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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

22 Sep

L’AUTOCRATIE OU L’ECHEC DE LA MUNICIPALISATION ACCELEREE

Publié par Berijc

 

Notre pays est, depuis le retour au pouvoir du clan SASSOU,  secoué par une ambiance délétère au sommet de l’Etat. L'ambiance politique y est particulièrement chaude et les ministres se regardent en chiens de faïence. A cela plusieurs causes sont perceptibles et démontrent l’étendu de l’échec de la politique de SASSOU NGUESSO. On peut facilement remarquer l’incapacité du gouvernement actuel à diriger les programmes de modernisation du pays. Les ministres se livrent à une séance d’auto flagellation pour expier leurs fautes. Mais aucune sanction n’est prise ni de responsabilités retenues. Depuis les vérités à géométrie variable sur l'échec de la municipalisation accélérée de la ville de Brazzaville  jusqu'aux remontrances du peuple concernant les insuffisances de l’actuelle constitution et la récente déclaration du Vice président de la commission anti-fraude  Joseph LEKAKA :  « les marchés publics au Congo, durant les différents programmes de municipalisation accélérée, ont donné lieu à des actes de fraude et de corruption, sous l’ombre imperturbable de l’impunité, c’est un secret de Polichinelle »(1).

Nous n'avons que l'embarras du choix sur les multiples carences qui justifient l’irresponsabilité de cette équipe de fraudeurs et surtout le manque d’exemplarité au somment de l’Etat, comme nous  l’avions déjà dénoncé dans l’article  intitulé : La Société Congolaise en manque de vision collective : " Il faut plus d’exemplarité au sommet de l’Etat"(2).

Les Congolais ont l’impression d’assister au pugilat au sommet de l’Etat. Le gouvernement et la majorité présidentielle sont dans la tourmente. A voir si les Congolais feront le tri selon leurs convictions où si à terme ils jetteront dans le même panier l'ensemble de la classe politique coupable a minima de spectacle lamentable. 

De nombreux Congolais évoquent, à juste titre au regard de son application caricaturale et dictatoriale,  présentement la nécessité de  modifier la constitution actuelle en tenant compte du climat de putréfaction et des dysfonctionnements qui atrophient l’autorité de l’Etat (3).

 Tenant compte des arguments évoqués plus haut et des  faits multiples ainsi révélés,   il y a lieu qu’on y accorde une attention particulière sans pour autant  se lancer dans des débats politiciens. L’on peut se demander à tort ou à raison, l’utilité d’avoir eu à  abroger la constitution de 1992 qui  était votée par la majorité des congolais et qui paraissait correspondre aux aspirations profondes du peuple.   De même, certains observateurs de passage au Congo s’interrogent  à propos de la pratique politique congolaise actuelle : est-elle incompatible au modernisme ?

Nous constatons, comme l’avaient prédit plusieurs observateurs congolais et étrangers, que la constitution actuelle engendrerait des conséquences institutionnelles graves. Née d’une volonté abusive d’un homme,  elle a consacré « une autocratie » au sommet de l’Etat  annihilant ainsi toute volonté du peuple à une participation constructive à l’édification d’un véritable  Etat de droit.

L’irresponsabilité de monsieur  SASSOU NGUESSO en tant que « Président »  est effective  et ce n’est nullement le slogan pompeux  « Chemin d’avenir » qui ramènerait le pays sur la voie du développement.  Monsieur SASSOU  passe son temps  dans les voyages, à inaugurer les ouvrages non achevés,  cultive la division pour ensuite observer ses ministres s’épier et se neutraliser mutuellement pendant que 70 % des Congolais croupissent sous la pauvreté. L’Emir de Mpila vient tout simplement de plonger toute la nation dans le désarroi en érigeant l’incompétence comme critère d’excellence au sommet de l’Etat.

Que du pipeau

A ce jour, des manquements intolérables relatifs à cette constitution  sont observés. On peut relever  :  la durée du mandat présidentiel (7 ans), l’absence d’un Premier Ministre pour coordonner la politique et l’action des ministres, des députés et sénateurs croupions aux ordres de l’exécutif, l’absence d’un véritable contrôle par l’assemblée nationale des activités du gouvernement, les nominations à des hautes fonctions de l’Etat teintées d’une coloration atypique, l’âge et la domiciliation pour participer aux élections nationales, l’impuissance  du Médiateur de la République et son manque de considération par les ministres… Toutes ces questions qui gangrènent l’appareil de l’Etat sont aujourd’hui des freins qui nuisent à son application.  Peut-on admettre qu’un ministre écrit au chef du gouvernement et que ce dernier ne reçoit pas le courrier ?  Est-il acceptable, dans un Etat ou les valeurs sont érigées en principes fondamentaux que des ministres ne se présentent pas aux séances des questions de l’assemblée, sans aucune excuse…(4).

 Pourquoi ne peut-on pas rappeler à l’ordre Le Président de la République, les membres du gouvernement, les élus nationaux et les hauts fonctionnaires qui ne font  pas la déclaration de leurs biens à la prise de fonction ? Comment ne pas s’étonner de leur train de vie, digne des princes saoudiens alors que l’origine de cette fortune ne fait aucun doute. Faut-il prêter attention aux récentes déclarations du Vice Président de la commission anti-corruption qui prétend se lancer dans une vraie croisade contre les fraudeurs et les corrompus ? Peut-il nous convaincre ignorer les véritables auteurs  de marchés non exécutés ou partiellement réalisés ?

Bref, aujourd’hui les faits sont avérés et aucun congolais attentif et lucide ne peut les contester qu’il est fait de telle sorte que toutes les institutions doivent allégeance aux diktats de la Présidence de la République.  Peut-on se demander si ces pratiques sont-elles compatibles avec le fonctionnement d’un Etat qui se veut démocratique ? La corruption à toutes les échelles de l’administration,  le chômage chronique et galopant des jeunes,  l’opacité des recettes du pétrole par la SNPC et des taxes relevant de l’exploitation forestière. Depuis 13 ans, les preuves ne cessent de s’accumuler démontrant qu’au Congo-Brazzaville, on est loin d’une République démocratique, on est loin d’une nation qui respecte les institutions.

Les langues se délient de plus en plus et les congolais le disent tout haut que les trois années de municipalisation accélérée de la ville de Brazzaville ont été un échec patent. L’insalubrité de la ville, l’absence de la collecte  et du tri des ordures ménagères est l’une des premières plaintes qui émanent de la population. Un mois après s’être curée, la rivière MADOUKOU est de nouveau le spectacle désolant d’une ville à l’abandon. Comme le reconnaisse le journal  les  Dépêches de Brazzaville  dans sa publication du Vendredi 10 septembre 2010 sous l’article : La rivière Madoukou à Brazzaville polluée de nouveau. Je cite « les trois arrondissements où coule cette rivière à savoir Poto-poto, Moungali et Ouenzé. Le constat qui se dégage est que les populations environnantes font de nouveau de ce lieu un dépotoir. On y trouve des tas d'immondices, des épaves de véhicule et bien d'autres objets polluant l'environnement. Cette pollution tire son origine du fait que la plupart des habitations se situant au bord de cette rivière n'ont pas de fausses septiques. La nuit on y déverse des matières fécales. Une autre raison est que des gens non habiletés ont créé des entreprises de ramassage d'ordures alors qu'ils n'ont pas un endroit précis pour les déverser. Ils profitent tard dans la nuit pour décharger leurs poubelles à l'insu des riverains »

Bien que nous récusons ces pratiques d’un temps révolu et constatons l’absence d’une prise de consciences des congolais, force est de constater l’échec de la politique de salubrité menée par  la mairie de Brazzaville malgré un budget de plus 20 milliards voté pour assainir la capitale.

Que dire des promesses  non tenues d’un ministre de l’énergie qui brille par une gymnastique intellectuelle pour endormir les populations avec des formules mielleuses alors que l’eau et l’électricité manquent toujours dans plusieurs foyers congolais. Sans oublier l’inefficacité et l'insuffisance des moyens de transport en commun, l'occupation anarchique du domaine public, la spoliation des biens publics, la spoliation et dilapidation des biens du CFCO et de l’ONPT, l'obstruction de servitude de circulation, la destruction des ouvrages du domaine de l’Etat, le dépôt d’ordure et l’abandon des déchets sur le domaine de l’Etat, le déversement des eaux usées sur le domaine public, la vidange des fosses sceptiques par des moyens non autorisés, l’extension des limites parcellaires privées sur le domaine public de circulation, le défaut de structures hospitalières, absence de logements sociaux, vie chère, pouvoir d’achat en dessous de la moyenne, chômage galopant et chronique des jeunes, délabrement avancé et criard des établissements publics,  travaux publics annoncés mais non exécutés…Tout cela montre que le Congo-Brazzaville est un pays malade  qui se soigne en s’infectant tous les jours.

Les citoyens ont du mal à comprendre et à accepter l’inamovibilité et l’impotence politique des Maires de Brazzaville et de Pointe-Noire. Pourquoi tous les ministères doivent courber l’échine  et se soumettre aux diktats de la Direction des Grands Travaux concernant l’ensemble des projets et marchés du pays au détriment du pouvoir des élus locaux ?

 Dans ce contexte qui peut être aussi naïf pour avaler cette  couleuvre nauséabonde qui consiste à nous faire admettre que  la politique de municipalisation accélérée, annoncée comme mesure phare du « chemin d’avenir » peut être un facteur de développement des dix régions de notre pays ?  Sur quels critères on fonde l’idée  selon laquelle pour reconstruire, développer ou moderniser une région (cas des régions du Pool et de la Cuvette-Ouest) doit-on se plier uniquement aux projets de municipalisation accélérée ? Triste sort, tous les projets de municipalisation accélérée sont décidés par un seul homme, le Président de la République, sans concertation préalable avec les élus locaux.  Triste dictature comme le disait l’écrivain HENRY AMOUROUX dans : Extrait d'un Entretien avec Jacques Jaubert - Décembre 1979   « Le drame des dictatures, c’est qu’elles donnent toute licence aux malades mentaux, aux mégalomanes, aux malhonnêtes gens d’aller jusqu’au bout de leur folie, de leur mégalomanie, de leur malhonnêteté.»

Seulement,  jusqu'à quand allons-nous  accepter d’être diriger par des malades mentaux, hommes véreux, prédateurs, malades et pauvres dans leur esprit, sans ambition pour le bien commun des Congolais ?

Autres mensonges, lors  de la catastrophe ferroviaire de Yanga, le gouvernement avait informé les Congolais que la somme de 30 milliards de F CFA était affectée à la modernisation du CFCO. A ce jour et au  regard des conditions misérables et lamentables affichées par cette société publique, l’on est en droit de se demander si réellement la totalité de cette somme atterrissait  dans les caisses officielles de cette société ? Quel est réellement aujourd’hui  le projet de développement du CFCO ? Les comptes et bilans de cette société sont-ils audités ? En matière de santé, la gratuité de la césarienne promise, continue d'être soumise à un règlement exorbitant. Qu'en dit le gouvernement ?

Festoyer alors que le pays poursuit inexorablement sa descente en enfer dans une pauvreté inimaginable et indigeste pour tout congolais patriotique est inacceptable.   Disant le, sans détours, que ce gouvernement croupion n’est  plus  crédible pour  n’avoir  tenu aucune de leur promesse à la date du 15 août 2010 ? Brazzaville est toujours victime des coupures intempestives d’eau et d’électricité. Le projet de la  fibre optique est tout simplement renvoyé aux calanques grecques. Tout ça n’était que du pipeau. Ce gouvernement n’a honte de rien et continue à faire avaler des couleuvres aux Congolais. Normal puisque les « je m’en-foutistes » sont une espèce répandue au Congo-Brazzaville.

Propositions de l’association DAC

*Amender la présente constitution et instaurer un régime semi-présidentiel ou parlementaire ;

*Organiser un référendum et demander au peuple s’il y a lieu de revenir à la constitution de 1992 ;

*Revoir le rôle réel des élus locaux à travers les projets de développement.

*Proscrire « la municipalisation accélérée » et faire place à « des projets nationaux cohérents ».

*Féderer toutes les forces vives et démocratiques pour constituer un Front uni contre le pouvoir dictatorial de brazzaville.

Le Congo doit promouvoir « des projets nationaux cohérents », bref un nouveau modèle social qui serait une opportunité pour accélérer le processus de développement socio-économique. La nouvelle conception des projets à travers les nouvelles structures politiques est de nature à asseoir un environnement d’innovation et à élargir le champ de création.

Notre pays doit être un espace de développement et d’épanouissement pour la jeunesse congolaise. Unis,  nous serons plus forts et plus crédibles contre le retour du statut quo et les pseudos reveils d'une opposition malléable pour mettre fin à la corruption, la fraude, la mauvaise gouvernance, le clientélisme qui sont devenus des compagnons de salon au Congo-Brazzaville. 

Association DAC

(1) La semaine africaine N° 3027 du Vendredi 17 Septembre 2010 

(2) http://berijc.over-blog.com/article-la-societe-congolaise-en-manque-de-vision-collective-46082835.html.

(3) et (4) Semaine Africaine N°3025 du Vendredi 10 septembre 2010 : Des dysfonctionnements qui affaiblissent l’autorité de l’Etat.

 

 

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