Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

29 Jan

Quand Sassou lance des fatwas aux membres du PCT hostiles au changement constitutionnel.

Publié par Berijc

 

"Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre ; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon." Matthieu 6 :24

 

On ne peut avoir raison tout seul contre tous. Pourtant, Denis Sassou Nguesso passe outre cet avertissement. Les grognements et autres mitraillages de son projet de modification constitutionnelle passe mal, comme d'ailleurs toute émancipation et toute tête qui dépasse sans son autorité. Longtemps ovationné dans les couloirs de la mangeoire PCTéiste, le leadership du dictateur provoque l'agacement ouvert de certains membres du PCT. Un homme seul, même nanti d'une légitimité démocratique contestée, ne peut pas prétendre être la seule source du pouvoir, le seul à décider en fonction de son bon plaisir et ou de sa vision prétendument supérieure des intérêts de son parti et de la république. Il faut reconnaître que la vision sassouïste est dépourvue d'un minimum de collégialité.

Denis Sassou Nguesso a toujours été partisan d'un pouvoir militaire fort et surtout porté par un élan coercitif et clanique. Pour lui, il faut que l'on sache que c'est lui qui décide. Cela a toujours été ainsi depuis son premier coup d'éclat ayant entrainé la mort du Président MARIEN NGOUABI (1). S'en est suivi l'éviction et l'enfermement du Président Jacques YHOMBI OPANGO et l'assassinat de la jeune démocratie congolaise issue de la Conférence nationale souveraine. Il s'inscrit donc dans une continuité ayant pour vision hégémonique de la gouvernance.

Il n'est donc pas surprenant pour les Congolais qui suivent tant peu les travers de la politique congolaise sousSassou qu'une espèce de fatwa soit lancée aux membres du PCT qui semblent désobéir au maître.

C'est dans cet esprit qu'il a réuni (sans plus se cacher d'ailleurs) quelques notables savamment choisis parce que malléables à merci  des plateaux qui lui sont encore fidèles (jusqu'à quand?) pour lancer l'injonction claire de tordre le cou à OKOMBI SALISSA. « C'est moi qui l'est fabriqué, s'il ne rentre pas dans les rangs, il rejoindra TSOUROU, vous êtes avertis. » En d'autres termes, cela veut simplement dire qu'André Okombi Salissa, à vouloir s'entêter à dire "Non de la Constitution", encourt le risque de subir le même châtiment que Marcel Tsourou. Comme vous pouvez l'imaginer l'avertissement s'adresse aux notables présents : FlorentNtsiba, André Obami, Célestin Gongarad Nkoua.

Depuis cette injonction crée des remous au sein de la fratrie PCT. Les militants proches de l'ancien ministre se seraient constitués en un groupe de frondeurs rejetant catégoriquement cette injonction. « Nous ne sommes pas des militants claniques tenus soigneusement en laisse et obéissant aveuglement. Le débat doit être contradictoire et les avis des uns et des autres doivent être respectés » dit un proche d'OKOMBI (Dont nous préférons taire le nom). Mais Sassou sait se montrer sec et cassant quand il le faut, surtout lorsque cela y va de son pouvoir. Il n'hésite pas à assigner à résidence surveillée les plus réfractaires des militants. Leurs déplacements sont surveillés à la Loupe comme c'est le cas de l'un des responsables du C.a.d.d (Convention pour l'action, la démocratie et le développement) en mission à Dolisie. Faut dire que ça commence à sentir le roussi au PCT. Tout ceci à cause d'un homme qui a opté comme modèle de gouvernance une police politique et l'armée. (2)

 

André Okombi Salissa

En finir avec André Okombi Salissa est devenue la leitmotiv qui anime Jean Dominique Okemba, Jean François Ndenguet et quelques extrémistes mbochis qui se sont réunis le 28 janvier 2015 dans la soirée pour arrêter une subterfuge qui permettra de mettre Okombi hors d'état de nuire au régime en place. Ainsi, des groupes de jeunes gens, pour la plupart désœuvrés, ont été ameutés pour semer des troubles à Brazzaville à l'issue du match Congo-RDC du samedi 31 janvier 2015. Les troubles qui s'en suivront, seront de ce fait attribués à André Okombi Salissa. L'arrestation de ce dernier sera ainsi justifiée à travers une opération militaire à Lékana où l'ancien ministre séjourne, entouré de quelques militants du C.a.d.d.

 

 

Dans le état d'esprit machiavélique et cynique, Denis Sassou Nguesso considère Parfais Kolélas comme un brebis égaré. Ainsi, la mission a été confiée à Bernard Tchibambéléla, Justin Koumba et Sylvestre Ossiala de négocier un hypothétique poste de premier ministre qui serait attribué au secrétaire général du MCDDI après la promulgation de la nouvelle constitution.

Mais nous savons tous comment finissent les dictateurs qui n'ont pas le sens de l'équilibre, l'existence de contre-pouvoirs forts. Ils sont souvent lâchés sans regret par ses pseudos fidèles dès que le sort des armes (qui est aujourd'hui la source principale de légitimité politique de Sassou Nguesso) s'est mis à tourner.

Nous sommes à la fin d'un sassouïsme déprimant et vomissant. Quel message peut encore porter un système qui avait tous les pouvoirs en sa possession et a choisi de servir une minorité clanique ? La balle est dans leur camp, seulement, la messe est dite. Les intimidations et les fatwas n'y changeront rien.

Jean-Claude BERI

(1) - CONGO: La marche vers la vérité sur les grands assassinats politiques

(2) - Le marketing politique et le cynisme de Sassou Nguesso

Quand Sassou lance des fatwas aux membres du PCT hostiles au changement constitutionnel.
Commenter cet article

Archives

À propos

DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).