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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

24 Mar

Congo-Brazzaville : Qui sommes-nous pour donner des leçons au peuple congolais ? Privilégions l'essentiel.

Publié par Berijc

Congo-Brazzaville : Qui sommes-nous pour donner des leçons au peuple congolais ? Privilégions l'essentiel.

 

Lorsqu’on trahit la mémoire des pères de notre indépendance on peut tout trahir. Lorsqu’on trahit ses propres morts par des tractations égoïstes  on ne peut reculer devant rien pour ses intérêts personnels. Ceux qui ont honte de nos ancêtres et de nos morts sont une indication de ceux sur qui nous ne pouvons baser l’espoir de la renaissance d’un Congo uni.

 

L’intérêt de changer de logiciel pour poursuivre la lutte contre la dictature installée au Congo est évident et incontestable. Le déclic de certains opposants transfuges a échoué , pour l’heure,  à libérer le Congo du joug dictatorial. D’un côté on critique leur inorganisation et de l’autre certains n’ont pas vraiment couper les ponts avec leur ancien maître ainsi que ses pratiques récusables. Dans ce contexte peuvent-ils encore représenter une alternative crédible ? Surtout, au stade où en est la société congolaise, seul le levier politique désinfecté  permettra d’opérer des changements structurels – de ceux qui permettront de transformer le système politique congolais dans le sens d’une prise en compte de l’intérêt du peuple congolais.

Nous nous battons pour retirer le pouvoir des mains d’un seul homme,   seulement d’un autre côté nous nous organisons à le remettre dans les mains d’un autre ayant aussi un passé très critiquable en faisant croire à un véritable changement populaire. Cela est insupportable et inadmissible.

Remettre le peuple au centre du jeu démocratique  requiert de régler la question des pouvoirs du chef de l’État, du rôle des parlements nationaux, des prérogatives du pouvoir judiciaire, des moyens d’expression des citoyens au-delà du vote, etc. Cela impose une certaine exigence d’équité et des fortes vocations d’exemplarité.

Or, certaines officines parisiennes s’attellent à fabriquer un chef selon leur propre paradigme et veulent l’imposer au peuple congolais  comme étant le seul atout pour sortir le Congo de l’abîme actuel. Ce qui est certainement injuste mais surtout illusoire ou utopique pour prétendre rassembler un peuple divisé depuis une trentaine d’années. Nous avions l’impression de revivre le cuisant échec de l’ERRDUN avec le FROCAD-IDC-J3M. Sans en avoir une boule de cristal la mayonnaise FROCAD-IDC-J3M ne prend pas et certainement ne prendra peut-être jamais car le virus est déjà dans le fruit. L’histoire, seule juge des temps,  nous éclairera demain.

Nous sommes aujourd’hui devant un dilemme qui ne peut pas  se résoudre par des fanatiques d’un côte et de l’autre par des illusionnistes utopiques politiques qui croient détenir la solution. Ce n’est pas dans les salons feutrés de luxe parisiens que l’homme d’État ou l’homme providentiel sera décrété pour venir s’installer sur un fauteuil présidentiel semé d’épines venimeux. L homme de demain doit être, un homme sain et débarrassé de toutes casseroles nauséabondes.  A force de dire au peuple congolais telle voie est la meilleure et telle autre est la pire ne trahissons-nous pas là, la sagesse d’un peuple qui a combattu durant des millénaires la colonisation ? Ce n’est pas non plus en faisant des selfies avec le plus puissant des hommes politiques français  que la situation du Congo sera réglée. Depuis cinquante ans que cette démarche a été un échec cuisant et surtout très pernicieux pour l’épanouissement des congolais. Pour la bonne et simple raison que le français est là pour le français et croître la crédibilité de la France dans le monde . Point barre. Que ceux qui continuent à leur lécher les bottes sans exiger une fusse qu’une contre partie se rendront bien compte de leur naïveté. Le Congo doit apprendre à se battre par lui-même avant d’envisager autre chose par d’autre personne.

En tant qu’intellectuel notre responsabilité dans cette attitude est engagée en voulant actuellement interférer dans ce qui devrait être de l’ordre du jugement du peuple congolais seul.  Notre combat contre Sassou a été bradé pour un bout de pain mal garni par ses propres fils présumés éclairés, supposés le protéger alors qu’ils mettaient tous en avant leur égos démesurés

D’autres qui se proclament dans tous les salons de luxe parisiens détenteurs de la science infuse vont très vite déchanter . Ces mêmes hommes éclairés ont débattu , organisé des réunions , meeting et conférences de presse pour quel résultat ? Beaucoup d’entre eux ne sont que des éternelles girouettes gouttant le caviar et le miel en même temps selon les saisons. On a trahi LISSOUBA pour servir aujourd’hui ceux qui ont favorisé sa déchéance. Lorsque la main qui vous nourrissait tarit on quitte le navire et on devient opposant et ce sont ces gens qui aujourd’hui courent dans toute la France en se faisant passer pour des  hommes intègres en distribuant des grades de traîtres, espions , infiltrés , « nguirisés » oubliant qu’ils sont passés eux-mêmes des maîtres en la matière.

L’histoire est là pour en apporter la preuve que  les intellectuels qui sont ceux qui partout dessinent l’architecture et l’invention d’un quelconque système politique  en écrivant par exemple des projets de société, des actes d’alliances, des scénarios de divisions etc, ont tous démissionné de leurs responsabilités. Ce sont eux les premiers qui se sont engouffrés dans les offres mercantiles insolentes pour écraser l’émergence  d’un Congo réellement libre tirant ainsi le pays vers le bas.

Ces intellectuels qui s’agitent sur la place de Paris en donnant des leçons a tout un peuple ne sont plus ou moins que des  déserteurs d’un nouveau genre, souvent très instruits. Ils ont pour beaucoup contribué au champ  de ruine  qu’est le Congo aujourd’hui. Ils se battent pour avoir encore un terrain de jeux ou ils exerceront leurs talents en matière d’idées farfelues venus d’ailleurs .

Lorsqu’une simple idée d’une mise en place d’une commission réconciliation et vérité est émise, ces mêmes intellectuels crient à la trahison et à l’abandon. Préférant la guerre. Mais personne ne les voient au devant de la scène. Alors SVP respectons ce peuple qui se bat a main nue. Des phrases du genre " les laris sont des traitres, des fanatiques, des idiots...." qui polluent les réseaux  sociaux en ce moment sont loin de crédibiliser notre action. Ce peuple a déjà beaucoup donné et peut-être donnera encore plus dans les mois a venir pour ce combat il a besoin d'être soutenu et surtout encourager. Ce que fait KOLELAS n'est pas imputable a tout le POOL encore moins tous les Mbochis ne sont responsables des délires enfantins de SASSOU.Sachons faire la part des choses.

Pourtant cette idée n’est qu’un rappel de notre tradition congolaise qui puisse son essence dans la recherche de  la paix. Son moteur est la recherche absolue de l’harmonie entre les membres de la société. C’est une tradition de dialogue et de pardon.

C’est ce qui explique que malgré les torts causés par OKOMBI SALISSA, MOKOKO Jean Marie, Parfait KOLELAS, Claudine MUNARI et beaucoup d’autres  j’ai toujours souhaité que le peuple congolais ne développe pas  le moindre sentiment de vengeance et même pas de haine à long terme. Autrement aucun de tous ces leaders ne serait apte à diriger le Congo. Cette tradition à laquelle je reste profondément attachée ne professe pas l’éthique, elle est éthique et morale.

C’est pourquoi je pense que nous intellectuels , surtout ceux de la diaspora française,   soyons modeste et imbue d’une grande  humilité devant le peuple congolais qui , du matin au soir, a les mains dans le cambouis. Et au peuple congolais en particulier la jeunesse de se préparer à reprendre son destin en main, parce que leurs aînés  surtout les intellectuels ont lamentablement failli même là où on n’avait pas besoin de cerveau pour avancer.

Ainsi pour citer Macky Sall  "Je crois en une Afrique qui pense et agit par et pour elle-même", a soutenu le président sénégalais, ajoutant que le continent africain "a besoin d’écrire son discours par elle-même et pour elle-même".  Et j’ajouterais toute vérité dite par une certaine diaspora congolaise de Paris n’est pas une vérité d’église. C’est souvent teintée d’une forme de manipulation politicienne dans le but de vous détourner de la vérité. La vraie vérité c’est celle que vous vivez au quotidien en étant au contact direct avec les faits et donc plus habileté à tirer les leçons pour l’avenir.  Et a nous intellectuels œuvrons pour centrer le débat sur la nécessité de la démocratie et sur les obstacles à surmonter pour en faire un objectif réalisable et un processus irréversible et non dans une course poursuite a qui perd gagne.

 

Jean-Claude BERI

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