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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

05 Aug

NKOUNKOU BAUDRY, un homme consensuel et à la force tranquille

Publié par Berijc

NKOUNKOU BAUDRY, un homme consensuel et à la force tranquille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Est-il si étonnant de savoir que le Sport, qui requiert endurance, esprit d’équipe et force intérieure sont des qualités dont Mr NKOUNKOU BAUDRY s’est approprié comme ligne de vie ? Cet homme discret mais pas effacé , social mais pas  égocentrique, ayant la main sur le cœur , sans doute une vestige de son éducation catholique sous la bienveillance du Cardinal BIAYENDA, n’est plus à présenter dans la communauté Congolaise de  Lyon.

Il s’est installé dans cette historique et vivante  ville de Lyon,  il y a une vingtaine d’année. Son dévouement et son implication pour « le vivre ensemble » n’est plus  à démontrer. Décoré par l’ État Français de la Médaille de BRONZE  d’Actes de Courage et de dévouement de la nation française  pour avoir porté secours  à  une femme âgée  (70 ans) des eaux du Rhône.

Ancien capitaine des Diables-rouges ( Cadet, juniors et espoir) d'Athlétisme , NKOUNKOU BAUDRY, sans en éprouver une fierté démesurée, a su trouver sa place dans le travail.  Artisan économique et citoyen engagé dans les œuvres caritatives, il nous livre,  aujourd’hui pour la première fois,  ses impressions sur l’actualité congolaise.

 

DAC PRESSE :  Bonjour Mr NKOUNKOU BAUDRY en dehors de ce que nous avions mentionné ci-dessus  qu’avez-vous  à dire à nos lecteurs  pour mieux vous présenter ?

Je suis à né Brazzaville il y a une quarantaine d’année et j’ai poursuivi mes études à KINKALA puis à Brazzaville. Après être sacré Champion de Saut en Hauteur du Pool ( 1980-1985) ,  j’ai intégré le CENTRE NATIONAL D’ENTRAINEMENT DES ATHLÈTES. Pour la suite de mon parcours  et mes formations, je préfère le garder pour moi pour des raisons de sécurité. Sachez juste qu’à la veille de la Conférence Nationale Souveraine,  j’ai été envoyé en France.

 

DAC PRESSE : Vous aviez été un grand champion du saut à la perche congolais, quel regard portez-vous sur le sport congolais ?

Le sport et les cultures sportives qui l’accompagnent sont devenus, en un peu plus d’un siècle, un genre commun, un idiome mondial et l’un des mécanismes les plus efficaces et les plus rapides de diffusion des pratiques et des organisations internationales que l’humanité ait jamais connu.

Les années 70-80 ont été , a mon sens les plus belles années du sport Congolais. Tous les sports ont été crédités d’un excellent palmarès. Rappelez-vous des Diables rouges ( football)  de 1974,  dans ma discipline , tout le monde se souvient des Mig congolais, (relais 4x100 et 100 m) . Il y a eu également les diables rouges hand-ball  particulièrement , l’équipe féminine. Celle-ci a su porter haut les valeurs du sport congolais en  défendant  ensemble leurs intérêts communs et d’unir leurs savoir-faire. Et ce n’est donc pas étonnant que  ces femmes de valeur aient pu remporter de 1979 à 1985  quatre Coupes d’Afrique.

Mais tout ceci est derrière  nous, le sport congolais est devenu l’ombre de lui-même. Plusieurs experts ont longuement dressé le bilan amer de ce qu’est devenu notre sport. Il n’ y a pas que l’absence des moyens et infrastructures qui font défaut mais également un total abandon de l’éthique et une vision politique cohérente  de nos gouvernants. Prenons l’exemple , sous sommes présentement à près de quelques semaines  de l’organisation des jeux africains de 2015, la  génération des vieux sportifs qui devrait s’atteler a véhiculer le message de sensibilisation et de détection de sportifs sont plus portés vers  la poursuite des intérêts égoïstes. Et ce malgré l’allocation des budgets énormes  qui leur ont été attribués depuis 2 ans par le ministère des Sports. les sportifs ne sont pas prêts , lC’est tout cela qui contamine le sport congolais

Mais nous gardons espoir car notre pays regorge des jeunes talentueux qui ne demandent qu’un bon encadrement pour  apporter du sang neuf au sport boitillant congolais. Et de récrire encore de belles pages de l’histoire de sport congolais dans les prochaines années.

DAC PRESSE:  Il se passe en ce moment à Lyon les Championnats du monde d’athlétisme MASTERS,  nous savions que vous étiez en préparation de ces championnats mondiaux pourquoi cette non participation ?

Ma préparation s’est bien déroulée durant quelques mois . Je me suis isolé les week-ends en Haute Savoie prés d’Annecy pour compléter cette préparation. Malheureusement, je me suis blessé au genoux, un problème de ligaments a stoppé net ma préparation il y a deux semaines. j'encourage mon ami Mouanda jean marie Vianney qui représente le Congo à la longueur .

 

DAC PRESSE :  Vous avez quittez le Congo depuis fort longtemps , vous n’avez pas le mal du pays ?

Tout Congolais aimant son pays , a un moment ou autre, a toujours le mal du pays. Tout être humain est angoissé dans une situation qu'il ne contrôle pas. En arrivant dans un nouveau pays, on a l'impression qu'on ne maîtrise presque rien, on ne sais pas par où commencer. C'est vrai que c'est la personnalité ou la culture de chacun qui font la différence.

Chaque personne qui se trouve face à cette situation va essayer de retrouver son équilibre, et pour cela; il faut qu'il trouve ses repères, mais pas forcément les mêmes que dans son pays d'origine. Pour moi, un repère c'est une identité façonnée par le temps et l'espace. c'est ne pas être déboussolé dans la société, au milieu de l'inconnu et l'incertitude. C'est connaître ton passé et l'utiliser comme une balise parmi tes repères, vivre ton présent et l'utiliser comme le repère éminent et être conscient de ton futur qui pourra être un autre repère.

On à pas besoin d'un seul repère, mais plutôt de plusieurs repères. c'est comme la cartographie, plus tu utilises plusieurs repères, moins tu es perdu.. c'est ça le but du repère dans la vie

 

DAC PRESSE : Nous savons que vous avez des relations particulières  avec le milieu politique français,  seriez-vous prêt à vous engager en politique, au Congo,  après avoir passé une brillante expérience sportive ?

Personne ne connaît son destin s’il est écrit que je serais appelé par les sirènes de la politique , je pense que je ne m’y échapperai pas. Et je ne serais pas non plus un cas isolé. Les exemples du genre foisonnent la société. Nous devons commencer par revenir à l’essentiel en politique , particulièrement pour le Congo-Brazzaville : C’est le respect des DROITS HUMAINS. Je vous invite à relire la Déclaration des Droits de l’Homme du 26 Août 1789

 

DAC PRESSE : Le Congo , aujourd’hui vit des moments tendus suite au projet de modification constitutionnelle "souhaitée" par le Président de la république, pensez-vous que cela soit une bonne chose  de toucher à la loi fondamentale ?

A ma connaissance , a moins que l’information m’est échappée, le Président SASSOU NGUESSO n’a dit qu’il modifierait la constitution. Même si le débat est engagé par le PCT,  dont il est le Président,  si cela s’avérait être le cas , je ne crois pas que cela soit une très bonne idée. Je m’inscris dans une logique citoyen et constructif pour permettre à notre pays de dépasser les pesanteurs de clivages annihilant toute réflexion positive. J’en invite les congolais à œuvrer pour une politique de qualité, exorciser de querelles partisanes et aveugles. Et cela passe par le respect de ce qui fait de nous une nation qui a des lois et qui navigue dans le concert de l’humanité avec des valeurs et  des droits a faire valoir. Violer ces lois ne serait pas un bon signe donné au monde ,  je dirais même que ce serait une régression. Il faut que le congolais sache que le PCT n’a pas le monopole du débat constitutionnel ni encore moins le garant de la bonne gouvernance. Les exemples qui en disent le contraire sont nombreux.

 

DAC PRESSE : Selon vous quels seraient les solutions à entreprendre pour éviter que les congolais s’entredéchirent sur cette question de changement ou non de la constitution ?

Pour moi quand un peuple doute , le chef de l’Etat doit envoyer un message fort au Congolais, montrer sa volonté. Il doit manifester son désir de garantir la paix sur la base des principes posés par la constitution autour des valeurs qui lui sont chers et qui constitue la nouvelle base de « vivre ensemble » et surtout a un an de la fin de son mandat .

Nous savons tous que certains groupuscules se sont érigés le monopole de la violence comme moyen d’intimidation et de terroriser  les populations dans un but inavoué de conservation de pouvoir. Tous ces stratagèmes politiques  qui sont apparu depuis un an au Congo n’augure rien de bon pour le Congo. Le PCT utilise une arme idéologique utilisée contre le peuple congolais. On ne peut réconcilier une nation avec les menaces et les achats de consciences. C’est là que devrait intervenir le Président de la république pour garantir la paix. Son silence pose un réel problème de démocratie étant le garant de l’unité nationale. Les solutions sont donc politiques pour aplanir les contentieux graves qui minent la bonne gouvernance.

 

DAC PRESSE : Le Congo a-t-il besoin d’un sang nouveau pour redynamiser la vie politique ternie par les affaires de corruption , de favoritisme ?  Ou seriez-vous partisan de cette maxime qui dit « Que l’age n’a rien avoir en politique seules les idées novatrices comptes » ?

Être jeune ne signifie nullement détenir la science infuse. Au Congo il y a des jeunes politiciens qui sont plus  perfides que les vieux . C’est pas un argument politique ni encore moins un sésame pour gravir les échelons de la vie politique. Ce qui compte c’est la force des idées et des propositions innovantes. Or cela n’est pas seulement l’apanage des jeunes. J’aspire , pour ma part , être assez conscient et responsable pour donner du crédit au renouvellement de la classe politique lorsque la nécessité l’impose. C’est vrai que notre pays a trop longtemps usé de la politique immuables et souvent déconnectée de la réalité. Il est inconcevable  de constater qu’aujourd’hui il y ait des ministres qui ont 30 ans d’exercice et souvent a des postes clés qui nécessite une adaptation permanente des mentalités et surtout du modernisme galopant.

Pour conclure la dessus , je dirais que lorsque les congolais uniront leurs compétences et le savoir faire dans tous les domaines , cette question générationnelle  s’effacera d’elle-même. Nous devons apprendre à redistribuer nos compétences selon la méritocratie des uns et des autres. La vraie question réside , à mon sens,  la dessus. Comme le disait Marien Ngouabi, « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut » Mais jamais il n’a dit «  jeunes prenez la place des vieux ».

 

DAC PRESSE : Votre mot de fin.

Les crises de gouvernance actuelle résultent en général du déséquilibre  et de rupture de cohésion. Un seul homme ne doit pas détenir la parole et imposer ses vues autres  Comme on l'a vu récemment à SIBITI ( encore une occasion ratée) . Tout doit être inscrit dans une logique de respect scrupuleux de la loi dans une vision sans faille du bien-être du peuple. Cela doit interpeller l'actuel Président. C'est le message des forces vives auquel je m'inscris pleinement.

 

Merci à DAC PRESSE

Propos recueillis le 5 Aout 2015

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