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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

05 Jun

Congo-Brazzaville : 05 Juin 1997 – 05 Juin 2015, 18 ans que la jeune démocratie congolaise fut bâillonnée et assassinée

Publié par Berijc

 

Il y a 18 ans, la jeune démocratie congolaise subissait la pire des violations. En effet, notre démocratie a été mise à nu et torturée dès le 5 juin, puis, assassinée et enterrée le 15 octobre 1997 suite au coup d’État qui a ramené au pouvoir l’actuel Président, Denis Sassou Nguesso.

Depuis, ce dernier a présenté aux yeux du monde une image tronquée que sa victoire conquise en saignant le peuple congolais est une victoire politique. Mais cette victoire sur le peuple est continuellement contestée à l’occasion des échéances pseudo-démocratiques de 2002, 2007, 2009 et en 2012. Ce qui confirme que notre démocratie est bâillonnée par un parti qui tente d’imposer son hégémonie par des voies autres que démocratiques.

En accédant au pouvoir par un coup d’État sanglant et meurtrier, Denis Sassou Nguesso a fait asseoir son pouvoir en usant des moyens odieux et répugnants pour les Congolais : maintien des populations dans la terreur grâce à une police, une milice ou une armée au service exclusif du pouvoir, arrestation, détention et emprisonnement arbitraires, exécution sommaire sans aucune forme de procès, prévarication sur les biens publics, corruption, le clientélisme, le vol et l’impunité généralisés, le népotisme, détournement ou captation des revenus économiques par appropriation ou surtaxation, élections truquées assurant aux affidés de ce pouvoir meurtrier leur réélection quasi-automatique.

 

 

Depuis 18 ans le peuple congolais vit cet affront à la démocratie les pieds et mains liés par la terreur et l’utilisation des diktats comme mode de gouvernance. Un peuple qui, malgré son refus et son rejet du pouvoir,s’est vu imposer des pseudos concertations sensées réguler la « démocratie et la vie politique congolaise ».Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer l’organisation biaisée de ces dernières. Beaucoup y voient une parodie savamment orchestrée par le gouvernement pour redonner du souffle à un pouvoir mis aux abois qui récuse l’un des fondements de toute démocratie à savoir l’alternance démocratique.

Les années passent et le fossé d’inégalités entre les congolais se creuse de plus en plus. Le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué, le 1er juin 2015 à Brazzaville, que près de la moitié de la population congolaise croupit dans une grande pauvretéPour cette institution financière, ce résultat non seulement compromet la bonne gouvernance économique du pays, mais aussi et surtout ternit l’image du Congo qui aspire à devenir pays émergent à l’horizon 2025.

Le morcellement de notre société en caste des nantis et des opprimés est une réalité que nous n’approuvons guère. Les congolais sont plus pauvres, plus démunis qu’il y a dix-huit ans. Pourtant, le Congo n’a jamais été aussi riche qu’il l’est actuellement.

En 18 ans, le clanisme politique érigé en mode de gouvernance a désorganisé la société congolaise et la catastrophe socio-économique que traverse notre pays est favorisée par un clientélisme affairiste. Lorsque les procédés d’intimidation et de privation de liberté ne laissent aucune place au dialogue, lorsque les vieilles méthodes staliniennes des faiseurs de fiches, de surveillances et écoutes personnelles sans mandats judiciaires refont surface, s’opposer devient un moyen démocratique  pour  dénoncer la « sassouïsation » du Congo qui a atteint un tel degré qu’une grande majorité des congolais sont offusqués et redoutent une confiscation généralisée du pouvoir.

 

Depuis 18 ans, Denis Sassou Nguesso a mis en place la montée officielle d’une tribu, d’un clan au rang d’une force dominante. Cette tribu et ce clan, qui se considèrent comme les conquérants du Congo depuis le 15 octobre 1997, qui torturent ou emprisonnent ceux qui osent s’opposer à ce diktat, versent « le sang des autres » sans le moindre état d’âme et ceux qui qui arrivent à survivre sont réduits à assumer un rôle de quémandeurs des « bienfaiteurs » de la République. Ils se servent de tous les moyens de propagande et des médias d’État pour faire croire aux Congolais qu’il n’y a que Denis Sassou Nguesso, le « faiseur de paix, bâtisseur infatigable », qui doit diriger le Congo. Tous les autres congolais ne sont que des loubards de la République.

Mais qu’à cela ne tienne, les indicateurs économiques et sociaux prouvent que ce pouvoir et ses affidés ont lamentablement échoué mais n’osent pas accepter leur échec. Le taux de morbidité infantile, la pérennisation des délestages d’électricité et d’eau, l’absence ou la mauvaise qualité de l’eau potable, l’absence de structures de santé modernes, la baisse du niveau scolaire des élèves et étudiants, l’insalubrité dans les villes du pays, la paupérisation des congolais, l’augmentation continue du chômage sont là pour témoigner que depuis 18 ans que ce pouvoir clanique ne s'est pas seulement trompé de prévision : il se trompe de politique économique et sociale. D’année après année, le bilan du chômage s’alourdit faisant de ce pouvoir un pouvoir du chômage et de la pauvreté.

En 18 ans, sous Denis Sassou Nguesso, le Congo est devenu une République « Bananière ». Son pouvoir a fait une véritable vidange de sens et de contenu à cette démocratie bâtie après la Conférence Nationale Souveraine de 1991. Et une répudiation de celle-ci s’installe de force dans notre pays. Résister et s’opposer devient alors un devoir national.

 

En 18 ans le pouvoir en place a plombé les institutions en les gangrénant, avilissant, prostituant par une corruption généralisée. Il y a là quelque chose de très manipulatrice, de confuse, de chaotique, d’inefficace, d’injuste et de domination aveugle, alors que le peuple attendait exactement le contraire : clarté, respect, efficacité, lisibilité, justice et équité. Sans changement et pratiques institutionnels et modification de la loi électorale existante, s’engager dans ce pseudo dialogue, est une stratégie périlleuse ne garantissant nullement un résultat transparent ni encore moins  une démocratie saine.

Seulement qu’on ne s’y trompe pas, l’échec actuel de notre démocratie et la faiblesse grave de notre économie ne sont pas imputables aux congolais, c’est l’échec, d’un pouvoir, d’un clan, d’un gouvernement moribond, d’une politique hasardeuse et semée d’antivaleurs symbolisée par Sassou Nguesso depuis le 5 Juin 1997.

Ainsi on peut le proclamer que c’est un anniversaire qui sera encore célébré sur un paillasson ensanglanté du sang et la misère des congolais.

 

DAC

Congo-Brazzaville : 05 Juin 1997 – 05 Juin 2015, 18 ans que la jeune démocratie congolaise fut bâillonnée et assassinée
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