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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

20 May

Sassou tend le piège de la consultation guillotine à l’opposition

Publié par Berijc

 

Devant l’imbroglio et la cacophonie entourant l’annonce de l’ouverture des consultations avec des partis dits d’opposition et de la société civile décidée manu military par Denis SASSOU NGUESSO, plusieurs  interrogations mériteraient d’être soulevées.

 

Depuis hier, nous recevons des messages disparates qui nous reprochent d’un côté  d’être des opposants virtuels et de l’autre  des peureux manquant de courage pour affronter Sassou Nguesso en face et lui dire de vive voix, qu’il doit respecter les règles de l’alternance démocratique.

Des opposants qui fuient le débat par manque de conviction ou encore  des crève-la-faim qui ne souhaitent qu’à bouffer à leur tour. Tout y est de l’insulte à la modération, du sentiment d’incompréhension à l’appel à la sagesse. Pourquoi devrions-nous douter  du bien fondé de cet appel à la consultation nationale ?

Pour notre part, nous sommes des compatriotes qui estimons que c’est toujours autour d’une table (Mbongui)que se règlent les divergences et les conflits. Même les plus virulents. Cette requête  formulée depuis deux ans par des associations de la société civile n’a jamais reçu un écho favorable. Le dialogue entre Congolais est la mère des solutions contre l’extrémiste clanique qui nous a toujours été imposé. Depuis le début de l’année Mr Sassou a multiplié des effets d’annonce sur plusieurs medias et organes politiques (PCT) que notre loi fondamentale mériterait d’être révisée sur le fond alors qu’elle a été conforme depuis 13 ans. Pourquoi ne l’est-il plus aujourd’hui ? La réponse à toutes ces démarches a été un NIET CATEGORIQUE. Pourquoi devrions-nous aujourd’hui accepter une consultation de manière monarchique par un Président qui se croit tout permis, même le droit de ridiculiser tout un peuple par cette méthode arrogante de convoquer les représentants du peuple en moins de 72 heures.

C’est le signe flagrant d’un manque de volonté d’apaisement ou de véritable engagement dans un processus de dialogue constructif. L'état de la nation, selon notre loi devrait se faire devant les représentants du peuple, c’est-à-dire le parlement convoqué préalablement en Congrès. A l’issue de cette déclaration solennelle, on pourrait esquisser une quelconque rencontre avec les partis politiques, associations  et société civile pour conjurer les différends.

Il se trouve que cette manière cavalière de recevoir individuellement « les opposants » et les dirigeants des organisations de la société civile sans les prévenir à la base présage, sans risque de se tromper,  une manipulation savamment orchestrée  par les officines sassouïstes prêtes à corrompre à tout va ceux qui se laisseront piéger par cette énième mascarade de consultation.

Les dés sont bipés d’avance. De quoi va-t-il nous entretenir ? Qui peut nous dire l’ordre du jour de ces consultations ? Au lieu de torturer vos méninges à imaginer qu’il va vous proposer le débat sur la tenue d’un pseudo dialogue ne serait-il pas plus simple de le dire plus clairement ?

Que ceux qui rêvent que nous allons vers une deuxième conférence nationale bis sont des naïfs incurables. «SASSOU nous a tendu quatre fois le même piège : Celui du Dialogue. Il en a maquillé le contenu d’une substance mielleuse qui a fini par séduire bon nombre d’opposants sans convictions. L’opposition congolaise doit savoir qu’il existe pourtant une situation qui, sans être la « meilleure » du moins nous assure de ne pas nous résigner au pire. Le PCT ne va rien céder sans un rapport de force. Nous ne ferons pas l’économie d’une épreuve de force, et il faut s’en convaincre et s’y préparer afin d’en tirer le meilleur parti. Nous n’avons pas à le redouter. Ce sera l’occasion de remettre à plat l’architecture du dialogue de la dernière chance. » (1)

Formulée de cette façon, cette rencontre individualisée laisse transparaître le mépris que Sassou Nguesso témoigne envers son peuple. C’est à se demander s’il a vraiment des conseillers. Cette rencontre divise les congolais qui sont majoritairement contre le projet de changement de la constitution. Le communiqué de la présidence dit clairement "consultation individuelle". C'est à dire parti par parti (ce qui s’entend que les partis n’auront pas à consulter leur base). Même en étant mongolien on sent de loin le stratagème visant à fragiliser les revendications de l’opposition.

Sassou en est conscient aujourd’hui que son gouvernement bis remplis de conseilleurs véreux bardés de titre pompeux de conseillers à la présidence n’est en réalité qu’un ramassis de ventriloques, des aboyeurs, des ruminants stupides. Pour nous, ce n’est pas une meilleure idée de le laisser à quelques mois de la fin de son dernier mandat monter au créneau avec une idée aussi stupide. « S’estimant encore puissant et vénéré comme un Dieu, SASSOU NGUESSO a cru bon, écouter les conseils de son clan, qui depuis le début de l’année lui a demandé de susurrer le Dialogue au sein de la classe politique pour tenter encore une nouvelle fois d’acheter les consciences et faire passer sa philosophie destructrice par un consensus biaisé d’avance. Seulement, c’était sans compter sur la clairvoyance des femmes et des hommes qui ont conçu la stratégie de la noyade dans son vomi. » (1) 

C’est incroyable que les gens puissent imaginer que seul Sassou peut éternellement diriger le Congo ? Pourquoi le PCT ne pense-t-il pas à organiser des primaires qui désigneraient leur candidat aux élections de 2016 ?

Franchement le PCT doit faire ses états généraux après Sassou. Posons-nous une question simple pourquoi l’opposition céderait-elle la queue entre les jambes aux caprices d'un président qui manifeste clairement la volonté de faire une entorse à la loi fondamentale qu'il a pourtant juré de respecter et de protéger ?

Le temps du dialogue est désormais derrière nous et devant celui de l'organisation d'une alternance apaisée. Ceux qui iront à cette rencontre seront mis devant leurs contradictions, leurs incohérences et subiront la loi du peuple. Le Congo n'a pas besoin d'un homme providentiel qui décide seul  de tout et pour tout, mais aspire à la paix dans un pays rassemblé  et unifié.

 

Nous savons également que beaucoup sont dans l’optique de s’y rendre à cette invitation comme les partis suivants : Convention nationale des républicains (CNR) du président Fréderic Bintsamou, Convention nationale des partis républicains, Nicéphore Fylla de Saint-Eudes, Les partis du Centre conduits par Michel Bokamba Yangouma et autres.

Ce serait une erreur grave car les contours de cette rencontre ne sont pas clairement stipulés. Ce serait cautionner une forfaiture d’un président qui a eu tous les moyens entre ses mains pour faire du Congo un pays égalitaire et tourné vers le développement. Au lieu d’en faire un pays où les filles et fils du président sont des intouchables monarques imbus et détruisant tout.

Qui aime la paix et le bonheur du peuple  respecte la loi.

 

Jean-Claude BERI

(1) http://www.dac-presse.com/actualites/a-la-une/politique/2099-2015-03-14-18-50-09.html

Sassou tend le piège de la consultation guillotine à l’opposition
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