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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

14 Feb

La faillite morale et politique du gouvernement congolais

Publié par Berijc

« L’arrogance qu’affichent ces ministres sur lesquels pèsent d’énormes soupçons en se moquant du peuple frise l’indécence et l’irrespect. L’absence de sanction qui s’ensuit accentue la dérive budgétaire, la faillite morale et politique du gouvernement congolais ». JC BERI

 

Les scandales et les révélations sur de prétendues malversations et abus de pouvoir dans lesquels seraient impliqués des ministres, hauts cadres et membres du clan alimentent les discussions des congolais de plus en plus indignés et choqués du spectacle. En ce début d’année 2013, la république est plongée au cœur des scandales ayant trait aux affaires de détournement, de vol suspect et de conflits d’intérêts. Trois des ministres du gouvernement se seraient fourvoyés dans les affaires dites de détournement qui mettraient le gouvernement entier dans l’embarras au moment où Sassou Nguesso prônerait la rigueur, la responsabilité et la politique du résultat dans la conduite des affaires de l’Etat. Ce qui est aujourd’hui communément qualifié de MOUNGALLA GATE, DJOMBO GATE à LOEMBA GATE, n’en finit pas de plonger le gouvernement congolais en plein dans une marre nauséabonde.

 

 

Au « Chemin d’avenir » les ministres se distinguent par des conflits d’intérêts et leur promptitude à se servir dans les caisses de l’Etat à des fins personnelles pour s’assurer des lendemains meilleurs. La cavalerie budgétaire est pratiquée dans tous les ministères. Ce qui favorise une dette publique par habitant en nette augmentation et pourrait être multipliée par cinq, les 10 prochaines années. Comment concevoir une telle spirale dépensière qui est un véritable impôt à la naissance annihilant ainsi les chances des générations futures?

 

Thierry MOUNGALLA serait impliqué (ce que la justice tenterait de confirmer ou infirmer si seulement justice il y a au Congo !) dans l’affaire

                                                                                                                       André R LOEMBA

 

de détournement de fonds aux CCP, Henry DJOMBO « qui dans la 17 au 18 janvier s’est fait délesté de la rondelette somme de 500 million fr CFA sonnante et trébuchantes, dans ses bureaux situés prés de l’ambassade des Etats-Unis » lettre du Continent N°652 du 6 février 2013 , André Raphaël LOEMBA, ministre des hydrocarbures se serait livré à un lobbying actif au profit de la compagnie Maurel & Prom avec en surplus une rétrocession de plusieurs millions de fr CFA. De même selon quelques obscures officines Oscar OTOKA des grands travaux se serait fait voler la bagatelle somme de 1 milliard de francs CFA qu’il aurait tout bonnement planqué chez lui dans son village. Si cette information s’avère exact, il ne serait pas inexact de dire que le Congo n’est plus un Etat. Que Pierre NGOLO soit victime d’un vol de plusieurs millions de fr CFA et l’auteur du délit ne serait autre que son propre neveu n’étonne personne. Peut-on oublier ce directeur du budget qui s’était fait garder par la police après le meurtre de son jardinier qui aurait déterré et volé également ses millions ? Que dire du fiasco du dossier des indemnisations des victimes du 4 mars , plusieurs millions sont portés manquants , plutôt versées a des victimes fantômes . Pourtant Antoine NGAKEGNI l’administrateur de ces fonds a été promu conseiller chargé de l’économie et des finances de SASSOU NGUESSO. L’échec de la C.n.l.c.c.f (Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude) qui était censée lutter contre la corruption, la concussion et la fraude pour améliorer de la gouvernance en République du Congo est patent. Pourtant l’un des animateurs de cette commission, Laurent TENGO se retrouve bombardé Conseiller, chef du département juridique, administratif et de la décentralisation. Ce gouvernement bis composé des proches de SASSOU travaillerait en parallèle pour assurer la survie du régime. Les pires actions leurs sont par avance pardonnées tant que le pouvoir est préservé.

 

Jean-Jacques BOUYA, ministre des grands travaux serait soudoyé par des chinois dans l’attribution des contrats. Serge Bouiti-Viaudo, directeur de cabinet de Raphaël LOEMBA et frère cadet du député-maire de Pointe-Noire, continuerait de faire du lobbying pour le compte de Total. Jérôme Koko, directeur de la SNPC est accusé de privilégier son ancien employeur ENI dans l’attribution des marchés. Toutes ces révélations sont vérifiables dans

la lettre du Continent N°651 et 652.

    Pierre NGOLO

 

La liste est longue de ces magouilles qui accréditent l’hypothèse que le gouvernement s’activerait plus à vider les caisses du trésor public (ou des entreprises étatiques) plutôt qu’à les renflouer. Nous sommes enfoncés jusqu’au cou dans une république en décrépitude. Ce ne sont plus que les seuls membres du clan SASSOU dont l’accaparement des richesses du pays n’est plus à démontrer, la nébuleuse de l’irresponsabilité infecte la quasi-totalité des ministres du gouvernement. Lequel d’entre eux ne serait-il pas soupçonné de trafiquer dans les fausses factures, les délits d’initié, les conflits d’intérêts, les détournements, l’abus du pouvoir, les recrutements monnayés… ?

 

En moins de 10 ans tous ces ministres sont devenus multii-millionnaires. De mémoire de congolais, nous savons tous que très peu de personnes peuvent prétendre avoir hérité d’un père multimillionnaire, les autres le sont devenus certainement par une extraordinaire gymnastique du Saint–Esprit.

 

En dépit de leur gravité, ces révélations ne suscitent pour l'heure aucune réaction officielle. C’est le calme plat. Certaines langues vont jusqu'à a dire que SASSOU lui-même serait le commanditaire. Toujours est-il que le gouvernement, largement décrié adopte un profil bas et la justice se montre peu prompte à se saisir de ces affaires pour ouvrir des informations judiciaires afin de mettre la lumière sur ces affaires. Pire, les responsables mis en cause par plusieurs observateurs avertis se drapent dans un silence assourdissant. Les voleurs ne s’accusent pas, ils se soutiennent pour mieux sévir. La Cour des Comptes et la Commission de lutte contre la corruption et la concussion brillent par leur inactivité.

 

Nous savons qu’il est absolument impossible de condamner un politique au Congo. Même lorsqu'il est pris la main dans le sac. Car la justice qu'ils invoquent tous est à leur service et défend leurs intérêts. Même, lorsque les faits sont probants, ils s'en sortent toujours par le haut.

L’on peut toutefois se poser quelques interrogations : « Y a t-il eu un détournement aux CCP ? Si oui, qui sont les coupables ? Si on arrive à identifier les coupables, il est évident que c’est de la responsabilité du ministère de tutelle. Une autre aberration ! Comment expliquer que les maisons des hommes politiques au pouvoir soient transformées en des banques qui suscitent la convoitise des voleurs ? Au point c’est devenue une mine d’or, cabriolé un homme politique du pouvoir. Même en

                                                                                                          T. MOUNGALLA et Laurent TENGO

 

choisissant l’enfouissement dans des tombes dites sécrètes, l’information finit par arriver auprès des voleurs bien informés et qui se servent allégement. Inutile de préciser d’où vient cet argent.

 

 

Sommes-nous face au règne de l'injustice, du pillage organisé et de l'impunité? Ces ministres et ces hauts responsables sont-ils au dessus de la loi? Bien sûr, tout individu demeure innocent jusqu'à preuve de sa culpabilité. Bien sûr encore ces révélations restent sujettes à caution, mais il n'en demeure pas moins que les institutions de la république se doivent de réagir. D'une manière ou d'une autre. D'abord pour faire éclater la vérité, ensuite parce que ces scandales ternissent davantage l'image de l’État Congolais. Un État corrompu dont les caisses publiques sont minutieusement délestées par une oligarchie prédatrice.

 

             Oscar OTOKA

 

Nous dénonçons cette justice à deux vitesses, qui condamne les pauvres, les sans noms, les laisser pour compte et laisse toujours sortir par le haut les corrupteurs, les corrompus, les voleurs dès lors qu’il s’agit des proches de SASSOU ou du pouvoir. Pourquoi criminalise-t-on la fraude commise dans le secteur privé, mais l'exalte-t-on comme une politique "généreuse" lorsque ce sont les hommes de l’Etat, les politiciens et les

membres du clan qui la commettent ? L’arrogance qu’affichent ces ministres sur lesquels pèsent d’énormes soupçons en se moquant du peuple frise l’indécence et l’irrespect. L’absence de sanction qui s’ensuit accentue la dérive budgétaire, la faillite morale et politique du gouvernement congolais.

Ce décor honteux qui semble immuable est davantage sombre car elle est orchestré par le gouvernement et au plus haut point son président. Cette « oligarchie des incapables » qui prétend nous gouverner depuis plus de 26 ans se plait dans ses habits de fossoyeurs de la société congolaise. Tout est bon pour justifier l’inaction, même l’outrecuidance et l’arrogance ; nous avions la meilleure croissance d’Afrique centrale, nous construisons le pays se plaisent-ils à dire tout haut. La réalité est que par manque de courage, de sanction, par une gestion hasardeuse et frauduleuse des biens et richesses de la nation ils ont transformé les richesses du peuple et la république en une dynastie financière clanique. L’Etat sera incapable de baisser son déficit en 2013 même si l’on nous prédit le contraire. Parce qu’il est incapable de gérer l’argent public mais aussi parce qu’il continue à mener la même politique, celle des dépenses publiques hors contrôle et interventionnisme tous azimuts, détournement à répétition, des prêts gagés chinois, des comptes offshore obscur, des missions et voyages à l’étranger injustifiés etc…

Autant que nous accusons les Claudia SASSOU, Christel SASSOU… il serait injuste de ne pas aussi accuser les MOUNGALLA, LOEMBA, KOLELAS, MUNARI …..La faillite de la république est certes l’affaire d’un clan en premier mais il ne faut pas oublier cette oligarchie dont la voracité est incomparable.

 

 

Cela fait des années que le peuple congolais tire la sonnette d’alarme. Les réponses furent à chaque fois négatives, voire silencieuses, le m’enfoutisme règne. Celui qui laisse faire, c’est le chef de l’État. Si sanction il doit y avoir, elle ne doit pas seulement être pour les ministres. Nous sommes en présence d’un gouvernement, d’un Etat en faillite morale et politique. Une oligarchie fort éloignée des peuples dont elle prétend régler le sort. L'évidence du fossé qui s'est creusé, entre les congolais et leurs dirigeants à quelque chose de dramatique. Il n'était pas malaisé d'en percevoir les signes, ils sont anciens et perdurent dans une constance indifférence.

 

 

L'étonnement quelque peu méprisant des membres du gouvernement et d'une bonne partie de la classe politique clanique devant ce qu'ils considèrent comme un «nombrilisme» assez vulgaire en dit long sur l'ignorance des difficultés dans lesquelles se trouvent cadenasser bon nombre de congolais, jeunes et moins jeunes. Il faut une certaine audace ou beaucoup d'aveuglement pour ne pas reconnaître que la république est en faillite morale et politique. Cette oligarchie haineuse et clanique a oublié le peuple, un peuple exaspéré.

Pas de meilleure solution pour écouter le peuple que de lui donner la parole, une parole que le gouvernement lui a privée. La prise de conscience des congolais n’est plus très loin : ils comprennent que cette politique prédatrice et confiscatoire finira par les broyer s’ils continuent à soutenir l’insoutenable. Les langues se délient et la peur s’éloigne en laissant place à une constatation d’une logique implacable. Nous sommes entrain de se faire voler. Cette oligarchie installée depuis 17 ans tue à petit feu, ou dans de grands incendies, l’activité économique et détruit le tissu productif congolais.

 

L’heure de vérité approche, où les décisions fracassantes pourront et devront être prises par un peuple revigoré conscient et libéré de la manipulation savamment orchestrée par le clan et ses alliés. Il faudra un réveil des citoyens et une prise de conscience sur l'état financier catastrophique du pays. C’est maintenant qu’il faut le dénoncer en refusant le saignement de notre économie par des prédateurs véreux. Dénonçons ces petits arrangements et autres renoncements entre faux adversaires et vrais amis. Heureusement qu’il n’est pas encore trop tard pour sauver la république et porter le flambeau de l’espoir. Le Congo peut encore être sauvé, peuple congolais DEBOUT, YA ME LUNGA.

 

Jean-Claude BERI : contact@dac-presse.com

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