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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

11 Jul

L’échec du FESPAM 2011 : A qui la faute ?

Publié par Berijc

fespam-8.jpgDans ces tragiques circonstances, les congolais tiennent à s’associer au deuil qui affecte tous nos compatriotes  et à leur exprimer  son soutien. Devant une telle catastrophe,  Nous saluons  la prise promptement en charge  de toutes les victimes par les organisateurs et  l’équipe de santé déployée. "Nous devons honorer la mémoire de nos morts. C’est une question d’éthique. Soyez rassurés que nous assumerons jusqu’au bout l’entièreté de nos responsabilités", a ajouté M. Gakosso  Ce devoir de responsabilité,   de solidarité, égalité riches et pauvres est salué par les congolais.

Toutefois, il faut relever que l’ensemble des congolais est unanime pour dénoncer les graves négligences commises par les organisateurs de la 8e édition du Festival panafricain de musique (Fespam). Le bilan, de 07 morts et une trentaine autres compatriotes victimes des blessures et traumatismes, aurait pu être encore plus lourd. Les congolais crient leur colère  et leur douleur. En effet comment admettre que le ministre puisse déclarer je cite « "Hier (samedi), nous avons été tous surpris par cette affluence inhabituelle. L’on se demandait si ceux qui étaient à l’extérieur n’étaient pas plus nombreux que ceux qui étaient dans le stade qui était déjà plein comme un œuf", a expliqué M. Gakosso » ? C’est faire preuve d’une négligence coupable que de ne pas avoir pris toutes les précautions nécessaire pour assurer la sécurité des congolais. De même il n’est pas exclut de mettre en avant la défaillance du maintien de l'ordre par la police. « L'organisation et la police nationale ont failli. Elles n'ont pas pu canaliser le public venu nombreux ce 09/07/2011 au Stade Eboué » comme le témoigne cet habitant de Poto-poto  ayant assisté impuissant au drame.

 Les organisateurs et la police n’ont pas appliqué cette définition du  philosophe allemand Hans Jonas « Le savoir devient une obligation prioritaire au-delà de tout ce qui était dans le passé revendiqué comme son rôle, et le savoir doit être du même ordre de grandeur que l’ampleur causale de notre agir. Or le fait qu’il ne peut pas réellement être du même ordre de grandeur, ce qui veut dire que le savoir prévisionnel reste en deçà du savoir technique qui donne son pouvoir à notre agir, prend lui-même une signification éthique. Le gouffre entre la force du savoir prévisionnel et le pouvoir du faire engendre un nouveau problème éthique. Reconnaître l’ignorance devient ainsi l’autre versant de l’obligation de savoir »(1)  Nous pensons que le principe de responsabilité qui devrait être minutieusement mesuré dans la concrétisation de tel événement n’a pas été suffisamment analysé pour le rapprocher du principe de précaution qui s’impose aujourd’hui constitutionnellement au décideur public.

 

Il faut établir les responsabilités  à propos de l'échec du FESPAM 2011 !!

 

Osons le dire  que la responsabilité des hommes dans la prise de décision et dans la gestion des ressources publiques est centrale et devrait être étroitement encadrées par tout un réseau de vigilance citoyenne au Congo pour nous éviter de reproduire des schéma atroces qui parfois peuvent donner l’impression de placer   l’inconscience des potentiels  économiques au sommet des priorités.

 Le FESPAM a un budget de 3 milliards de francs CFA. Combien a été débloquée pour la sécurité et le maintien de l’ordre ? A-t-on pensé à renforcer la présence de forces de l’ordre par des sécurités privées ? A-t-on mis suffisamment de gendarmes et policiers sur le terrain pour assurer la sécurité ?

 En détournant notre regard ailleurs que  sur les malversations et autres formes de corruptions pour des raisons de protection d’intérêts ou de privilèges personnels, l’on construit inexorablement notre  maison sur du sable mouvant. Nous perdrons encore  des familles, des biens, des proches, des attaches, sans signal d’alarme, lors d’une catastrophe qu’on aurait contribué à programmer lâchement. Plus ces actes d’antivaleurs auront culminés au sommet des réalisations publiques de grandes ampleurs, plus nous nous exposerons aux hypothèses inimaginables mais plus macabres les unes des autres à cause de notre propre démission.

 

 Jean-Claude BERI.  www.dac-presse.com

 

(1)  Hans Jonas, Le principe responsabilité, 1979 

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