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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

29 Jan

Congo-Brazzaville : La ministre du commerce joue t-elle avec le feu ?

Publié par Berijc

La question mérite d’être posée au regard des événements qui se succèdent à Brazzaville. Après les vœux de nouvel an formulés par Mr Sassou-Nguesso exhortant  son gouvernement à plus de solidarité et de rigueur dans la gestion de la vie sociale et économique, force est de constater que les mêmes erreurs qui perdurent depuis 15 ans persistent au point d’en devenir même les locomotives de privation des droits à la vie. Les Congolais ont déjà du mal à manger à leur faim et les fonctionnaires, qui sont des chefs de famille, éprouvent toutes les peines pour joindre les deux bouts du mois. Personne ne peut méconnaître que la majorité des Congolais vivent dans la précarité et la pauvreté. Bien que le gouvernement ait donné des garanties pour canaliser la flambée des prix des produits de premières nécessités, il est aujourd’hui interpellé par  le syndicat des boulangers et pâtissiers du Congo. Ces derniers dénoncent une dérive dans la volonté de vouloir augmenter le prix du sac de farine de blé par la Minoterie du Congo. Personne n’ignore que le pain est un produit de base dans les familles.


Le non application d’une politique garantissant le respect des prix homologués par le ministère du commerce  interpelle plus d’un congolais. Les prix des denrées alimentaires et produits de premières nécessités sont en constante augmentation à Brazzaville. Cette situation,  au lieu de prévenir la précarité,  enfonce de plus belle les congolais en majorité aux faibles revenus. La hausse du prix du sac  de farine annoncée va  nuire de façon considérable  aux portefeuilles de la majorité des Congolais qui vivent dans la pauvreté. D’aucuns y verraient une conspiration savamment orchestrée pour alimenter les réseaux mafieux de détournement. Présentement, les langues se délient pour accuser les clans du président  de s’être accaparés les richesses du pays en usant des alliances de corruption et de trafics avec plusieurs sociétés de la place. Comme le dit ce syndicaliste boulanger : « La moitié des affaires juteuses au Congo sont  en connexion avec le clan du président. Le groupe américain Seabord Corporation (1) ne peut pas décider seul d’augmenter le prix du sac de farine de plus de 7500 F CFA  par sac ».  

Les inspecteurs du ministère du commerce évoquent  de leur côté des facteurs extérieurs indépendants de leur volonté, comme par exemple, les situations climatiques catastrophiques des pays producteurs de blé, la hausse du cours des céréales ou encore le monopole  du système commercial international qui clouent au pilori l’agriculture des pays en développement. Franchement à qui l’on veut faire croire que cette situation a plus gravement frappé l’économie congolaise au point d’en arriver à rehausser d’environ 45,44 % du prix du sac de farine de blé ? En effet de 16 500 F CFA, prix homologué par le ministère du commerce l’on tend à appliquer depuis quelques mois le montant, non officiel, de 24 000 F CFA pour l’achat d’un sac de farine de blé. Cette situation devient intenable pour les boulangers et pâtissiers du Congo  qui réclament des explications auprès du ministère du commerce. Il est totalement exclu que le ministre du commerce  puisse ignorer ces faits et surtout nous nous interrogeons sur son silence. Le président du syndicat des boulangers et pâtissiers du Congo, Jean Cyr Mayala n’exclut pas d’envisager de répercuter cette hausse sur le prix actuel du pain, si une solution satisfaisante ne leur ait pas proposé.

Cette situation tend à être explosive si le gouvernement ne réagit pas efficacement dans les plus brefs délais. Au delà de l’augmentation du prix  du sac de farine de blé, ce sont tous les prix des denrées de premières nécessités qu’il faut cibler. Toute augmentation doit être concertée avec les partenaires sociaux avant son application. Aucune décision unilatérale ne peut être tolérée dans un pays de droit. Surtout lorsque cette décision touche les populations les plus faibles, l’état doit légiférer pour favoriser leur protection.  Nous demandons au ministre d’ouvrir le  dialogue visant  à susciter une certaine compréhension parmi la population, en lui expliquant ce que les pouvoirs publics font pour réduire les prix – et ce qu’ils ne sont pas en mesure de faire. Le tableau récapitulatif exhaustif  de certains produits qui subissent des flottements inacceptables (2) de prix montre à quel point le phénomène de la vie chère dans les grandes villes du Congo est à la limite de l’acceptable. A moins que de vouloir jouer avec le feu, le ministre doit prendre les mesures qui s’imposent. A-t-elle les moyens devant l’omniprésence du clan du Président dans toutes ces affaires ?

Le ministre du commerce ne doit nullement ignorer que négocier avec la Minoco relève plus de la mission impossible que de la gestion partenariale. Ce désarroi professionnel vient du fait que la Minoco a généralement le sentiment de n’avoir aucun droit à la négociation.

L’action salvatrice du ministre du commerce serait de mettre fin au monopole de la Minoco tout en sachant que la concurrence finira par réguler le marché de la farine.

…………………..


(1). groupe américain Seabord Corporation est propriétaire de la Minoco , société anonyme au capital social de 200 millions de francs CFA.
(2). Congo-Brazzaville : Bilan en trompe œil n° 2.  www.dac-presse.com

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