Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

20 Oct

CONGO-BRAZZAVILLE : RAMASSEURS DE POUBELLES, SEULS REMPARTS CONTRE L’INSALUBRITE ?

Publié par Berijc

Le poids des mauvaises décisions politiques continue de dépeindre la ville de Brazzaville. Après, l’échec, aux conséquences énormes, de la société PRO-BRAZZA censée pallier au déficit d’assainissement de la ville de Brazzaville,


les autorités municipales n’ont trouvé rien de mieux à proposer que de laisser les populations se débrouiller seules à évacuer leurs déchets ménagers quotidiens. Une réalité qui contraste avec les politiques d’embellissement de la capitale annoncées chaque jour par les autorités municipales. La capitale du Congo-Brazzaville se réveille tous les matins entre 5h 30 et 6h 30 par les cris des jeunes à l’accoutrement parfois  surprenant. Les uns se voilant le visage avec un chiffon imbibé de boue et  de saleté et d’autres dont les vêtements sont déchirés ressemblant à des « fous des temps modernes à la sauce congolaise », c’est la ronde matinale des « mwana poubelle » ou « ramasseurs de poubelles ».


Il n’est plus étonnant de constater à Brazzaville  tous les matins des jeunes faires du porte à porte pour ramasser les ordures ménagères moyennant une modique compensation financière. C’est la suite logique  de la grande insalubrité qui sévit à Brazzaville depuis des années. Cette activité souvent impropre, insalubre et parfois prohibée  présente des risques sanitaires considérables. Mais que peut faire une jeunesse désœuvrée laissé à l’abandon sinon que de plonger dans certaines pratiques dépréciatives. On est loin des éboueurs professionnels exerçant cette activité avec toutes les précautions d’usages prises et la garantie d’utiliser les infrastructures adéquates pour ramasser  les déchets.

De la défaillance des pouvoirs publics.


Les congolais  ne sont pas moins fainéants ou encore moins  compétents ou travailleurs que leurs homologues des certains pays africains. Mais ils manquent de moyens. Pour lutter contre l’insalubrité, il n’y a pas trente milles solutions : Il faut investir dans les infrastructures matérielles et humaines. C’est justement sur ce point précis que les pouvoirs publics échouent lamentablement depuis plusieurs années. Plusieurs appels d’offres et créations de sociétés de salubrité publiques ont vu le jour. Mais les résultats sur le terrain laissent à désirer. Plusieurs milliards engloutis par des programmes alléchants d’assainissement de la ville sont tous aujourd’hui taxés de faillites. Brazzaville est toujours de plus en plus sale, invivable, et exposée aux multiples maladies.

Encouragés par le silence complice ou la bienveillance du gouvernement congolais, les autorités municipales  s’obstinent à détourner les fonds destinés à équiper la ville des moyens urbains de lutte contre l’insalubrité. L’illusion d’un changement, avec le pouvoir actuel, s’est vite évanouie. Personne n’est dupe, le Congo reste arc-bouté sur les pratiques anciennes de corruption, de pillage, de détournement de fonds et surtout d’une absence criarde de politique de création d’emploi pour l’amélioration de l’environnement immédiat des congolais.

L’idée qui consiste d’ouvrir grand les portes d’un débat sur l’insalubrité à Brazzaville fait peur aux responsables municipaux. Pourtant, il  offrirait  une plate-forme nationale à des jeunes candidats pour faire des propositions de sortie de crise face à ce dilemme.  L’ambition politique d’un tel débat va au-delà de tout intérêt personnel. Le paysage désolant et affichant qu’offrent tous les marchés de Brazzaville ne laisse pourtant plus le moindre doute possible sur la nécessité de nettoyer Brazzaville à fond. Pourtant l’on s’offusque pas de construire des somptueuses villas côtoyant les immondices et autres ordures.

Ramasseur de poubelles, rempart contre les déchets ménagers



Les scènes peuvent paraître incroyables, pourtant nous sommes bien au cœur de la ville de Brazzaville où nous rencontrons des jeunes, adultes, chômeurs et autres citoyens congolais tirés des pousses-pousses pleines de déchets. Ces citoyens condamnés au chômage, malgré pour certains d’entre eux détenteurs des diplômes universitaires , sont obligés de se tourner vers  leurs propres compatriotes pour les aider à s’en sortir. Pour un ramassage  d’une poubelle de moins 5 m3 on lui verse entre 150 et 200 F Cfa. Notre salut contre l’insalubrité repose désormais  sur ces personnes qui visitent nos parcelles tous les matins pour nous débarrasser de nos déchets ménagers. Quelle honte !!!

Voilà ce qu’est devenu le Congo où plus rien ne choque. Pourtant il fut un temps pas si éloigné que çà on pouvait observer les engins motorisés, des camions de ramassage d’ordures sillonnés toutes les artères  de la ville pour nettoyer, embellir, et assainir nos quartiers. L’on crie sous tous les toits que notre pays est riche, en pleine progression économique mais c’est aux populations de retrousser les poches pour payer afin qu’on enlève les immondices qui traînent un peu partout. C’est hallucinant que notre gouvernement puisse dormir tranquillement tout en sachant qu’il est défaillant de façon inimaginable. A quoi sert un Etat qui est incapable de s’organiser pour mettre en place ne fusse par exemple qu’un impôt déchets ménagers qui permettrait non seulement d’acquérir des moyens matériels mais également d’embaucher ces jeunes afin de leur redonner une dignité. Ce n’est pas le travail en soit qui choque dans cette histoire, mais c’est le fait que des citoyens soient condamnés de se substituer  aux devoirs de l’Etat.

DAC ( www.dac-presse.com)

 

Commenter cet article

Archives

À propos

DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).