Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

10 Sep

EGALITE POUR TOUT CONGOLAIS

Publié par Berijc

(Remerciement à notre ami LIONEL SANZ du Congo-déchaîné pour sa contribution)

 « Le progrès nait de la diversité des cultures et de l’affirmation des personnalités. »  Pierre Juliot 

 

 

Il y a quelques mois, lorsque nous avons  publié notre article intitulé «  La diversité, une richesse pour le Congo » :http://berijc.over-blog.com/article-la-diversite-une-richesse-pour-le-congo-51743638.html   certains d’entre vous nous ont reproché de ne pas avoir suffisamment approfondi notre réflexion et surtout de circonscrire  le sujet  au seul cas des congolais de souche. Cette initiative avait marqué certains esprits au point qu’aujourd’hui vous êtes très nombreux à réagir sur le blog de notre association pour nous  interpeller face à une nouvelle dérive d’interprétation de la situation politico-juridico-sociale exprimée à travers les propos de Monsieur  Alphonse Ngatsé, président du C.n.l.d : «Il faut réviser les conditions d’accès à la nationalité congolaise »

 Propos recueillis par Pascal-Azad DOKO parut dans le journal la semaine N° 3024 du Mardi 7 Septembre 2010.


On ne peut pas faire de reproches à Monsieur Alphonse NGATSE de s’insurger devant le constat qu’au Congo, pays prétendument démocratique et où l’égalité et la fraternité devraient être érigées en principes immuables, certains congolais sont considérés comme plus congolais que d’autres. Ces faits sont tellement patents que nombreux sont les voyageurs de passage qui les relatent à leur retour.  Ces fait nous émeuvent aussi mais pour des raisons quelque peu différentes que celles, bien qu’il s’en défende, quelque peu xénophobes de monsieur Ngatsé.

La diversité culturelle comme la définit l’UNESCO est  « une force motrice du développement », un « atout indispensable pour atténuer la pauvreté et parvenir au développement durable ». Ce qui fait des congolais des hommes dignes et respectés, c’est qu’ils portent, profondément ancrés dans leur culture et leurs coutumes, des idéaux de sociabilité et d’accueil légendaires. Ce n’est pas en rejetant les autres, tant bien même leurs coutumes seraient différentes, que l’on pourra prétendre pérenniser cette réputation qui nous est chère et nous glorifie.


 Partant de ce postulat,  La culture diversifiée ainsi présentée parait comme une richesse inestimable. Les menaces qui planent sur les cultures dites « minoritaires » ne font pas de doute, et les intérêts de lutter pour préserver leur pluralité sont nombreux.  Au-delà de ces constats il convient pourtant de ne jamais oublier qu’une culture est vivante, elle est perpétuellement en mouvement.  Ainsi  promouvoir la diversité ne doit pas fermer la porte à une réflexion sur la modernité.  On doit plutôt se méfier de sombrer  dans une psychose qui  « sanctuarise » les cultures, on les figeant  dans une authenticité. Une tradition qui peut avoir des effets pervers.  Etre congolais ne doit pas se résumer à bien  manier la langue de ses parents, s’habiller comme ses frères et sœurs avec un style bien particulier, être congolais ce n’est pas seulement être  originaire d’un des dix régions que composent le pays etc.…Etre congolais c’est un état d’esprit, l’amour de partager quelque chose en commun qui est le pays, l’ambition d’apporter dans ce pays les richesses qui conditionnent  son développement, respecter les valeurs qui nous unissent.


Pourquoi  serait-on plus congolais que lorsque qu’on mange le poisson salé avec un bon morceau de manioc ? N’est congolais que celui qui vénère les vertus du cochon à la banane ? Plus encore ne peut se prévaloir du statut de congolais que celui qui, à table,  mange le crocodile à la braise ? Bien que cela fasse  partie de notre pratique culturelle ancestrale.  Nous n’avons pas à l’imposer de manière systématique. Bien sûr,  nous avons le devoir et le droit de les revendiquer,   mais nous avons aussi le devoir de nous ouvrir vers d’autres qui viennent enrichir notre patrimoine et la conjugaison de toutes ces cultures fait du Congo une nation  de valeurs universelles fondatrices de la modernité, qui garantissent les droits et la dignité de tous, au-delà des clivages culturels justement. C’est cela a mon sens être congolais aujourd’hui. Le grand poète et essayiste mexicain Octavio Paz nous invite à emprunter un autre chemin : « Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs, souligne-t-il. A l’inverse, c’est de l’isolement que meurent les civilisations, de l’obsession de la pureté ».


Toutefois, on ne peut balayer d’un revers de main la question pertinente que soulève  notre compatriote Monsieur  NGATSE, qui traduise tout simplement  la dérive latente  « discriminatoire » qui couve dans tout le pays. Nous avons un problème de gestion  socio-juridico-économique désastreuse qui a placée les antivaleurs au centre de tout fonctionnement juridico-politique. L’attribution de la nationalité congolaise à certains ressortissants africains que dénonce  monsieur NGATSE est une conspiration encouragée par certains dignitaires congolais qui se servent de ces minorités pour constituer des réseaux maffieux en vue de couler librement les biens détournés.

 

Comment admettre que les hôtels de grand luxe soient «  octroyés » aux congolais d’origines  libanaises  sous couvert des mascarades d’appel d’offre qui éliminent d’office les congolais de souche?  Comment accepter que le quartier de POTO-POTO ressemble plus  a un no mans’ land  des africains de l’ouest qui y dictent la loi sans qu’aucune autorité n’intervienne ? Comment accepter qu’un congolais d’origine  libanaise puisse recevoir son passeport biométrique en moins de 12 heures alors  que d’autres  congolais attendent plus de 78 heures ?


Autant de questionnement dont les réponses apportées  par les autorités congolaises  sont biaisés qui, par leurs besoins égoïstes d’enrichissements suscitent un sentiment de frustration auprès des congolais d’origine, et un immense sentiment d’injustice qui explique aujourd’hui, que l’on puisse regarder l’autre non plus comme un congolais de part entière mais comme un étranger qui vient voler notre pain. Au regard même du comportement de nos autorités, dont la collusion affairiste avec certaines communautés attisent le sentiment de repli sur soi, et surtout laisse découvrir que certaines communautés seraient plus protégées que d’autres.  Autant, il nous faut une vraie révolution judiciaire en la matière, car devenir congolais exige que l’on respecte la loi et tradition de notre pays, autant qu’il faille éduquer l’homme politique congolais qui utilise ces réseaux  a des fins purement affairistes.


Par ailleurs, il conviendrait de souligner  que le congolais  ne bénéficie pratiquement pas de la même attention dès lors qu’il se retrouverait hors de ses frontières. Nos compatriotes, particulièrement ceux qui vivent en Afrique de l’ouest,  ne bénéficient pas des mêmes privilèges que ces frères africains qui viennent au Congo. La réciprocité devrait être la règle dans cette situation, si une communauté congolaise est maltraitée dans un pays africain quelconque, le président congolais, logiquement,  devrait également montée au créneau pour soutenir ses compatriotes. Au final il faut uniformaliser la réglementation au niveau africain, afin qu’un cadre juridique puisse pallier aux dérives que nous constatons aujourd’hui au Congo-Brazzaville.

 


Association DAC

 

Commenter cet article

Archives

À propos

DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).