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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

01 Mar

04 mars 2012 – 04 mars 2013 : Un anniversaire dans la désillusion et l’abandon

Publié par Berijc

«Il ne faut pas s’y tromper, malgré les signes extérieurs de la démocratie derrière lesquels il se camoufle - multipartisme, élections, Assemblée nationale -, c’est un régime dont la colonne vertébrale est militaro-policière, la direction bonapartiste et le comportement autiste. Imbus de l’arrogance du vainqueur, ses dirigeants estiment que le pouvoir leur est dévolu et qu’ils n’ont de comptes à rendre à personne.» Emmanuel Dongala


Dans le concert de désillusions de ce 1er anniversaire de la catastrophe du 04 Mars 2012, quelques blessés et des familles de victimes de l’irresponsabilité d’une oligarchie aveuglée par le pouvoir agonissent à petit feu devant l’inertie ambiante d’une réalité devenue quotidienne. Mères et sœurs éplorées, photos de martyrs en main, jeunes en colère qui partent à l’assaut des grilles de l’Assemblée, récits poignants de jeunes en souffrance, de parents toujours dans l’ignorance des responsables de la mort de leurs fils , mères, femmes, sœurs, etc, c’est un spectacle quasi rituel mais qui témoigne de la lenteur des autorités pour régler un problème pourtant prioritaire.


La part d’ombre du pouvoir de Brazzaville


On leur a promis de faire la lumière sur cette inexcusable tragédie, c'est-à-dire un procès équitable. On leur a servi une litanie de mensonge où les hautes institutions judiciaires brillent par une justice complaisante et complice en protégeant l’appareil sécuritaire pourtant sur lequel repose aujourd’hui tous les regards soupçonneux. Comment accepter qu’un gouvernement puisse laisser perdurer une situation où la mère handicapée, le vieux fragilisé par les séquelles des blessures, le jeune devenu aveugle avec sa canne réclamer, faire la ronde des administrations pour faire valoir ses droits les plus basiques ?


Des indemnisations ont été proposées, mais elles auraient aussi donné lieu à des détournements, des falsifications... A ce jour, certaines familles n’auraient toujours pas perçu l’indemnisation de 3 000 000 F Cfa promise par le gouvernement. Si, par contre, certaines familles ont été indemnisées, il est à souligner que les commerçants et tous ceux qui entreprenaient des activités lucratives n’ont rien perçu comme indemnités.

La reconstruction des habitations qui peuvent l’être n’a pas encore commencé. De nombreuses familles vivent dans des tentes à côté des décombres. Des ombres hostiles rôdent toujours au milieu des décombres.

Loin de nous l’intention de polémiquer sur les chiffres contestables dévoilés par le gouvernement dans son dernier conseil des ministres expliquant que le gouvernement aurait déployé les moyens importants pour subvenir aux besoins des victimes. Dans ce genre de situation, il ne s’agit pas de faire peu, mais d’agir en conséquence, d’utiliser toute la puissance administrative et financière de l’ Etat pour réparer au maximum ce qui doit l’être. On nous a annoncé par les voies officielles que la prise en charge des victimes serait optimale et les indemnisations atteignant les 90% des victimes. Ce qui parait contradictoire avec la réalité observée sur le terrain entraînant une bataille de chiffre sur la souffrance des victimes. Le Gouvernement qui avait promis « venir à bout et ne pas en faire l’économie dans la réparation des suites de ce sinistre, muselé par la toute puissante épicerie clanique s’est brillamment illustré ces derniers mois dans les faits accablant de vols et détournements. On a la nette impression que le gouvernement et l’épicerie clanique se sont lancés dans une course effrénée à l’enrichissement. Si l’on s’amuserait à faire les comptes voici ce que l’on pourrait retenir depuis le début de l’année : (*)

 

 

Si la véracité de tous ces faits se confirmait y auraient-ils encore des congolais qui croiraient à l'intégrité morale voire à la rationalité de nos hommes politiques ?

Ce serait un euphémisme de dire que les congolais doivent s’évertuer à combattre la grande prédation, la corruption et le pillage des fonds publics étalés au grand jour. Notre pays est gouverné par une véritable catégorie de personnes qui n'a d'autres projets que l'enrichissement personnel. Cette perception a traversé les frontières du Congo poussant la presse étrangère à se délecter de cette série digne du feuilleton « Dallas » mais à la sauce sassousite. Selon les révélations faites par le journal Charlie Hebdo n° 1071 (du 26 décembre 2012), Christel Sassou Nguesso aurait détourné 18 tankers de pétrole et « ce dernier a bien contracté 3 contrats d’assurance-vie pour ses 3 enfants respectivement âgés de 8, 6 et 4 ans, dont le montant total s’élève à 695 millions FCFA… Julienne Sassou Nguesso et son mari Johnson, ont acheté un hôtel particulier de Neuilly d'une valeur de 5,57 milliards FCFA.

En plus les valeurs réelles des autres biens du clan tels la société Maritex de Mme Antoine Sassou Nguesso aux Seychelles (alors qu’elle n’est pas fonctionnaire) sans oublier les multiples appartements, villas et hôtels particuliers en France. Et que dire des multiples entreprises gérées çà et là par les enfants Nguesso – toujours d’après le même article - »

Plusieurs autres cas de dilapidation spectaculaire de nos deniers ont fait la une des médias. Il y a eu Okombi Salissa Ministre à l'époque des faits, qui s'était fait voler plus de 900.000.000 frs Cfa cachés dans son jardin à son domicile de Lékana; Emile Mabondzo, également Ministre à l'époque des faits, lui se faisait voler 400.000.000 frs Cfa dans sa maison près de l’aéroport par son domestique en complicité avec sa tendre épouse pire encore, un haut fonctionnaire du ministère des finances tua son jardinier qu'il accusait de lui avoir volé plus de 75.000.000 frs. Ces faits sont connus de tous. Malgré tout, aucune sanction n'a été prise pour les coupables. Des ministres qui dissimulent des sommes énormes dans leur jardin à croire qu'ils n'ont pas confiance aux banques...

Alors, n'allez surtout pas crier à la manipulation. Personne n'en veut à Pierre Ngollo, simplement son comportement n'étonne personne puisque le leitmotiv de nos dirigeants politiques c'est de s'enrichir plus que la vitesse du son car demain ce sera trop tard.


Le népotisme éhonté du clan Sassou


Les faits cités ci-dessus sont indubitablement la preuve que ce pouvoir clanique, véritable caste, ne vise qu’à maintenir le peuple Congolais dans la dépendance, l’obscurantisme et la paupérisation.

L’action corrosive et très dévastatrice, menée en arrière-plan, par des cercles mafieux Congolais, composés d’individus occupant des hautes fonctions de l’État, est une réelle menace pour le Congo. Ces malfrats qui sont de véritables délinquants financiers annihilent et laminent tout espoir de développement du Congo. (1)

Est-il acceptable d’un côté nous ayons des personnes (victimes) dont le déficit en besoins vitaux allant croissant et de l’autre côté des autorités dont la priorité reste l’enrichissement illicite ? C’est la question que tout congolais se pose aujourd’hui. Sans pour autant verser dans la diffamation et ni la calomnie nous aimerions pourtant comprendre comment la république puisse manquer d’argent pour secourir « quatre cent familles qui sont, depuis que les pluies de fin d'année ont détruit leurs logements, logées dans l’enceinte de la maison commune du 1er arrondissement de Brazzaville, Makélékélé. Il ne faut pas oublier les nombreuses autres familles qui presque un an après les explosions du 4 mars 2012, vivent encore sous la tente dans les décombres de ce qui fut leur quartier. » Congo-déchainé.


Mais le plus dramatique pour nos compatriotes c’est de constater que ces camps sont transformés en des sanctuaires d’insécurité et des violeurs. Déjà traumatisées par l’explosion qui a dévasté une partie du quartier Mpila, et le 5e arrondissement le 04 mars 2012, des femmes, des adolescentes et même des fillettes sont victimes de viols dans les camps. Faute de sécurité et de forces de l'ordre, les violences faites aux femmes et notamment les agressions sexuelles se multiplient dans les camps. Les organisations humanitaires ont commencé à tirer la sonnette d'alarme depuis le mois de novembre dernier. Livrés à eux–mêmes les sinistrées subissent des actes répréhensibles dans ces camps dépourvus d’éclairage et de sécurité.


Les autorités alertés de ces faits réagissent que timidement. Ceux qui se font arrêter sont libérés aussi rapidement qu’ils étaient pris.


Dans son dernier conseil des ministres du 27 février 2013, le gouvernement a brillé par l’étalage d’un chapelet de promesses dont on sait pertinemment qu’il ne les tiendra jamais. Il nourrit le peuple d’illusion, de rêves irréalisables.

Jusqu'à quand allons-nous faire subir de telles humiliations à nos compatriotes ?

La nation devra demeurer solidaire, généreuse et digne d’estime dans toutes les épreuves. L'équité commande de dire que tous les maux du Congo trouvent leur origine dans les défaillances des hommes au sommet de la hiérarchie notamment dans la mauvaise gestion des finances publiques, la corruption, la gabegie les détournements et le mauvais emploi des ressources publiques par le clan au pouvoir.

Depuis quelques années, ce pouvoir népotique et clanique fait savoir au peuple que le Congo a des excédents budgétaires, véritable contraste au regard l’état de pauvreté, du chômage long des Congolais et de l’insalubrité de nos villes.

Jean-Claude BERI, Contact@dac-presse.com


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1 – Extrait de la déclaration de l’ARD du 23 février 2012 :


(...) Le président de la République Denis Sassou Nguesso a fait du Congo sa propriété privée et le gère comme une épicerie familiale. A la tête de tous les grands corps d’ Etat, et particulièrement dans les domaines des Finances, de l’armée, de la gendarmerie et de la police, il ne place en priorité que ses parents, les originaires de son village natal, de son district, de sa région d’appartenance, de son ethnie. La familialisation et l’éthnisation de l’ Etat sont devenues, aujourd’hui, les deux piliers d’une gouvernance hasardeuse et mafieuse.

Pour s’en convaincre, il suffit de passer en revue un à un, tous les grands corps d’Etat. A ce sujet, la liste dressée par le Collectif des partis de l’opposition congolaise dans sa déclaration du 28 décembre 2012, intitulée « message à la nation », déclaration publiée sur Internet, est édifiante. Citons : « Chef d’état-major général, Commandant de la gendarmerie nationale, Directeur général de la police nationale, Directeur général de la surveillance du territoire, Secrétaire général du conseil national de sécurité, Délégué général aux grands travaux, Président-directeur général de la SNPC, Directeur général du trésor, Directeur général des douanes, Directeur général des impôts, Directeur général du budget, Directeur général de la CCA, Directeur général du port autonome de Pointe-Noire, Directeur général de la CRF, Directeur général de la CNSS, Directeur général de l’ONEMO, Directeur général des institutions financières, Directeur général de la SNE, Directeur général de SNDE, Directeur général du CHU, Directeur général de la télévision, Directeur général de Radio-Congo, Recteur de l’université Marien Ngouabi ».

Les récentes nominations des généraux au sein des forces armées congolaises (FAC) et de la police, confirment cette tendance générale. Sous le règne du président Denis Sassou NGuesso, sur près de 60 généraux, 50 sont originaires de la partie septentrionale du Congo et près de 40 appartiennent à l’ethnie du président de la République. Dans sa déclaration citée supra, le Collectif des partis de l’opposition rapporte les commentaires d’un diplomate européen au sujet des nominations de généraux par le président de la République en ces termes : « A ce rythme, le président Denis Sassou Nguesso ne tiendra plus ses réunions avec le haut commandement militaire qu’en langue maternelle, c’est-à-dire en Mbochi».

(*)

AUTEURS

SOMMES SUPPOSÉES DÉTOURNÉES

LIEUX, DATES ET ACTIONS

Sassou NGuesso, Julienne dite Juju,

8 Millions euros (en espèces) sans compter le prix des apparts en cours d’évaluation

13 février à Neuilly, France, perquisition (en cours)…

Ninelle Sassou Nguesso

Estimation 1 villa 487.000 euros.

13/02/2013, XVIème arrondissement, Paris, perquisition en cours

Edgard Nguesso

Estimation 2 villas 900.000 euros.

13 février, XVIème arrondissement, perquisition (en cours)

Claudia Sassou Lemboumba

Estimation 4 appart. 3.200.000 euros

13/02/2013, XVIème arrondissement, , perquisition (en cours)

Denis Christel Sassou

Estimation 1 appart. 520.000 euros

13 février, XVIème arrondissement, perquisition (en cours)

Maurice Nguesso

Estimation 1 appart plus 1 million d’euros

13 février, VIII ème arrondissement, perquisition (en cours)

Antoinette Sassou Nguesso

Estimation 1 appart 329.000 d’euros

13 février, XVII ème arrondissement, perquisition (en cours)

Présidence de la république

Vol de 240 milliards

Palais présidentiel février 2013

Ministère des forêts

Disparition de 520 millions

Bureau du ministre Henry DJOMBO

CCP ou MOUNGALLA GATE

Détournement de 200 millions

Ministère des postes et télécommunications

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