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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

04 Feb

Congo-Brazzaville : Le devoir de vérité et de constance

Publié par Berijc

Devant l’évidence et la course effrénée aux intérêts égoïstes, beaucoup de congolais semblent se perdre dans les méandres d’une politique démagogique.

Tout le monde l’admet dans les quartiers et villages que le Congo est devant une réalité qui n’inspire ni la confiance ni encore moins une assurance que demain le soleil brillera pour tous les Congolais.

 

L’inhibition de la culture démocratique au Congo-Brazzaville


Ne pas le dénoncer est un choix que nous ne pouvons récuser à tout un chacun dont la liberté est un droit inaliénable pour toute vie en société. Mais il est absolument inadmissible que l’on utilise les ressources du peuple pour servir des choix égoïstes, partisans et surtout contraires à la notion même de vivre en communauté. Notre culture nous enseigne que celui qui a une petite portion de bonheur le partage avec l’ensemble de la communauté. Il se trouve que ce que nous récusons dans notre nouvelle mode de vie, c’est la fourberie, l’hypocrisie et la montée dangereuse de l’égoïsme par une balkanisation des privilèges. Que certains se plaisent à jouer le jeu de s’humilier en se prostituant devant ceux qui volent, retardent, ruine les chances d’un développement équitable du Congo sont libres de le faire. Notre engagement politique ne souffrira d’aucune entorse à la règle qui consiste d’agir pour le peuple. Cette constance, certes a certainement eu des hauts et des bas, néanmoins, elle a le mérite de montrer que la dignité, le respect de ses engagements est une belle leçon de démocratie qu’il faille renforcer pour éduquer notre jeunesse et promouvoir le développement du Congo.

 


S’opposer pour s’opposer est une stratégie suicidaire qui n’est pas notre combat. Nous avons engagé ce débat juste après l’élection présidentielle de Pascal Lissouba. Pour ceux qui nous suivent depuis belle lurette et qui ne jouent pas le jeu de l’amnésie dès que leurs intérêts sont en danger témoigneront de la constance, qui est la notre, dans cette démarche pour le respect, la valorisation de l’effort au travail, l’exigence d’exemplarité, la lutte contre la corruption et surtout le respect d’une équité démocratique. Dès l’instant que certains de ces fondements ont été bafoués par le régime de Pascal Lissouba, nous n’avons jamais hésité à le dénoncer de la plus radicale des manières qui soient. Ce choix nous a valu « la mise à l’écart » durant tout le mandat de Pascal Lissouba. Nous n’avons jamais été compromis dans aucune affaire mafieuse, indigne contre le bonheur du peuple. De même nous n’avons jamais appartenu à une quelconque structure politique pour laisser penser que notre action ait été influencée par les organes politiques. Notre action vise avant tout la primauté à un dialogue constructif pour atténuer les différends et montrer que le principal objectif est le bien-être du peuple congolais. Ce bonheur se caractérisait par la foi en la démocratie. Cette grandiose possibilité accordée au peuple de choisir librement ses dirigeants, redonne au peuple la fierté d’appartenir à une même nation. Bien-sûr, cette jeune démocratie naissante a eu certes des faiblesses, des erreurs ont été bien entendues commises, seulement méritait-elle d’être sauvagement assassinée en 1997 ?


Après le brutal arrêt du processus démocratique et le retour par la force de Denis Sassou Nguesso notre engagement pour défendre la liberté, la démocratie et la paix ne pouvait être que renforcer. Celui-ci se renforce encore plus avec la constatation des multiples dérives socio-économiques mais surtout démocratiques du pouvoir de Denis Sassou Nguesso. Par la faute d’un seul homme aujourd’hui le Congo est, depuis 1997, sur le chemin de la régression et de la violence politique. Plutôt que de mobiliser les énergies pour donner un motif d’espoir et de fierté à la jeunesse congolaise, ce dernier manipule le peuple, lance des diktats à l’opposition ceci pour transformer le Congo en un royaume pour lui et son clan.

Nous ne cessons de tirer la sonnette d’alarme, car c’est notre rôle et notre devoir, pour montrer que la situation du Congo est proche de l’explosion. Que ceux qui s’y accrochent par des intérêts mesquins vont très vite déchanter. Le ras bol de la jeunesse congolaise a atteint sa limite si l’on n’y prend garde,  une situation insurrectionnelle à la sénégalaise, tunisienne, égyptienne peut vite surgir du fond de la colère populaire.


La consanguinité clanique, tare démocratique de Sassou Nguesso


L'ignominie du clan Sassou a atteint un degré de paroxysme tel que le peuple congolais se doit de réagir démocratiquement aux élections de 2012. Lorsque nous parlons du clan Sassou, il est question de montrer que ces individus sont obnubilés par le pouvoir et se terrent dans une cécité et un autisme suicidaires. Faisant preuve d’un total complexe de supériorité, ils ne tirent aucune leçon des événements passés qu’a connu notre pays ou récents qui ont traversés d’autres pays au printemps dernier. Tout cela prouve que ces hommes ont atteint un degré d’ignominie qui n’a d’égal que leur voracité affairiste du pouvoir.

Malgré les incessants appels à l’ordre pour redresser la faillite de la fonction publique, les congolais sont renvoyés manu militari, accusés de menacer la paix et l’ordre public.

Lorsqu’on indexe les corrupteurs et les détournements, on est taxé d’aigris, de jaloux, de tribaliste. Pourtant ces maux causent plus de 100 milliards par mois de déficit à l’économie congolaise.

Lorsqu’on cible l’assainissement de la ville en mettant en place des projets de salubrité, ceux-ci sont détournés, mal exploités et rendent une idée bienfaitrice en un calvaire pour les congolais.


Lorsqu’on dénonce le mensonge d’état incarné par la découverte, semble t-il par effraction de la misère insolente dans laquelle croupissent les congolais, on serait devenu des agitateurs qui secouent  le chiffon rouge. L’homme des masses et des actions concrètes est surpris par l’inexistence d’actions réalisées, la pauvreté, le chômage abyssal et le déficit des structures de santé

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Lorsqu’un autre membre du Clan, Jean Jacques BOUYA, annonce la construction d’un grand hôpital à Brazzaville cette année, nous lui recommandons de relire les messages de Denis Sassou Nguesso à la nation de 2000 et 2009, on nous promettait l’autosuffisance énergétique et des soins pour tous en 2010. Dénoncer l’échec de cet objectif serait une manifestation caractérielle désinvolte et non patriotique. Ce n’est non plus un secret de polichinelle, à chaque contrat accordé aux entreprises nationales ou étrangères par la Direction Générales des Grands Travaux, Jean Jacques BOUYA soutire une rétrocession allant de 10 à 20 % du contrat concédé. Et comment ne pas jouir pathétiquement de l’obésité financière ?


Les ministres et leurs directeurs de cabinets sont également bénéficiaires de ces rétrocessions mafieuses. Des ministres et les membres de leurs cabinets organisent des missions imaginaires à l’étranger dans le but de soutirer l’argent au trésor public.


De même, lorsque l’un des patriarches du Clan, Maurice Nguesso, s’invite à Lyon pour présider une session de la chambre de Commerce et d’Industrie France-Congo, la communauté congolaise de Lyon (France) s’extasie devant cette opportunité qui leur est offerte. Mais les projets des lyonnais ne verront jamais le jour sur notre belle terre du Congo. Ni les 266.000 euros financés par les fonds propres de Maurice Nguesso n’y feront rien devant la voracité et la cupidité de certains congolais. Doit-on se taire devant de tels actes qui régressent notre pays devant des partenaires étrangers ?


C’est cette constance dans la recherche des causes qui minent notre pays et les dénoncer pour inciter une prise de conscience qui est notre devoir de vérité.


L’on peut nettement conclure que personne n’aidera le Congo si nous ne nous prenons pas nous même en charge. Dénoncer ce qui est injuste et criminelle pour le pays est un devoir de vérité qui incombe à tous congolais. La délation n’est répugnante que si l’on dénonce un combat juste pour servir des causes immorales.

Lorsque la France et les USA recommandent au Sénégal "un passage de générations", cela sera-t-il possible que pour le Sénégal ? Ou bien la France se préparait-elle à un passage de la Présidence de Denis Sassou Nguesso au fils Christel Sassou ou un autre membre du clan ? Doit-on aussi se taire devant cette logique " de la passation dynastique" du pouvoir qui serait entérinée par la France, comme ce fut le cas au Gabon ? Serait-il déplacé de condamner les actions armées discrètes ou officielles menées par la France pour conserver au pouvoir ceux qui bafouent nos intérêts ? Pensez-vous que cette France gouvernante corrompue et consanguine prête à donner des leçons aux 4 coins du monde où elle met le feu depuis des siècles pour défendre ses approvisionnements en matières premières se battrait pour nous congolais ?


Serait-on devenu antidémocrate de se battre pour faire respecter les institutions? Appeler à une concertation démocratique et nationale pour faire barrage aux tripatouillages constitutionnels qui plébiscitent les dirigeants illégitimes serait un choix tribal ?


Ce sont là les vraies interrogations qui devraient animer notre action devant la faillite morale de notre pays.

C’est pourquoi ce qui souffle en ce moment n’est qu’une brise entrainant avec elle un vent qui secoue les arbres pour laisser tomber les feuilles mortes afin de régénérer l’alternance. Mais ne laissons pas l’ouragan s’installer. C’est ce contraste flagrant entre les ambitions démagogiques du clan SASSOU et celles du peuple qu’il faut dénoncer avec force et détermination.

 


DAC, contact@dac-presse.com

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