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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

10 Aug

Congo-Brazzaville : Un 15 Aout 2012 dans le ras le bol, la résignation et l’espérance.

Publié par Berijc

 

« Ce pouvoir déjà clanique, oligarchique, irresponsable, manipulateur met aujourd’hui de façon coordonnée en place les bases pour les années à venir d’un système dynastique et totalement autoritaire. En tétanisant le peuple dans la peur et les violences, ce pouvoir espère confiner ce dernier dans la résignation » JCB

 

 

Au lendemain des élections du 15 Juillet et 5 aout 2012, le pouvoir s’acheminant tout bonnement vers la célébration des 52émes anniversaires de l’indépendance dans un torrent de boue envahissant les habits blancs qu’on veuille contraindre le peuple à porter. On pense donner un impact positif à cet événement pour masquer la honte et le camouflet des dernières élections. Pourtant le message si fort et très riche en enseignements livré par le peuple congolais au pouvoir politique est balayé, d’un revers de main, par le parti dictatorial (PCT) dont la crédibilité est contestée année après année. Ce pouvoir qui s’enferme dans une attitude méprisante ne saurait, tout le temps, avancer masqué. Ceux qui se réjouissent actuellement de détenir une légitimité sont en réalité que les avaliseurs d’un destin sombre pour notre pays. Pour les amnésiques, laissez-nous vous rafraîchir la mémoire. Le message des ¾ de la population s’abstenant de participer à cette mascarade est limpide et ne laisse entrevoir aucune autre interprétation que celle rendant responsable SASSOU NGUESSO et son Parti-Etat  de manipulation d’une jeunesse  abandonnée, de destructeurs de la paix civile qu’ils croient incarner avec ses manœuvres de terreur contre les populations, de scarifier la vie sociale en la hachurant d’une doctrine clanique propulsée par l’argumentaire de la peur et de hold-up électoral éhonté, ponctué par une corruption généralisée. Faudrait ajouter à tous ces maux, la multitude d’agents de renseignement et des barbouzes étrangers qui fouillent, épient et s’il le faut aujourd’hui tuent pour maintenir à flot un pouvoir totalement déviant. La célébration de cet événement place la région du pool en ébullition. Elle est actuellement le théâtre des manœuvres d’intimidations par des militaires qui harcèlent et font planer le spectre de la violence. Contrastant avec le discours de Paix de SASSOU NGUESSO, le pouvoir va festoyer à kinkala en semant la peur au sein des populations.


Ce constat plus qu’alarmant renouvelant de façon récurrente le même message stipulant que ce pouvoir déjà clanique, oligarchique, irresponsable, manipulateur met aujourd’hui de façon coordonnée en place les bases pour les années à venir d’un système dynastique et totalement autoritaire. En tétanisant le peuple dans la peur et les violences, ce pouvoir espère confiner ce dernier dans la résignation. Mais ces formes de résignation et de ras le bol exprimés ici et là ne seraient-elles pas une manière de transcender la peur pour être dans l’action afin d’enclencher le changement de demain ?


3/4 des Congolais en colère


Une première constatation mérite d’être faite. La progression du nombre des mécontents et le désir du vrai changement qui va au-delà de la sanction contre le PCT n’est plus une vue de l’esprit. Même si la tendance des congolais à se résigner devant l'adversité est aujourd’hui réelle. Entre l'oppression politique et sociale imposée par le gouvernement et la dispersion ou l’enfantillage d’une l’opposition qui n’a d’opposition que de nom, les congolais se lassent progressivement.

Il nous reste à en chercher les raisons, peut-être l'inexistence d'une organisation politique congolaise structurée qui seule pourrait faire face au pouvoir tout puissant du PCT et du clan à la solde de SASSOU. A moins qu'il ne soit trop tard et que le pouvoir clanique ayant définitivement gagné la bataille politique, les perdants que nous sommes et surtout nos enfants, devront payer le trophée du vainqueur. Faut-il que ce système clanique échappe à la démocratie pour en arriver à baisser les bras et les yeux devant lui. Ce régime politique de la terreur, qui ne dit pas son nom et qui nous avilit et nous frustre, dans lequel nous sommes encore enchaînés à ce jour est pourtant vomi de tous. Beaucoup d’entre nous ont sous estimé l’ampleur de l’engrenage de la terreur qui se nourrissait de tout ce qu’il y avait de plus archaïque et de plus barbare dans l’imaginaire social et mental de notre société. Ce qui en fait aujourd’hui, un monstre tentaculaire et venimeux poursuivant sa marche de contamination. Cette politique aujourd’hui mise en branle a inoculé son venin au sein de notre peuple le plongeant ainsi dans une sorte d’hibernation ou de résignation dans la soumission aveugle. Appliquant ainsi la loi du plus fort, le PCT s’accapare tous les droits.  « Quand l’animal politique renonce à la politique, il ne reste que l’animal qui applique la loi de la jungle. » (Régis Debray)


Le plus grave et le plus décevant, c'est surtout toutes ces politiques menées par une opposition sclérosée dont les prétendus efforts ne reçoivent guère d'enthousiasme de la part de leurs concitoyens y compris chez leurs électeurs, où en enregistre des taux d'abstention record. Toutes ces exaspérations ne se fédèrent pas, aucun élan vers un mouvement radical. Une opposition qui creuse le tombeau du peuple par son clientélisme décadent.


Ne tombons pas dans la résignation


«L’histoire nous appartient, c’est le peuple qui la fait», nous disait, dans ses derniers mots, Salvador Allende, le 11septembre 1973. Aujourd’hui encore, le peuple congolais devrait faire sienne sa parole en leur donnant un sens.

Denis Sassou Nguesso se frotte les mains on obtenant par la ruse, la corruption , la falsification, le détournement des voix et l’intimidation un semblant de légalité constitutionnelle. Ou simplement une assemblée godillot des béni oui oui. De même les velléités entre les membres du clan semblent stoppées faisant penser que le linge sale est nettoyé en famille. L’histoire nous le dira …


Ce que nous avons vécu le 15 juillet et le 5 Aout 2012, n’est pas une chose éphémère. Nous devrions être conscients que le vautour rode toujours en surplomb dans les airs, guettant nos faiblesses avec sa malveillance téméraire. Notre victoire présente sur la peur, est un signe que les temps changent. C’est un vrai signal du ras-le-bol populaire et que le changement s’opère dans les esprits, la quête d’une vraie justice sociale se fait de plus en plus pressante. Le combat pour lutter contre cette gouvernance entachée d’incohérence et dont la déliquescence se profile à l’horizon est une réalité du moment. Seulement, refusons l’idée d’être cadenasser dans les jugements négatifs trop souvent entendus d’une classe politique irresponsable. Une classe politique en manque d’imagination poursuivant le couronnement d’un orgueil qui masque mal leur incompétence. Que cela soit compris qu’il est injuste voire indécent de défendre aujourd’hui ceux qui ont refusé de suivre la voix du peuple. Ceux qui ont participé et accompagné le régime en place ne sont pas défendables car on ne peut défendre des gens trempés dans une gouvernance de la peur,  obscure, individualiste, clanique, corruptrice et non transparente. Car "Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau." Saint Just


Le temps n’est plus seulement, comme chacun peut le voir, dans les propositions nouvelles, mais également et surtout dans la mobilisation, dans l’effort pour atteindre l’objectif final. Faisons confiance à notre peuple qui sait parfaitement quel chemin prendre pour effacer cette indécente politique et humiliante qui nous avilie et nous discrédite de partout dans le monde. Ne nous enfermons pas dans l’attente d’un leader qui fait cruellement défaut. Sortons de ce scénario d’attente d’un messie imaginaire devant prendre la marche de l’histoire.La société congolaise est actuellement en mouvement, ce n’est plus une utopie, car le changement de génération s’opère prenant à contre pied cette classe politique corrompue. Soyons les leaders de demain pour contrer cette vision hégémonique et clanique en cours. Surtout ne tombons pas dans la résignation,  mobilisons-nous  pour un Congo réconcilié, rassemblé avec ses fils autour des valeurs de la République où l'exemplarité doit être la règle

 

Résistez ou soumettez-vous au Clan SASSOU.

 


Jean-Claude BERI : contact@dac-presse.com

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