers qu’ils ont délaissés pendant des années distribuer des présents en guise d’une solidarité hypocrite envers les plus démunis. C’est juste un repositionnement pour la sauvegarde des intérêts mesquins et surtout personnels, voire clanique. Quel bénéfice tire le peuple congolais de ces perpétuels cycles infernaux des manœuvres antinational de contre reforme à vocation sectaire ?


Les déclarations parues dans la presse audio et écrite nationale émises par certains responsables politiques au pouvoir laissent entendre clairement que le programme  « Chemin d’avenir » est non seulement un cuisant échec mais bien pire que cela. C’est un gouffre à sou qui pompe sans relâche les finances publiques pour des missions non identifiées et surtout aux objectifs incohérents avec le programme. L’illustration est palpable dans le département de la Likouala et à Brazzaville où trônent « des éléphants blancs » : En finir avec les éléphants blancs de Sassou-Nguesso ou Le bal des hypocrites.


La valse observée actuellement des autorités politiques de la majorité se bousculant dans les médias pour tirer la sonnette d’alarme sur les « pseudos dérives budgétaires du gouvernement » est loin de convaincre les congolais de l’honnêteté politique de ces derniers. On se retrouve là devant un groupe d’agitateurs envoyés pour divertir l’opinion en jouant cette comédie de la mascarade des repentis. En se lançant dans une campagne de dénonciations de leurs pairs sans au préalable effectuer leurs bilans personnels d’activités nous semble incongrue. Il s’agit là d’une bombe à fragmentation contre leurs propres amis en espérant les éclabousser afin d’hériter de leur poste. Nous savons que tout candidat ou encore toute force politique prétendant améliorer la vie des congolais doit s’atteler à sortir la société congolaise de l’engrenage de la misère et de la pauvreté. Il se trouve que ceux-là même qui viennent aujourd’hui, comme sorti d’une thérapie amnésique, sont aussi les fossoyeurs de la société congolaise.


Griots le jour, politichiens la nuit


De la même manière ils ont été incapables hier de réagir lorsque ce gouvernement prenait des lois absurdes augmentant à l’extrême leurs salaires et certains privilèges, de même ils sont incapables aujourd’hui de démissionner des fonctions qu’ils occupent dont ils sont conscients qui ne servent que leurs propres intérêts traduit pour notre part le sentiment d’une mascarade politique indigne d’hommes politiques. Cette immoralité politique dont ils font preuve actuellement a atteint le paroxysme de l’indécence et d’une légèreté comparable à une démarche de prostitution sans limite. Ils le savaient tous fort bien que l’amélioration des critères de gouvernance était une condition essentielle pour la prospérité du pays. Pourquoi n’ont-ils pas dénoncés leurs défaillances ? Quand le doute planait sur la mise en œuvre des contrats, quand certaines autorités étaient confrontées au poids d’un lobby maffieux et clanique, quand les investissements sur les infrastructures nationales étaient détournés…pourquoi avaient-ils gardés silence condamnant durant plus d’une dizaine d’années le pays à la perdition ? Il nous paraît inconcevable qu’on caricature ainsi le mal être des congolais par des politiques politiciennes. Face à une telle crise que traverse notre pays, il n’y a pas de place aux postures individuelles.


Nous ne ressentons rien de commun avec des hommes dont le mensonge politique devient un gagne pain quotidien. Ils multiplient les manœuvres de revirement de situation à chaque fois qu’ils sont placés devant des faits d’échec.

Cette forme de vouloir faire leur carrière politique ou personnelle sur le dos des pauvres congolais nous est inacceptable.


« Affirmer ce qu’on sait être faux, nier ou taire ce qu’on devrait dire. » comme le dit le petit Robert nous attestons que les exagérations partisanes, les cachotteries, les demi-vérités, sont toutes des hypocrisies teintées de mensonges. Et ceux qui s’y livrent sont des hypocrites, des hommes sans foi, ni âme.

Faut-il le rappeler qu’en démocratie, le peuple a droit à la vérité. Le mensonge dont fait usage aujourd’hui certains hommes politiques congolais en politique constitue un abus de confiance et un bris de contrat. Notre idée de démocratie telle que nous la concevons est une sorte de fiducie. Le peuple cède à ses mandataires, les politiciens, le soin d’administrer la chose publique et il se réserve le droit d’évaluer leur travail à intervalles réguliers. Si le peuple est insatisfait, il a le pouvoir de les congédier et de les remplacer. Il y a là, non seulement une relation de confiance, mais aussi un contrat explicite, fondé sur le droit des citoyens de choisir leurs gouvernants. Or, pour qu’une démocratie soit authentique, les citoyens doivent pouvoir faire un choix en toute connaissance de cause, en disposant de toute l’information nécessaire.


Si aujourd’hui il y a des politiciens qui veulent se démarquer clairement de la politique de perdition menée par le clan Sassou, Il faut que leur sincérité et leurs propositions soient un idéal à atteindre tout en présentant honnêtement les perspectives réelles de solutions. Il ne faut plus accepter la démagogie qui consiste à vouloir « démoniser » l’adversaire à tout prix. Les revirements d’attitudes que nous observons actuellement doivent nécessiter de notre part une vigilance de tous les instants. La condition de cette vigilance est la conviction que la vérité fait partie de nos droits. La morale est d’ailleurs devenue le meilleur leurre pour tromper le peuple congolais et jouer à la vertu en toute hypocrisie.

Il semble en effet clairement établi que l’hypocrisie des politiciens congolais dévoués au monde des affaires ne nous permet pas de pronostiquer une embellie durable. Ne nous laissons pas détourner du vrai combat qui est le nôtre par des gesticulations puantes orchestrées par cette valse hypocrite des faux repentis.


Jean-Claude BERI - www.dac-presse.com


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