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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

30 Aug

Denis Sassou Nguesso proche de la corbeille que du panthéon de l’histoire congolaise

Publié par Berijc

Denis Sassou Nguesso proche de la corbeille que du panthéon de l’histoire congolaise

 

Il y a des fins de règne qui inspire la dignité, la fierté ou encore qui exprime la grandeur d’homme d’Etat. Notre histoire en regorge des exemples significatifs.  A titre d’exemple, Mandela : « Voilà l’homme du siècle. Il ne savait pas si bien dire, car l’ancien président sud-africain occupe désormais une place à part dans les annales de l’histoire des chefs d’Etats au pouvoir. Cet homme qui a de la dignité à revendre est non seulement un homme d’Etat qui a construit une nation en l’espace de quelques années mais qui a pu aussi franchir tous les obstacles dressés devant lui pour imposer sa vision réconciliatrice d’une Afrique du Sud multiethnique.» Nelson Mandela, homme d’État du siècle : http://www.alterpresse.org/spip.php?article15638#.VeFWh5cvlMg

Ou encore récemment Goodluck : « Je crois que la manière dont il (Goodluck) s’est retiré de cette compétition en félicitant le président Buhari et en demandant aux nigérians de considérer que c’est la victoire du peuple nigérian qui a su faire des élections démocratiques et transparentes, malgré des actes terroristes vécus par les nigérians ces dernières années, démontre la grandeur de l’homme d’Etat ». APA.

Sassou Nguesso, un dictateur honni par les Congolais

Il se trouve que l’homme qui se prend pour idole Mandela ou encore qui se prend pour le « Pharaon congolais » est loin d’écrire ne fusse que deux lignes dans l’histoire congolaise. Que retiendront les populations congolaises du pouvoir de Sassou ?  Est-ce l’homme qui a unifié le Congo ? Est-ce le président qui a pacifié le Congo ? Est-ce le président qui a inscrit le Congo dans la course au développement économique ? Est-ce le Président  qui a  bâtit sur du roc l’unité du Congo ? Est-ce le Président qui a mis l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ? Est-ce le président qui a réduit la fracture tibalo-regionaliste ?…

De toutes ces présidences accumulées de 1979 à nos jours (à l’exception d’une rupture de cinq ans de juillet 1992 à octobre 1997) soit 32 ans de règne, ces gouvernances Sassou ont réduit un pays aux multiples ressources en miettes. Nous ne pouvons ni l’ignorer, ni l’omettre de reconnaître la gravité des conséquences d’un tel acharnement militaro-politique contre son propre peuple. Nous devons nous prémunir aujourd’hui contre l’influence illégitime et régionalo-clanique que le complexe militaro-industriel des Sassou tente d’acquérir, ouvertement ou de manière cachée.

Le Congo, pays producteur de pétrole, a constitué pour Sassou Nguesso une sorte d’obsession et la personnalité de ce dernier un objet de haine. Coup d’état après coup d’état, assassinat après assassinat, destruction après destruction, le peuple congolais a essuyé sous les gouvernances Sassou toutes les guerres et tous les fléaux possibles et imaginables : l’assassinat d’Alphonse Massamba-Débat, dont la dépouille reste introuvable, certainement réquisitionnée pour des besoins fétichistes.  L’assassinat de Marien Ngouabi dont le corps repose désormais sur ses terres à Owando, extirpé du mausolée où il a été longtemps profané. La mort du premier Cardinal Congolais Emile Biayenda, enterré vivant pour des besoins sataniques et occultes visant à assouvir la soif de pouvoir de Denis Sassou Nguesso.  L’accident de Mvoungouti (5 septembre 1991 - plus de 100 morts - les familles des cents passagers tués dans cet accident et les blessés n’ont toujours pas été indemnisées) dont la fameuse « main noire » qui aurait causé cet accident reste introuvable.   Coup d’état sanglant ayant entraîné une guerre civile fratricide  en 1997 où le dictateur Sassou proclamait sa victoire sur un tapis imbibé du sang des Congolais. L’explosion du 04 Mars à Brazzaville (plus de 300 morts, 2.300 blessés et environ 14.000 sans-abris) dont nombreux attendent toujours d’être indemnisés. La liste est longue sur les massacres dont l’ombre de Sassou plane et planera toujours sur ceux-ci.

Denis Sassou Nguesso est exécré par les Congolais. Même ceux qui profitent du « système politique sanguinaire (gestion patrimoniale et clanique du Congo) et de pillage des ressources nationales » le honnissent. Mais tous se taisent, écrasés par la peur. Peur de perdre des privilèges et un confort certain, pour les uns. Peur d'être empoisonnés, tabassés, arrêtés arbitrairement, envoyés en prison sans jugement ou après un procès à la manière des bolchéviques, torturés, pour les autres.

Seule une poignée des Congolais des partis politiques de l’opposition, de la Diaspora et des défenseurs des droits de l'homme et de la société civile parviennent à s'escrimer, à dénoncer les horreurs de ce régime sanguinaire, barbare et pilleur des ressources du pays, à tenter de faire connaître au monde le vrai visage du Congo-Brazzaville sous Denis Sassou Nguesso : gestion familiale et clanique de l’Etat, clientélisme, libertés confisquées, presse muselée, corruption, inégalités, justice instrumentalisée, passeports confisqués, interdiction aux opposants de sortir du territoire national, tabassages en règle, courrier Internet détourné, domiciles mis à sac, locaux professionnels cambriolés ou encore campagnes d'insultes ordurières, en particulier à l'égard des femmes.

Au sein du PCT, parti minoritaire au pouvoir, les contestataires qui osent attirer l'attention sur le « triste sort » du Congo sont  « obligés de la boucler » pour pouvoir manger et éviter « les représailles d'une dictature des plus féroces en Afrique centrale ».

Denis Sassou Nguesso a su imposé aux Congolais par les armes et la terreur le règne de l’arbitraire. Quiconque se rebiffe s'expose à des représailles de tous ordres, des plus violentes aux plus mesquines. Seulement le peuple congolais sans jamais plier le dos, avec une chape de plomb imposée par un régime cynique, comme si, ayant bu à la mort avant la mort, il détienne une puissance de résurrection inconnue chez le dictateur qui croit surfer sur le peuple éternellement en niant l’évidence.

Sassou Nguesso incarne un pouvoir sourd, aveugle et cynique

Le pouvoir de Mpila fait subir quotidiennement aux Congolais des compagnes de haine contre les membres de l’opposition, prétextant qu’ils ne sont pas pour la paix au Congo. De telles campagnes de haine de la part de la presse de caniveau, à l'initiative du Palais de Mpila et de l'inamovible conseiller à la communication, âme maudite et fille de son père de président : Claudia Lemboumba Sassou Nguesso.

Le pouvoir de Sassou Nguesso multiplie les entraves au bon fonctionnement de l’opposition, de peur que le régime sassouïste soit mis à nu. Ainsi, entre soumission et révolte, la société congolaise oscille. Mais le système Sassou, pousse actuellement à l’extrême un savant mélange de clientélisme et d'intimidation.

La colère et la frustration grandissent au sein de la population congolaise à qui l'on a promis la prospérité et les libertés après le coup d’Etat d’octobre 1997. Alors que le clan d’Oyo fait des affaires au Congo et à l’étranger – sociétés pétrolières, hôtels, immobilier, téléphonie, transports, banques... - et s'accapare les richesses du pays, le Congolais enrage d'être exclu du système.

Au fil des ans, tout lui paraît de plus en plus insupportable : Rationnement quotidien de l’eau potable et de l’électricité, pénurie répétée du carburant, vie chère et difficulté de joindre les deux bouts du mois, vie indécente, le chômage, les bas salaires, les passe-droits, le racket des petits fonctionnaires et des commerçants (des policiers, douaniers, agents du fisc, du commerce, de la mairie notamment), les innombrables indicateurs, l'obligation d'adhérer au parti au pouvoir le PCT ou ses satellites, pour bénéficier d'un emploi, d'une bourse, d'un petit « nguiri »... Le ressentiment augmente, mais il met du temps avant de l'emporter sur la peur.

Face à un régime politique de Sassou Nguesso sourd, aveugle, voire cynique, les Congolais commencent à arracher leur espace des libertés, mettent à nu ce pouvoir cynique et s’interrogent sans se cacher.

Toujours sous les gouvernances de Sassou, les Congolais sont-ils fiers de boire de l’eau du robinet souillée ? Les congolais sont-ils satisfaits de vivre de délestages en délestages sans pouvoir avoir un contrôle sur leur quotidien immédiat ? Avec la dépravation des mœurs observées tant sur le plan social que sur  le plan de l’intégrité morale de l’homme politique congolais,  les congolais se sentent-ils respectés dans leur dignité ? Pas besoin de revenir sur le mal de Sassou Nguesso au Congo sur lequel beaucoup d’articles ont été déjà publiés à ce sujet.

Toutefois, nous restons estomaqués d’apprendre que chez certains Congolais, il puisse jaillir l’idée d’inscrire le nom de Sassou Nguesso au panthéon de l’histoire congolaise. Hormis tout fanatisme, ou tout esprit malfaisant,  ça serait un blasphème à la mémoire de nos ancêtres dont nombreux n’ont même pas de tombes pour les honorer en posant une gerbe de fleurs.

Si on devait faire honnêtement une comptabilité macabre de la gouvernance Sassou, on retiendrait sans équivoque une gouvernance sans partage, elle est à n’en point douter et sans faire de la concurrence victimaire que tragique et destructrice pour le peuple congolais. Sassou est et restera un dictateur qui ne s’embarrasse pas de solutions expéditives. Ceux qui s’opposent à son projet funeste de changement de constitution en subissent déjà les conséquences les plus lourdes. Sous la gouvernance Sassou,  tout congolais est presque placé sous un système d’espionnite généralisé en contrôlant ses moindres faits et gestes.

En réalité la situation, sous Sassou, est plus que jamais dangereuse. Le pays demeure profondément meurtri, sans vraiment s’en rendre compte. Les haines tribales sont remises au goût du jour dès lors que le pouvoir de Sassou est menacé et surtout lorsqu’on parle de l’alternance démocratique en juillet 2016. Appliquant la politique bien connue : «diviser pour régner». Sassou enlisé dans sa politique incohérente et clanisée active sans cesse l’épouvantail de la guerre civile pour se maintenir au pouvoir. Ceci en divisant même ce qu’a le plus cher les congolais : la famille.

Sassou en morcelant la société congolaise s’est pris à son propre piège. Il ne peut ni reculer ni avancer sans  prendre le risque de  livrer définitivement le Congo au chaos. Jouant au pompier-pyromane, Sassou joue sur le particularisme des uns et des autres avant de s’en offusquer hypocritement aussitôt après. Trop tard : la boîte de Pandore est aujourd’hui grandement ouverte et le pays est au bord du chaos, s’il se lance dans son opération funeste de referendum et de changement constitutionnel.

Si le Congo avec autant de richesses, notamment pétrolières, minières et forestières ne prend pas les précautions nécessaires en allant de plus en plus vers l’unité dans le respect de l’autre et des institutions, une répartition équitable des richesses nations dans tous les départements du pays,  un schéma de partition de fait,  qui est une idée pour le moment absurde, trouvera sa raison d’être dans les mois à venir. Les Congolais refusent catégoriquement d’être dirigés par une famille jouissant des biens de la République dans des fastes indécents.

A quoi bon se dire être tous Congolais puisqu’ils existent des Congolais qui seraient au-dessus des autres.

Sassou s’est lui-même refusé d’entrer dans l’histoire congolaise. Car de tout son règne, il n’a été que domination et soumission. La sassouïsation, cet idéal délirant d'ordonnancement du Congo, de mise en fiche de l'identité congolaise est vouée d’avance à l’échec.  Sassou rejetant l’idée de prendre sa sortie par la grande porte des grands hommes. Seulement,  L’histoire ne se décrète pas, il est simplement le récit des évènements vécus ou passés. Or dans ce récit précis de Sassou, il y a beaucoup d’évènements qui irisent les poils des Congolais.

La tendance serait que Sassou soit plus proche de la poubelle que du panthéon congolais de l’histoire.

Nous voilà avertis.

Jean-Claude BERI contact@dac-presse.com

Denis Sassou Nguesso proche de la corbeille que du panthéon de l’histoire congolaise
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