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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

18 Dec

DIX REGIONS, UNE SEULE AMBITION: DEVELOPPER LE CONGO »

Publié par Berijc

Image DAC DIX    « DEVELOPPER AUTREMENT LE CONGO »,  notre association qui se construit pierre après  pierre, idées après  idées, sacrifices après sacrifices depuis le 7 mai  2009, expose   l’essence de son ambition pour le Congo.  Celle-ci  se tient en une seule phrase qui fait aujourd’hui office de devise  de notre association : « DIX REGIONS,  UNE SEULE AMBITION: DEVELOPPER LE CONGO ».


Devant la dégradation perpétuelle du tissu social de notre pays, il n’est plus acceptable  de rester dans son coin et de détourner son regard devant la détresse de tout un peuple. Au lieu de faire de l’introspection en prétendant chercher la solution dans les politiques menées par des hommes et des femmes qui ont suffisamment montré leurs limites, nous proposons de ramener le débat sur des questions prioritaires. Comme dit à peu près l’Ecclésiaste, il y a un temps pour regarder le passé et un temps pour construire l’avenir.


Voici venu le temps d’inscrire  une nouvelle étape de la modernisation de la démocratie congolaise, le temps  de  passer de la confusion à la clarification des pouvoirs. Le problème crucial qui perdure dans notre pays est le manque de courage politique, de vision nationaliste, d’un projet de développement adapté et surtout de désintéressement coupable au regard des  valeurs culturelles congolaises de la part de ceux-là mêmes qui sont censés animés la vie politique. La politique est un exercice, certes  difficile, mais elle se doit de fonder son action sur la concrétisation des projets visant à l’amélioration de la vie sociale. C'est-à-dire se fixer des objectifs  sociaux, culturels, sanitaires et  économiques permettant à un Etat d’assurer l’épanouissement de la société et le bien-être du peuple.  Or de tout cela, rien n’a été mis en œuvre concrètement. Oh  pardon !! Si, mais dans le seul but de se servir et de servir leurs mentors occidentaux. Une sorte d’assurance pouvoir au cas où l’horizon pourrait s’assombrir. On proclame dans toutes les tribunes du monde que l’Afrique doit aussi bénéficier des vertus de la démocratie, mais dans la réalité,  les vieilles méthodes d’un temps révolu font encore recette. Ces pratiques relayées par des hommes marionnettes retardent  considérablement  le décollage économique tant espéré.

Nous venons de célébrer avec faste les 50 ans d’indépendance. Cela a-t-il permis d’esquisser ne fut-ce qu’un début de résolution du dilemme sociopolitique  que traverse le pays depuis 1997 ?  Dans cette période si dure, d’incertitude sur l’avenir, de repli sur soi, nos compatriotes ont besoin d’avoir toute confiance dans les institutions qui fondent  de notre pacte national. Et cela suppose de  rendre notre démocratie plus transparente et plus irréprochable encore pour tenter d’échapper à l’ère du soupçon et de la manipulation.  Nous croyons à la démocratie telle qu’elle a été exprimé par Marc Sangnier «  la démocratie est l’organisation sociale qui porte au plus haut la conscience et la responsabilité des citoyens ». Prenons conscience de cette responsabilité, nous en faisant  le moteur même du progrès de la société ou tout simplement celui des hommes.

QUELLES AMÉLIORATIONS POUVONS-NOUS PROPOSER POUR ATTEINDRE CETTE AMBITION À LAQUELLE ASPIRE NOTRE PEUPLE  RÉUNI AU SEIN DE CES DIX RÉGIONS ?


1-1 : L’ambition solidaire pour construire et se développer ensemble.


Le Congo-Brazzaville couve une vague d’inquiétude  sociale et économique encouragée par  le système actuel qui accroît les inégalités, favorise l’exclusion des talents au profit d’un clientélisme absurde et totalement incompétent. Une certaine conception de la solidarité nationale est mise à mal comme jamais. Il faut craindre que le réveil du peuple engendre des nouveaux monstres. C’est de la responsabilité de tous les Congolais (intellectuels et sages, ouvriers et ménagères,  étudiants et chômeurs) que de s’y atteler et d’y répondre de façon patriotique et surtout indéniablement unitaire.
Aux politiques de court terme faites de démagogie électoraliste et de déficits publics, il faut opposer une politique responsable d’investissements pour les générations futures ; la politique de l’action doit retrouver la priorité sur celle de l’affichage politique et de la servitude envers un seul homme. Le constat est alarmant et très inquiétant. C’est une société congolaise fragmentée en mal d’ambition collective qui se dessine chaque jour en creusant progressivement une atmosphère soupçonneuse et désarmante. Cette situation, connue de tous,  provoque aujourd’hui un sentiment de repli sur soi, une volonté manifeste de se protéger de l’autre avec en toile de fond un sentiment sous-jacent d’injustice.  Désormais, ceux qui respectent la loi sont parfois moins bien  traités que ceux qui la bafouent quotidiennement. L’émergence d’un sentiment de « Racisme social » voit le jour mettant en concurrence les Congolais non pas pour faire éclater l’excellence au travail, mais bien pour encourager la frustration et la médiocrité, et surtout l’étalage d’une richesse honteusement acquise. Le système clanique où l’on vénère l’argent, non pas l’économie, non pas la création, non pas l’entreprise, mais où l’on propose l’argent comme valeur n’est pas notre dada, nous le réfutons énergiquement.  C'est là aussi une certaine idée d’un Congo solidaire  qui est foulée aux pieds. Les inégalités s'accroissent, les injustices aussi. Des Congolais observent comment certains politiques vantent le mérite d’appartenir a un clan s’estimant plus méritant  d’être congolais. D'autres réalisent  qu'ils ne le sont que de façade mais  jamais pleinement : comme si, dans notre pays, entre stigmatisation, éthnisation et privations des droits l’ambition de former une même nation  ne serait qu’une illusion.
Au mépris de la vie, il faut lui opposer son respect : le respect de l’homme juste conçu et celui du vieillard en fin de vie. Le respect de la vie dans toute son étendue doit être un des aiguillons de cette ambition solidaire que nous nous projetons d’atteindre. Notre ambition solidaire sera aussi celle du respect absolu de la femme. Une conception absolument opposée à celle de la femme objet sexuel, présentée comme tel à travers la prostitution galopante qui gangrène aujourd’hui les artères de nos quartiers et villes. Enfin, comment ne pas voir cette jeunesse, abandonnée, désœuvrée qui   se détourne de la chose publique par dépit autant que par rejet. Notre ambition solidaire s’inscrira dans la perspective qu’un autre Congo est possible. Un autre Congo qui combat les antivaleurs et porte haut les valeurs auxquelles ils croient. Un autre Congo avec d'autres choix, donc d'autres résultats. Redonner un avenir solidaire et patriotique, c’est l’enjeu de notre combat entamé depuis bientôt 2 ans qui se décline par  notre ambition de bâtir une société apaisée, une société de la reconnaissance et de respect pour vivre ensemble. Dans le domaine de l’entreprise, notre ambition privilégiera le bien-être social aux parachutes dorés des élites économiques ; notre ambition sera celle du primat de l’intérêt général sur l’intérêt particulier. Notre conception de la société réinstaurera le primat du travail et de l’effort sur l’oisiveté et l’hédonisme.

1-2 : Une ambition d’éducation responsable

L’éducation nationale  a une grande part de responsabilité dans la décadence de notre société actuelle.  Il faut aussi mettre fin à la culture de l’excuse qui disculpe d’office tout délinquant au nom du principe d’appartenance au clan. La violence des jeunes vient aussi du délitement de la famille. Comment une femme seule peut-elle veiller correctement à l’éducation de ses enfants quand le père est défaillant ? Quand ceux-ci se retrouvent dans la rue, ils ne peuvent que succomber à  l’exemple qui leur est donné et qui  est celui de la réussite par l’argent facile : celui de la drogue, des petits trafics, des viols ... Comment l’enfant dont les parents peinent a  s’en sortir, faute d’une politique d’aide sociale adaptée peut-il comprendre que le travail est un moyen de subsistance certes, mais aussi une fin en soi, une source d’épanouissement.
Notre ambition pour l’école de demain est une révolution en profondeur du système actuel qui accentue les échecs scolaires et l’inadéquation entre le monde du travail et les formations. Dès la maternelle, un élève devrait être suivi par un processus personnalisé  de contrôle de compétence. Une sorte de carnet d’évaluation et  de suivi de compétences (CESC) qui va de la maternelle au lycée. Ainsi sera répertorié les talents de chaque élève et les faiblesses à corriger. Cette ambition de l’école de demain mettra la réussite de chaque élève au centre de toute instruction avec comme priorité INSTRUCTION POUR TOUS ET REUSSITE POUR CHACUN. Aucun enfant ne doit être laissé au bord de processus d’éducation scolaire. Au delà du suivi pédagogique c’est toute une méthodologie qui sera repensée avec l’apprentissage de la règle, la découverte des métiers, la création d’internats de développement des compétences au profit de tous les enfants en difficultés et en échecs scolaires.

Notre ambition souhaite redonner à l’école publique sa véritable place républicaine par une réelle politique de l’enseignement public, une politique de réinsertion des cadres, des jeunes diplômés peuvent se mettre en place pour favoriser un retour à l’emploi dans le secteur. (1)

Un enfant bien encadré ayant assimilé les bases élémentaires de la vie en communauté, ayant un regard sur le monde du travail, ouvert vers la société est une chance inestimable pour l’avenir et un atout pour le développement.
Enfin, l’ambition d’éducation responsable c’est aussi la refondation de l’Université avec en toile de fond la priorité qui sera faite, sans état d’âme, mais avec une exigence totale sur l’amélioration et la construction des infrastructures, la formation des enseignants, la revalorisation du métier d’enseignant, l’adaptation des enseignements par des méthodes modernes et surtout orientées vers l’ouverture à l’échange culturelle  interafricaine.  L’université de demain doit penser à former l’africain qui pense Afrique et raisonne Afrique et s’investit pour l’Afrique avant de penser s’ouvrir vers le monde. Une Afrique culturellement indépendante peut être celle qui apportera aux générations futures l’estime de soi et le respect d’appartenir à un monde où l’Africain serait décomplexé de toute frustration. C’est là tout le sens de notre ambition d’éducation responsable.

1-3 : Une ambition panafricanisme

Notre ambition pour l’avenir préconise un partenariat privilégié avec l’Afrique. Cette Afrique  qui nous a tant apporté, synonyme hier de mutations positives est aujourd’hui  synonyme de régression. Nous ne pouvons pas nous résigner à cela. Redonner un cap et un sens au projet africain constituera l'un des piliers de notre ambition car il n'y aura pas  de Congo stable  et innovant, humain et générateur d’emplois,  tourné vers l’avenir dans une Afrique désunie et faible. L’Afrique  doit porter haut de nouvelles politiques qui préparent l’avenir communautaire : la recherche, l’énergie, les infrastructures, la défense, l’éducation. Notre ambition panafricaine nous la voulons plus démocratique dans son fonctionnement, plus efficace dans ses actions. Mais il faut dès maintenant œuvrer pour rendre plus forte notre Afrique et une meilleure représentativité au sein des institutions régionales mais surtout internationales. Une Afrique qui saura défendre ses intérêts et ses valeurs, qui cultive la voie de l’échange communautaire sera efficacement engagée dans le processus du développement.

1-4 : Une ambition pour la démocratie et le progrès économique.

L’absence d’une vraie politique de création d’emplois, de redistribution de richesses amène tout congolais aujourd’hui à placer l’emploi au centre de toutes les priorités. Créer des emplois, il faut asseoir avant tout une politique économique saine et rigoureuse. Le Congo-Brazzaville a des atouts inestimables dans des domaines plus que variés : Culturels, géographiques, économiques, sanitaires et miniers…. Seulement les  dirigeants ne les exploitent que de façon égoïste. Sans oublier  le formidable gisement humain que constitue la jeunesse congolaise qui reste inexploitée à sa juste valeur. C’est pourquoi il est primordial d’instaurer dès la fin du cycle secondaire  l’apprentissage professionnel pour s’adapter aux  besoins du marché du travail, favoriser l’accès de nos  jeunes à  un emploi et permettre aux entreprises d’accéder aux  candidats compétents.

Notre ambition d’efficacité économique mettra l’entrepreneur congolais au centre de la création d’emplois et l’encouragera à se développer en partenariat avec ses pairs africains. Nous ferons le choix de faire confiance à nos entrepreneurs dans l’acquisition des marchés qui ne relève pas d’une technologie de pointe (2).

Comme par exemple la construction des villes durables,  solidaires et surtout adaptées à la réalité africaine en générale et congolaise en particulier. La politique de la ville d’hier basée sur la construction tout azimut sans réel plan d’urbanisation préalablement adopté  est une lacune qu’il faut récuser. Oui,  nous voulons une ville du XXI° siècle, repenser nos villes actuelles pour en faire des nouveaux lieux attrayants et humains où chaque arrondissement, chaque quartier associe les différentes fonctions de notre quotidien : logement, activités économique, culture, sport, l’assainissement et les transports en communs (3).
C’est en y ajoutant la qualité au plus près des citoyens – qualité des espaces publics, qualité dans la construction de logements durables, qualité des pôles d’excellence culturels et sportifs partout – que la ville redeviendra vivable et génératrice d’emplois.
Aussi, nous voulons des villes propres débarrassées de tous ses déchets polluants comme par exemples les sacs plastiques dont nous nous attelons à faire interdire dans notre pays et surtout à expliquer l’avantage que peut générer cette solution en termes de création d’emplois (4).

De même, notre ambition mettra l’accent sur une politique juste de santé. La santé des congolais ne doit pas être un objet de marchande ou l’on négocie au cas par cas la possibilité d’offrir des soins aux congolais. Tous congolais doit être égaux devant le traitement face à la maladie.  Privilégier les soins gratuits octroyés aux femmes enceintes et aux enfants ne justifie pas en soi une prise en compte global des problèmes sanitaires de tous les congolais. Repenser la politique de santé publique reste un chantier qui nous tient à cœur et auquel nous nous attellerons à travers la modernisation des infrastructures, la construction des unités sanitaires dans les villes de plus 1000 habitants et encourager la formation continue  des médecins.

En guise de conclusion, que faut-il retenir de cette feuille de route qui est  la nôtre dès à présent ! Notre ambition ici modestement esquissée  vise comme but de faire sortir la République de l’absolutisme et de la faire entrer dans l’ère nouvelle d’une authentique démocratie, comme celles qui existent dans les pays du même niveau de développement que le Congo.
Seulement , le pouvoir de Brazzaville continue à manifester son rejet à l’idée d’une  large ouverture de concertation en vue d’enclencher une vraie dynamique d’apaisement politique et de reconstruction nationale. Nous venons de fêter les 50 ans d’indépendances dans l’allégresse alors que 80% de notre peuple croule dans une pauvreté  jamais égalée depuis la présidence de l’abbé Fulbert YOULOU.

C’est ce qui nous amène  aujourd’hui, en toute modestie et humilité,  à conclure qu’il est temps de discuter, de décider ensemble de ce qu’il y a lieu d’entreprendre.  Ne nous voilons pas la face,  le Congo a changé, et l'émergence de nouveaux acteurs, dont la jeunesse congolaise modifie profondément la traditionnelle conception politique du chacun pour soi qui semble encore  prévaloir dans le prisme de  certains congolais.  Il nous faut collaborer ensemble aujourd’hui si nous voulons rassembler et véhiculer le discours de reconstruction et d’équilibre national. Il nous faut recadrer notre action autour de deux objectifs : d’une part ;  redonner la priorité à une approche collégiale et d’autre part ;  garantir la cohérence de nos actions.
Dans cette démarche, nous accordons une place centrale au renforcement des partenariats entres tous les congolais épris de paix.  Seuls à même de créer les conditions de l'émergence d’une réelle force capable d’inciter à une concertation, de   reconstruire une paix durable pour le Congo. Nordahl Grieg disait  « La paix n’est pas comparable à un objet précieux qui nous appartient. Il faut toujours la conquérir. »
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(1)    : Projet : la réhabilitation de l’école publique.
(2)    : Projet : l’ambition pour une entreprise congolaise solidaire.
(3)    : Projet : l’ambition pour une ville verte.
(4)    : Projet : Interdiction sacs plastiques.

PS : L’ensemble de ces projets sont accessibles aux membres de l’Association DEVELOPPER AUTREMENT LE CONGO (DAC).

 

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