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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

05 Mar

LA SOCIETE CONGOLAISE EN MANQUE DE VISION COLLECTIVE.

Publié par Berijc

" Il faut plus d’exemplarité au sommet de l’état"  JCB


Absence de volonté, excès de zèle, laisser-aller, l’administration congolaise est devenue un gigantesque défouloir de tout. Les usagers sont traités avec la plus inqualifiable des attitudes désinvoltes qui soit, sans que cela n’interpelle les autorités. Les relations entre les Congolais et leur Administration sont devenues tellement sombres que seules les personnes les plus initiées aux méthodes de l’ethnicisme, du régionalisme, du clanisme, du clientélisme, du forcing, etc… peuvent espérer obtenir gain de cause dans leurs démarches. S’inscrivant dans une dynamique de recherche de réponse à l’intérêt de la collectivité nationale et à celui des agents publics eux-mêmes, exige de notre part un engagement ferme et déterminé, pour mener une critique susceptible d’aider à améliorer les performances de l’Administration publique Congolaise.

La société congolaise perçue en 2010 est une société à l’abandon, en perpétuelle usure morale et décrépitude. Comme le témoigne ces propos : «  Avant je venais au travail avec  la joie et le plaisir de retrouver mes collègues, aujourd’hui on se dit à peine bonjour et chacun s’enferme dans un mutisme pesant ;  Dés que j’arrive au travail, je  n’ai qu’une envie c’est de ressortir et aller m’installer au Nganda d’à côté, au moins là-bas, je discute et je me sens bien...  Je suis chef de service depuis 16 ans, il y a six mois  Mr  O. Daniel, rentré récemment du Maroc est nommé directeur, mais pourtant c’est moi qui continue à exécuter toutes les tâches qui lui sont destinées.  Pourquoi voulez-vous que je travaille plus que ceux qui gagnent trois fois plus  que moi en ne faisant pratiquement rien, je me contente du strict minimum… »


Le constat est alarmant et très inquiétant. C’est une société congolaise fragmentée en mal d’ambition collective qui se dessine chaque jour en creusant progressivement une atmosphère soupçonneuse et désarmante. Cette situation, connue de tous,  provoque aujourd’hui un sentiment de repli sur soi, une volonté manifeste de se protéger de l’autre avec en toile de fond un sentiment sous-jacent d’injustice.  Désormais, ceux qui respectent la loi sont parfois moins bien  traités que ceux qui la bafouent quotidiennement. L’émergence d’un sentiment de « Racisme social » voit le jour mettant en concurrence les Congolais non pas pour faire éclater l’excellence au travail, mais bien pour encourager la frustration et la médiocrité.

Les responsabilités de l’Etat

La responsabilité des autorités politiques est cruciale car le changement dépend de leur connaissance, de leur expérience et de leur conscience de la gestion de l’Etat, l’administration étant en charge de missions de préparation et de mise en œuvre des politiques publiques. En dépit des résistances, quand la volonté politique est présente et déterminée, elle s’impose.

Il faut plus d’exemplarité au sommet de l’état. On ne le dira jamais assez, il est indécent pour les hommes politiques congolais d’étaler un patrimoine douteusement acquis tout en réclamant des efforts aux citoyens privés du minimum. L’expansion de la corruption devenue le sport favori des hommes politiques met gravement en danger toute volonté de bonne gouvernance et toute ambition nationale de démocratisation de l’administration congolaise. En favorisant le clientélisme des uns au détriment de l’excellence par la méritocratie des autres, l’Etat crée du communautarisme qui alimente aujourd’hui le pseudo débat déplacé sur la tribalité. Si l’Etat lâche ses minorités dans la fosse aux lions, celles-ci ne peuvent que resserrer les rangs. Barack Obama en usant du meilleur de chaque communauté américaine a montré ce qui est  important dans chaque individu ce n’est ni son origine ethnique, tribale mais plus la manifestation intrinsèque de son intelligence.

La gestion équitable de l’homme placé dans un environnement structurel adéquat est la clé de la réussite et du retour vers une vision collective d’une société  congolaise ou  tout nous lie plutôt qu’il nous divise.


Définir et mettre en place une charte de qualité et d’excellence :


Moraliser la vie de l’homme politique congolais par la recherche de l’exemplarité par les actes. Il serait judicieux qu’une charte d’éthique soit initiée pour promouvoir la qualité.

  Le renforcement de la formation des agents publics doit être une priorité et devrait  se faire sur des critères de sélection par le mérite et non d’allégeance partisane ou non plus par l’appât des primes injustifiées. La rigueur dans cette logique sélective favorisera la possibilité d’une formation à la compétence technique, à l’éthique professionnelle et morale.

La re-dynamisation de l’administration publique congolaise passe aussi par une revalorisation salariale de ses agents. Il est inconcevable que voici plus de deux ans que les salaires des magistrats ont été réévalués et tous ceux des agents municipaux et beaucoup d’autres sont restés gelés sous la prétendue excuse d’absence assez de masse budgétaire pour répondre à cette demande. Pourtant l’on s’engage  à nommer des nouveaux généraux et à dépenser 700 millions de dollars pour l’achat  des armes. C’est a ne rien y comprendre.

Combattre l’ethnicisation, la régionalisation et le clanisme des postes et des promotions (avancement de grade).  Ces maux sont une véritable prime à la médiocrité et à la déliquescence de l’administration. Les politiques actuels doivent se dédouaner de ces torpeurs.

Recréer un pacte de confiance entre les congolais et l’Etat. Pour ce faire, il faut une exigence de justice sociale qui soit placée tout en haut des priorités. On ne peut pas obtenir la confiance si les efforts  ne sont pas justement repartis.

Une vraie justice sociale passe aussi par le respect des droits des femmes. Dans notre pays où la quasi-totalité des grandes entreprises ( SNCP, CORAF, AIR-CONGO..) sont dirigées par des hommes, les salariés masculins, pour un travail égal ou comparable, gagnent en moyenne 55 % de plus que les femmes. Les femmes, qui constituent 80 % des « travailleurs pauvres » (touchant les plus bas salaires), assurent 80 % des tâches ménagères et des soins aux personnes dépendantes et l'éducation des enfants. C’est pour ce travail gratuit que le progrès social  est le plus lent : Cette injustice sociale ne mérite t-elle pas d'être dénoncée? Faire de l’égalité des femmes et des hommes une priorité politique : voilà qui serait une vraie rupture ! Et une avancée significative vers une vision collective unitaire.


Disons-le clairement, certaines attitudes affichées par les acteurs politiques ont provoqué un élan de replis sur soi très négatif sur la conception de la gestion de l’administration publique. La société congolaise, comme toute organisation en mouvement, au service d’un environnement donné n’a de chance de se développer que  si elle est pensée, réfléchie. Ainsi donc, la part de la réflexion efficacement conçue en amont, concrétisée par une action vigoureuse, demeure déterminante pour une réforme administrative en profondeur. De même, il  serait  nécessaire  dans le cadre général de la modernisation de l’Etat de définir et mettre en place une charte de qualité et d’excellence, pour mettre véritablement l’action publique au service des citoyens et donner une clarification de la notion d’Etat. En effet, c’est par la promotion d’une administration publique capable de libérer les énergies, de construire la démocratie, l’Etat de droit et de conduire le développement, que le Congo pourra espérer intégrer la marche du millénaire, au rythme de la compétitivité imposée par la mondialisation, présente et incontournable. Il est urgent de revenir aux fondamentaux, la défense de la République , de la nation, de l’Etat. On ne peut pas se couper des aspirations du peuple congolais, comme c’est le cas aujourd’hui.

Pour les politiques congolais, il s’agit là d’une exigence, d’une urgence, d’un défi à relever, en tout cas, d’une ardente obligation pour donner à l’Etat la stabilité et la légitimité indispensables à la consolidation du présent et à la préservation de l’avenir. C’est à ce prix que L'Etat  de plus en plus marginalisé, aura des chances de gagner et avec plus de dignité, la bataille de la reconquête de la vraie justice sociale


Jean-Claude BERI

http://berijc.over-blog.com/
DAC : developperautrementlecongo@gmail.com


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