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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

05 Dec

L’encadrement des jeunes à la dérive.

Publié par Berijc

Il ne se passe plus une année scolaire sans que les jeunes scolarisés dans nos deux grandes villes : Brazzaville et Pointe-Noire se mettent en avant pour des actes de banditisme et d’incivisme.


Une scène similaire avait mis en ébullition la ville de Pointe-Noire où les élèves des lycées Victor AUGAGNEUR et POATY Bernard s’affrontaient violemment. Les autorités avaient pris alors, semble t-il des mesures coercitives pour que de tels actes ne se répètent plus. Pourtant le Mardi 24 Novembre 2011, Pointe-Noire était de nouveau le théâtre des affrontements des mêmes élèves. Brazzaville n’est pas non plus épargnée de ces comportements d’agressivité dangereuse en milieu scolaire. Le lycée Technique 1er Mai est aujourd’hui réputé, non pas pour ses excellents rendements, ni pour l’excellence de ses élèves mais bien pour être le réservoir des délinquants qui s’abritent derrière leur juvénilité pour semer des troubles à l'ordre public empêchant d’autres élèves de suivre normalement les cours. Beaucoup de parents d’élèves des ces lycées nous ont interpelé pour dénoncer ces faits qu’ils jugent inacceptables. Mais également nous nous posons les questions suivantes, pourquoi ces jeunes sont-ils agressifs ? Quels sont les moyens mis en place pour sécuriser ces lycées ? A-t-on réellement creusé le problème pour mieux identifier le mal être de ces jeunes qui s’expriment par des actes de violences ? Ces jeunes sont-ils les seuls responsables dans une société qui les exclut ?


Nombreux sont ceux qui diront qu’il faut envoyer la cavalerie pour mâter ces jeunes rebelles afin de les remettre sur le droit chemin. C’est une possibilité suggérée par les responsables de la police en l’occurrence le colonel Jean Louis EPELE directeur départemental de la police du Kouilou et le Commandant de zone le général René BOUKAKA pour tenter de contenir le phénomène qui prend de plus en de l’ampleur. En janvier dernier de cette même année, les élèves de ces dits lycées de Pointe-Noire « se sont affrontés à mains nues et armes blanches. Et le bilan de ces affrontements : plusieurs élèves blessés et un enseignant brutalisé par la police. Des forces débordées et surprises par l'ampleur des événements » (1). Les autorités citées ci-dessus avaient semble-t-il «... mise en place d'un important dispositif des gendarmes et policiers aux abords des deux lycées » pour canaliser cette violence. Huit mois après, le même spectacle désolant et affolant les populations avoisinantes se reproduit avec encore plus d’agressivité suscitant d’énormes inquiétudes auprès des habitants. Ce manquement que dénoncent les populations est certes à mettre sur la balance pour traduire cette montée de violence. On attend souvent une réponse dominante des autorités, du législateur et du système juridiction-policier à la violence et à la délinquance juvéniles. Cette idée de vouloir toujours plus de punition s’avère souvent inappropriée. Nous ne cherchons pas à disculper les autorités de leurs défaillances seulement il convient de faire preuve de diligence de ce problème dans toute son essence.

Comment peut-on surveiller des élèves qui se retrouvent à la plage pendant les heures de cours ? Comment peut-on accepter que des enfants des dignitaires refusent de se soumettre aux règles imposées par les chefs d’établissements et reviennent avec des hommes de mains tabasser les surveillants qui osent les contraindre ?


Le cas de l’élève Jacques MVOULA du lycée Victor Augagneur molesté par ceux du lycée Poaty Bernard ce 24 Novembre 2011 n’est à notre sens que le résultat d’une fuite en avant des responsabilités de toute une société en déclin. Nous ne cessons de le dire ici que la prévention et une politique scolaire d'attention et d'aide aux plus défavorisés et aux plus vulnérables sont les voies les plus à même de contenir le mal être des jeunes congolais.

Les comportements antisociaux qui se traduisent ici par la violation répétée des normes sociales et éducatives en vigueur,  incluant généralement agressions, vandalisme, non respect des règles, défi à l'égard de l'autorité des adultes et violation des normes sociales de la société est un appel au secours que les responsables politiques ne veulent pas entendre. « L’éducation des jeunes congolais devenue de plus en plus inégalitaire met en exergue la mauvaise politique du gouvernement congolais qui applique des réformes qui ont conduit à la fuite d'environ 8.000 enseignants de l'enseignement ces 12 dernières années. Ce constat médiocre, voire mauvais, de cette politique mise en cause par l’UNICEF et d’autres organismes éducatifs, est le résultat d'une politique dangereuse et irresponsable menée depuis 1997 » (2).

 

DAC

(1) Congo-déchaîné : Pointe-Noire - Lycée Victor-Augagneur vs Lycée Poaty-Bernard : Une rivalité de potaches tourne à la guerre ouverte : Anthony Mouyoungui

(2) Projet : La réhabilitation de l’école publique consultable par les membres du DAC.

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