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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

06 Jun

LA DIVERSITE, UNE RICHESSE POUR LE CONGO.

Publié par Berijc

 

 

« La créativité et le génie ne peuvent s’épanouir que dans un milieu qui respecte l’individualiste et célèbre la diversité »    Tom Alexander

  

Devant la montée des inégalités dues aux choix politiques d’une classe de dirigeants totalement déboussolée aux ambitions contraires à la volonté affichée de tout un peuple, il nous parait utile de redire  ou tout simplement de le proclamer de nouveau avec une sévérité bien prononcée que la diversité dans notre pays n’est pas un frein au développement. Au delà des discours sectaires qui ont nourrit la toile ces derniers mois, place à la réflexion salutaire en vue d’une affirmation sans faille d’une nation solidaire et unifiée dont les multiples particularités demeurent sans contexte notre meilleur atout pour le mieux vivre ensemble dans une société sans exclusion. Nous nous sommes laissés emportés par une introspection dans le passé pour rappeler comment cette diversité que certains d’entre nous tentent de mettre en cause, alors qu’elle a tant été une source de bonheur et de richesse pour notre peuple dans bien de domaines.

 

DIVERSITE SPORTIVE


Qui peut prétendre aujourd’hui oublier la joie que nous a procurée l’équipe nationale congolaise « les DIABLES ROUGES », qui remportèrent les premiers jeux des tropiques et la même année, la médaille d’or des premiers jeux africains de 1965 à Brazzaville. Que dire de l’épopée des diables rouges de 1972 qui remportèrent la 8e coupe d’Afrique des nations de football à Yaoundé au Cameroun ? Dans cet ensemble où l’on avait plaisir de voir évoluer ces anciens joueurs qui nous ont tant fait rêvé. A tous ces anciens joueurs : Maurice Ondjolet, Germain Ndzabana « Jadot », Gilbert Foundoux-Mulélé, François M'Pelé, Jonas Bahamboula Mbemba, Djibril Ndengaki, Emmanuel Mayanda, Noël Minga Pepe, Maxime Mantsima, Paul Moukila « Sayal » , Jean-Jacques N'Domba, Jacques Yvon Ndolou, Martin N'Kouka, Célestin Mouyabi « Chaleur », Jean-Luc Ntselantsiene, Christian M'Bama, Gaspard N'Gouete, Barthélemy Ngatsono, Pépin Bakekolo « Kwakara », Anges NgapyBrice Samba, Sylvain MounkassaAristide Amouzoud, Bonazebi Saviem, Christian Mbama « Lapeta », Françis SambaLokalinga, Daniel Ebomouwoua ; Avions-nous pensé un seul instant leur attribuer une étiquette ethnique ou régionale ?

 

Personne n’a oublié comment Ghislain Joseph Gabio, avec son timbre vocal, tenait en haleine tout le Congo. A-t-on oublié la composition des joueurs du Club Athlétique Renaissance Aiglon (CARA), qui s’affirma en 1974 lors de la coupe d’Afrique des clubs champions ? La notion de cohésion et d’unité étaient leur force. Leur dévouement pour le pays à travers le sport était un vecteur de cohésion  social exemplaire. C’est justement à travers cet exercice d’apprentissage de vivre ensemble que les règles qui les unissaient n’ont jamais été biaisées. Celles-ci étaient les mêmes pour tous sans exception. Cela ne fut pas surprenant de constater que les résultats étaient à la hauteur de leur implication sportive car chacun d’entre eux n’était pas perçu comme une entité à part qu’il fallait observer du coin de l’œil. Mais bien plus comme un doigt faisant partie d’une main.

 

De même, on a pu retrouver cet état d'esprit dans la brillante équipe féminine de handball des années 80 : Linda Noumaz, Abemane, Azanga, Kouakoua, Nguimbi Tostao, Solange Koulinka, etc... Qui peut aujourd’hui  prétendre réfuter le fait qu’il n’a pas vibrer aux rythmes des victoires suscitant un élan patriotique légendaire dans tout le pays. Pourtant tous ces congolais et congolaises sont  différents  les uns des autres de part leurs origines, leurs convictions, leurs particularismes. Cela n’a pas été un frein mais plutôt, une belle leçon de liberté, de respect et surtout la preuve que la diversité est une richesse que l’on doit protéger et raffermir car elle est le vrai socle de notre société.

 

 

DIVERSITE CULTURELLE ET ARTISTIQUE

 

La diversité est synonyme pour notre part d’un Congo pluriel composé de femmes et d’hommes de tous âges, 

de tous milieux sociaux, de toutes origines, mais unis par l’amour de leur pays. C’est aussi une diversité géographique car nous ne devons pas oublier que le Congo c’est Brazza, Ouesso, Pointe-Noire, Ewo, Dolisie (Loubomo), Djambala, Sibiti, Owando, Kinkala, Impfondo, Mossendjo, Makoua, Nkayi, Gamboma… Ce sont aussi nos campagnes et régions. On devrait retrouver cette diversité partout dans les entreprises, dans les administrations, dans les universités…Lorsqu’en 1986, le musicien atypique mais combien talentueux Rapha Boundzeki dans son chef d’œuvre « Parisien refoulé » créa des hystéries de joie dans les Ngandas de Djambala juste après que cette foule venait à peine de sortir d’un déhanchement endiablé au son de  

 

Théo blaise Nkounkou dans «  Mwana Djambala », ou sur le rythme engondza de Chairman Jacques Koyo. Quel est le Congolais qui n’a jamais frémi en écoutant la chanson « Masuwa » ou « l’argent appelle l’argent » ? Avions-nous un seul instant attribué une coloration ethnique ou régionale  aux musiciens des  Bantous de la Capitale ?   

 

 

Quel ne fut pas notre bonheur de voir le congolais manifester autant de ferveur plein de gaité collective face à cette  musique qui les rassemblait  au-delà de tout à priori stupide. Comme autant l’étudiant congolais pouvait s’extasier en lisant les proses du Pr NGOIE Galla et s’exalter l’instant d’après en lisant   les poèmes au sens culturel très profond d’un Sony Labou Tansi ou d’un Letembet Ambili. Que dire de l’immense apport culturel des peintures réalisées par les congolais de tous horizons de l’ECOLE DE POTO-POTO ?

A travers ces peintures qui rehaussa l’image et la grandeur de la culture congolaise. Ces peintres nous livraient un seul message noble et digne «  qu’ensemble le Congo sera plus grand et prospère » rejoignant ainsi cette pensée de Renaud Donnedieu de Vabres   « L’enjeu de la diversité culturelle, c’est l’enjeu de l’indépendance d’expression : celle des artistes et des créateurs, mais aussi celle des peuples et des sociétés ».   

 

 

 

Les exemples ne manquent pas pour montrer à quel point  la diversité telle qu’elle est, est un atout, une richesse qui a l’avantage de proposer aux congolais une confrontation positive en vue d’une émergence qui ne peut que pousser le Congo vers le haut.

 

Pourtant les dérives actuelles menées par des clans au pouvoir, des pseudos patriotes, des manipulateurs d’esprit, des corrupteurs et surtout des vrais fossoyeurs de l’unité sont autant des plaies à combattre pour ne pas briser ce vase si chèrement consolidé par nos pères de l’indépendance.

 

LE CONGO DOIT SE CONSTRUIRE DANS LA DIVERSITE

 

On ne le dira jamais assez  que la diversité doit être  le socle de toute pensée positive orientée vers un développement  global. Trop souvent, cependant, la diversité est devenue la source de problèmes plutôt qu'une force de développement social et économique. Partout dans le pays, les tensions tissées par des réseaux maffieux, des esprits mal intentionnés  s'intensifient. La division de la société en factions adverses, segmentée en une multitude de communautés, a un impact négatif sur la vie de notre société congolaise. Les agissements anti-démocratiques, les recrutements par cooptation,  l’achat effréné des consciences tous ces maux que nous avons déjà dénoncés dans nos articles précédents (1) et (2) illustrent les problèmes engendrés par le manque d'unité, la préférence ethnique au détriment de la nation  et leur impact négatif sur le fonctionnement et le développement d'un pays comme le Congo.

Au lieu de ne regarder qu’autour de sa famille et de sa région, Le Congolais, en tout cas, l’homme du pouvoir, devrait s’ouvrir aux autres avec une intelligence pragmatique pour comprendre assez vite que le Congo se construit dans la diversité. Comme le faisait remarquer Antoine de Saint-Exupéry :    « Unifier, c’est nouer même les diversités particulières , non les affecter par un ordre vain ».

Les errements observés aujourd’hui, dus en grande partie par la volonté malsaine d’un groupe causent un grand retard sur l’égalité des chances dans les domaines de l’éducation, de l’emploi et du développement économique. La diversité doit être comprise non comme une contrainte mais comme  un formidable atout pour les entreprises  et tous les autres services de l’Etat.  Pourquoi se  priver de talents et de réelles compétences lorsque le pays croule, se plie chaque jour sous une pauvreté sans précédent ?  Cette discrimination qui est, disons le sans ménagement, une violente injustice faite aux autres communautés congolaises.

Cela doit être dénoncé avec force tout en proposant des pistes d’un retour vers un pays uni dans la diversité.

 

LE CONGO DOIT AINSI PROMOUVOIR LA DIVERSITE POLITIQUE ET ECONOMIQUE

 

Pour ce faire l’Etat doit:

 

*S’engager dans une politique d’égalité et diversité,

 

*S’assurer de l’égalité des traitements à travers le recrutement, la formation des agents (de préférence par concours), la carrière et les conditions de travail,

 

*Promouvoir certaines catégories de personnes : Emploi des Congolais en situation de handicap, égalité professionnelle femmes-hommes, emploi des séniors et gestion des âges…

 

*Promouvoir une politique de santé sur tout le territoire national et mettre en place une sécurité sociale pour tous les Congolais,

 

*Mettre en place un plan d’action pour l’égalité et de lutte contre les discriminations (égalité des chances…),

 

*Favoriser l’expression de la diversité sur le terrain politique (notre pays a besoin d’avoir une représentation à l’image de ses aspirations profondes),

 

*Accorder la chance à tout congolais de s’instruire et se former dans les meilleures conditions pour accéder à un emploi.

 

C’est dire que  pour résoudre ce problème social fondamental, il faut un changement organique qui repose sur la reconnaissance commune de notre unicité humaine. L'objectif de notre démarche  est d'encourager cette reconnaissance et de construire l'unité dans la diversité, deux par deux, en tant que base de la transformation sociale.

 

La diversité des origines apporte un foisonnement des talents, des expériences, des cultures, qui conduit à une véritable créativité et permet de doper la capacité d’innovation, se montrer performante dans la mobilisation des énergies créatrices et dans la prévention des conflits (3).

La diversité améliore la performance économique à condition de mobiliser tous les Congolais en faveur d’un objectif commun. L’analyse économique a le mérite de montrer que la diversité est un formidable potentiel de développement politique et économique. La société congolaise doit s’investir dans une démarche ambitieuse et innovante dans un esprit pragmatique et responsable. Faire la promotion de l’égalité de traitement dans la société et dans les entreprises d’état et privées. Aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement ou de l’accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, notamment en matière de rémunération, de formation, de reclassement, d’affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation sexuelle, de son âge, de sa situation de famille, de ses caractéristiques génétiques, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une région, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou associatives, de ses convictions religieuses, de son apparence physique, de son patronyme ou, sauf inaptitude constatée par le médecin du travail, en raison de son état de santé ou de son handicap.

 

Tout principe juridique est susceptible d’assouplissement et d’exceptions. Mais ces exceptions doivent être justifiées. C’est alors aux responsables politiques (ou d’entreprises) de justifier les éventuelles exceptions comme pour le cas du handicap ou de la santé. C’est tout autre chose car ce n’est plus à la victime de présupposer un désavantage qu’elle se cherche et de par exemple révéler son homosexualité ou son "apparence physique" disgracieuse comme motif d’exclusion.

 

Certes les hommes politiques ne peuvent pas légiférer la cohésion sociale et les relations de confiance. En même temps, on ne peut ignorer le fait que la cohésion sociale prévient les risques de conflit et encourage le développement durable. La mise en place des politiques visant à promouvoir le développement du capital social doit donc être une priorité. Il faut que les législateurs intègrent dans la planification du développement des communautés des manières innovantes de construire le capital social afin qu'il soit étroitement intégré dans tous les aspects de la vie de la communauté. La diversité a toujours fait partie de notre identité. Plus encore elle est notre identité. Elle nous a permis de relever de nombreux défis, économiques et culturels et nous devons en faire, comme dans le passé, une force pour affronter ceux qui sont à venir. Aucun Congolais ne doit être vu ou considéré comme le pantin d’un autre.

 

 « Ce qui empêche les gens de vivre “bien” ensemble  c'est aussi leur désir de vouloir dominer les autres »


 

Bernard KOKOLO et Jean Claude BERI

http://berijc.over-blog.com/

DAC : developperautrementlecongo@gmail.com

   

(1).http://berijc.over-blog.com/article-la-societe-congolaise-en-manque-de-vision-collective-46082835.html

(2).http://berijc.over-blog.com/article-congo-brazzaville-en-finir-avec-les-mauvaises-pratiques-de-la-fonction-publique-47420401.html     

(3).http://www.congoplus.info/tribune-libre/opinions-politiques/482-congo-brazzaville--le-cynisme-du-tribalisme-politique.html

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