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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

28 Dec

BMA : Justice ou spectre de la violence ?

Publié par Berijc

 

Si la cour  de cassation de Paris autorise définitivement la poursuite et la condamnation des auteurs congolais des BMA, les va t-en  guerre, hommes de mains du clan SASSOU et autres barbouzes  brandissent de nouveau le spectre du retour a l’instabilité, à la politique de la terre brulée bref à  la guerre civile. Cette idée amène de nombreuses personnalités issues de la majorité présidentielle actuelle à demander l’annulation de ce probable  procès  pour préserver la paix. Peut-on se permettre de monnayer notre liberté, notre conscience, les sacrifices des milliers de personnes et notre  soif de justice pour une fausse paix ?

 

Est-il possible de se dire un seul instant que notre tranquillité, notre équilibre social, notre unité nationale, serait sacrifiée sur l’autel d’une prétendue menace contre notre soif de justice ? Plusieurs hommes politiques d’oppositions qui avaient proclamé haut et fort leur volonté de voir aboutir cette plainte, s’abstiennent de se constituer partie civile pour préserver semble-t-il la paix retrouvée. La réunion organisée,  par les sages du Clan SASSOU,  le week-end du 27 Novembre 2010 prévue semble t-il pour préparer la fête de fin d’année s’est orientée plus sur la riposte   adéquate à opposer (contre) à la mise en route du probable  procès contre les BMA. D’aucuns diront que ces rencontres devenues  régulières traitent des problèmes familiaux au sein du clan SASSOU. Toujours est-il que  les manœuvres  observées ces derniers jours  à TSAMBITSO laissent  à penser qu’il n’y aurait pas de fumée sans feu. De même les tractations en cours actuellement entre les membres de l’opposition à Brazzaville et ceux du RMP ne présagent rien de bon sinon la négociation d’une vaste opération de cooptation et de corruption pour acheter les consciences avant les fêtes de fin d’année. La présence de certains d’entre eux (membres de l’opposition) à l’intronisation de Mr SASSOU NGUESSO au rang de grand Maître de la loge de Brazzaville tend à confirmer ces informations.

 

Le problème que pose cette approche  est qu’elle laisse l’injustice prévaloir sur la justice  au nom d’une apparente stabilité qui serait retrouvée. Le permis de voler, de détourner, de corrompre, de priver le peuple de ses biens  serait ainsi politiquement, voire socialement, accordé à qui voudrait, quand il voudrait et quelle que soit la raison d’user de sa position pour appauvrir le peuple.  Et ce quelle que soit l’identité du pilleur  ou celle de la victime. C’est loin du changement qui se traduirait par une amélioration. Bien au contraire, les injustices sociales soulevées par ces affaires sont apparues insupportables au plus grand nombre, la question de rétablir la justice et le droit de réparation fait aujourd’hui un consensus. La situation actuelle n’est donc pas soutenable. Les hommes du pouvoir proposent une remise à plat en enterrant cette question des BMA et en retour proposeront une hausse significative « des salaires pour 2011. Ce qui nous conduirait à retrouver le schéma semblable actuellement ou les riches pilleurs seront de nouveaux plus riches que le bas peuple. Ou est la justice dans ce contexte ? Cette soif de justice gagne les cœurs des congolais, mais pas  ceux des dirigeants qui se sont dévoyés. Les populations locales continuent à se poser la même question, à savoir où passent les milliards que génèrent les sacrifices de leur effort. D’autant plus cette fameuse paix dont on nous rebat les oreilles (vante tant) n’est qu’illusion. La disparité sociale entre les congolais est  de plus en plus grandissante. Peut-on réellement parler de paix lorsque la majorité de la population fait face à un grand désordre social  qui la condamne (le clouant) à la politique du pilori, sacrifiant ainsi  notre devise national : l’Unité, travail, Progrès ? Romain Rolland ne disait-il pas «  Quand l’ordre est injustice, le désordre est déjà un commencement de justice. » (Le théâtre du peuple)

 

Comment peut-on admettre laisser une telle situation perdurer ? Lorsqu’on sait que le SMIC congolais (49.996 FCFA environ) constituant le salaire moyen d’un 1/3 des congolais exerçant une profession ne permet pas à ces derniers  de vivre décemment. Le BIT (bureau international du travail)  en collaboration avec le PNUD (programme des nations-unies pour le développement) ont suggéré dans leur rapport de 2009 une revalorisation du Smic de certains pays pauvres. Certains pays ont d’ores et déjà suivi cette recommandation, c’est le cas du Gabon dont le Smic est porté aujourd’hui à 150.000 FCFA environ. Ceci pour lutter contre la progression de la misère et de la pauvreté au travail.

Serait-il normal qu’au Congo-Brazzaville les personnes trop faiblement rémunérées et qui sont de plus en plus exposées à un risque élevé de se retrouver au chômage et en grande difficulté sociale continuent d’accepter (de voir) que d’autres s’enrichissent illégalement sans être inquiétées le moins du monde ?

 

Cette soif de justice n’est pas négociable, c’est une redistribution équitable de ce qui est dû au peuple congolais (qui a été soumis  depuis 1996 au gel) qui est réclamée. Vouloir opposer cette aspiration à vivre sainement avec son salaire contre une volonté manifeste de l’en priver par des intimidations de tous genres  n’est pas acceptable.  Dans son allocation du 15 aout, à l’occasion de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance,  Monsieur  Denis Sassou Nguesso, l’a pourtant bien reconnu et promis un rehaussement du SMIC congolais au 1 janvier 2011. Nous n’osons croire à une promesse électorale faite juste pour apaiser les esprits et faire ainsi bonne figure devant la communauté internationale.

 

Personne ne peut se réjouir si une  telle annonce à rehausser le niveau de vie des congolais ne se concrétisait.  Aussi, il serait inadmissible de renoncer à notre soif de justice, nous serions perçus dans le vaste monde comme faisant partie d’une zone noire sans Etat de droit, ayant acheté la paix et la sécurité au prix de la soumission et de l’ignorance. Notre vie serait telle la cendre qui couvre les braises, calme comme un cimetière mais sans confiance dans l’avenir. Nous serions en outre considérés comme des menteurs, des personnes qu’on ne peut jamais prendre au sérieux.

Notre  hostilité envers les antivaleurs, l’absence d’une démocratie ne serait-il que le  moyen de fuir les réalités, les responsabilités et les conséquences ? Dans ce cas, plus besoin alors d’accuser des exploitants extérieurs (chinois, français etc.) pour “nuire à notre image, à notre économie ”, car nous serions nous-mêmes  dégradés parmi les peuples civilisés et responsables qui se battent pour vivre dans la vérité si nous cédons à  cette odieuse machination deshumanisante.

 

Notre combat préconise la recherche des conditions rendant possible le fait de vivre chez soi en gagnant sa vie. Pour ce faire : Nous soutenons cette plainte sans restriction aucune. Mais exigeons également de la justice congolaise d’ouvrir une enquête sur les fortunes de nombreux politiques congolais afin d’établir la provenance de ces richesses qui suscitent tant d’interrogation. L’objectif est de réparer les injustices faites au peuple congolais par une nouvelle répartition de la richesse produite. La nécessité de construire des rapports équitables qui mettent en avant les notions de rigueur, d’économie, d’exemplarité pour contrer à l’avenir les attitudes permissibles qui favorisent la corruption organisée.

 

  JCB

 www.dac-presse.com 


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