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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

09 Dec

Comment prôner le changement ?

Publié par Berijc

« Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge. » CHURCHILL (Winston)

 

Dans un pays ouvert vers un monde en perpétuelle mutation, la notion de gouverner ensemble dans la transparence à laquelle nous restons profondément attachée est une dimension plus que jamais prioritaire. Le Congo n’a jamais été une nation repliée sur elle-même. Le plus souvent elle s’est faite remarquer par son ouverture aux autres, c’est le cas actuellement par l’accueil des milliers des congolais démocratiques qui fuient les tensions post-électorales dans leur pays. Le Congo a toujours eu foi en ses valeurs nationales d’unité et par son ambition de bâtir un pays où la paix et la poursuite des idéaux de développement sont les vrais moteurs de son existence. Les vingt dernières années sont marquées par des conflits de tous genres pouvant donner prétexte à ceux qui pensent que le vouloir vivre ensemble ne peut être réalisable dans notre pays. Les guerres civiles, le sectarisme, la montée de l’exclusion, la dépravation des valeurs, la mauvaise gouvernance, tous ces maux qui aujourd’hui placent le citoyen congolais dans l’incertitude le poussant à adopter une attitude de repli sur soi qu’a celle de croire en l’avenir.

Pourtant les raisons d’y croire sont multiples, car le Congo n’a jamais été un rassemblement de communautés juxtaposées mais une nation cohérente qui tire sa force dans sa capacité à œuvrer ensemble. Pour cela, il nous faut transcender nos peurs, nos doutes, nos différences et activer nos compétences pour relancer cette nouvelle vision d’un Congo tourné vers la recherche et l’amélioration des conditions d’existence de toutes ces filles et tous ces fils.


Rejeter le système actuel et prôner le vivre ensemble.


Ce qui est blessant aujourd’hui c’est de constater que les gouvernants actuels sont transformés en marchands de tapis tissant le mensonge comme recette pour écouler les produits avariés. Il  est vain de nier la réalité qui accable chaque jour les congolais. C'est la répartition inégale des richesses entre tous les citoyens. Le système sassouiste que nous ne cessons de dénoncer a érigé au sommet de l’état la course au profit en ne produisant aucun effort. Dans cette quête incessante de l’argent facile, l’homme politique s’est dévoyé dans la corruption et dans l’achat des consciences reléguant au second plan ce à quoi il a été élu. On a fabriqué des ventriloques politiques qui passent leur journée à vanter un pouvoir rejeté par la majorité des congolais. Peu importe, on n’est pas récompensé au mérite. La transparence et la notion du résultat ne faisant pas partie des prérogatives de ce système qu’il n’est pas surprenant que le pays s’enfonce un peu plus chaque jour dans les abîmes d’une médiocrité contagieuse. Les maux dont souffrent le Congo aujourd’hui, nous les héritions de ce gouvernement défaillant, indigne mais surtout corrupteur à tous points. Aucun des projets d’investissement votés depuis 14 ans n’a été entièrement mené à terme sans qu’il y ait plusieurs rééchelonnements d’investissement nouveau. Notre dette a été augmentée de plus 5000 milliards ces dix dernières années sans que la situation sociale des congolais ne s’améliore. Les auteurs de cette catastrophe économique sont connus, certains sont mêmes cités par la commission de lutte contre la corruption.


Mais ne soyons pas dupes, il est prouvé que les auteurs et les accusateurs se partagent, dans les salons feutrés de Brazzaville, les sommes d’argent usurpées au congolais. Notre pays est devenu, au cours des ces dernières années, un champ clos d’affrontements ou de revendications personnelles pour s’octroyer plus de richesses. Cette dérive qui est la marque de fabrique du sassouisme conduit gravement au renoncement des valeurs qui fondent notre pays. Ce système a vendu notre liberté à des sociétés industrielles étrangères sous formes de « fausses licences » d’exploitation de nos ressources sans une consultation préalable du peuple souverain. Ce pouvoir a mis en place une société atomisée, gouvernée par des pitres distribuant des droits comme des aumônes dans laquelle chacun n’aurait plus qu’à se donner la peine de vivre égoïstement. On se satisfait de voir les siens et les amis vivre dans l’opulence au détriment de toute une population laissée à l’abandon.


Il se trouve qu’il existe d’autres acteurs que le Congo privilégie aujourd’hui, les acteurs qui œuvrent pour une société responsable s’appuyant sur des solidarités et la mise en commun des compétences. Ceux–ci basés sur l’exemplarité et l’équité prônant ainsi le retour d’une société humaine, cohérente, unie qui privilégie le partage de la richesse au détriment de l’opulence de certains. Sans une démocratisation maîtrisée, le Congo court le risque de perdre le lien sacré qui l’associe au peuple. Pour cela il faut une alternance mesurée, préparée, et apte. Les élections ne doivent pas se résumer à une compétition de leaders désirant gérer notre « démocratie ». Mais bien l’avènement au pouvoir des individus mettant en avant la construction d’une société responsable et créative en conjuguant ensemble au présent la bataille de l’instruction, de réduction des dépenses, pour punir les fraudeurs, pour assainir la fonction publique des emplois fictifs, pour combattre la corruption et les privilèges enfin pour prôner un état digne avec les autorités exemplaires et décents. Respecter l’état c’est se respecter soi-même.

Il nous faut donc nous regarder en face sans complaisance et surtout sans hypocrisie en reconnaissant nos insuffisances, nos erreurs pour rétablir le pays dans le droit chemin. Le vivre ensemble doit se traduire par une nouvelle manière de concevoir la pratique de l’activité politique qui, pour beaucoup, est aujourd’hui le tremplin de l’enrichissement illicite et personnel ce qui est contraire à la notion de servir le peuple.

C’est justement dans ce contexte qu’il nous faut un éveil d’une nouvelle génération.


Osons le changement pour donner une chance au Congo


L’éveil d’une nouvelle génération jusqu'alors « apolitique » est la preuve d’une prise de conscience majeure qui gagne sans cesse les citoyens congolais. Au fond, les congolais se posent, de manière sereine, la question suivante : La situation actuelle du pays exige t-elle un changement profond ?

Il n’est point besoin d’être académicien pour s’en rendre compte que la détérioration du tissu social congolais est plus qu’alarmant. Le besoin du changement se pose donc avec acuité. Il faut changer les habitudes, les idées en particulier renouveler cette classe politique qui dans un élan d’interchangeabilité a reproduit les mêmes erreurs. L’opposition actuelle est difficilement crédible parce que bons nombres de ses membres ont servi ou continuent à mettre les pieds à l’étrier à l’actuelle fossoyeuse classe dirigeante. Certains sont même prêts à se donner en spectacle au prochain dîner des cons appelé concertation. Il est clair que l’opposition comme la classe au pouvoir ne pourront pas arriver à crédibiliser une nouvelle concertation si l’on exclut toute cette nouvelle génération de cadres qui œuvre depuis des années à redynamiser le pays.


Le vrai changement se fera sur des bases simples de fédéralisme axé sur la construction d’une démocratie humaine et transparente. Qu’on agisse seul ou dans le cadre d’une alliance, le dialogue ou concertation politique, peu importe le terme, devrait d’abord donner lieu, pour le gouvernement, à une appréciation des contraintes et à l’acceptation de la nécessité d’un changement politique.

Il n’est plus acceptable que l’on puisse de nos jours incarcérer les gens sur le simple mobile d’une protestation contre la corruption des membres de la mairie de Pointe-Noire. Le cas de notre compatriote Amedé Deleau Loemba relève d’un abus de pouvoir insupportable. Construire notre démocratie, c’est donner à la classe politique les moyens de respecter le droit.


Les autorités congolaises actuelles refusent de suivre le cours des flots alors que la population leur montre la chute qui se profile à l’horizon. Ce manque de cohérence issue d’un mutisme politique est suicidaire. Les exemples n’en manquent pas de nos jours pour l’étayer. Il apparaît de plus en plus évident que le changement se fera sans eux. Le danger qui guette le pouvoir actuel, en raison de l’attitude de son obscurantisme, est justement de rester aveugle aux bouleversements sociaux et ainsi ne pas être en mesure d’affronter les crises. Car aujourd’hui, il ne faut plus chercher à contraindre l’incertitude ni encore à la réduire en silence, mais plutôt il faut apprendre à l’intégrer dans le processus évolutif des mentalités. Ceci en fournissant aux populations les moyens d’en réduire les effets sur leur insécurité. Cela passe par une libéralisation de la presse, l’adoption des mesures sociales équitables. Encore faut-il, pour ce faire, que les autorités aient affronté leur propre insécurité résultant du contexte actuel plutôt que de se réfugier derrière les paradigmes traditionnels, claniques et mercantiles qui dépravent leur vision. Ainsi donc « Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge. » CHURCHILL (Winston)

 

Jean-Claude BERI

www.dac-presse.com

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