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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

07 Feb

Une opposition de façade et divisée face au clan Sassou

Publié par Berijc

Le scenario de l'élection présidentielle congolaise de 2016 qui commence à se mettre en place, dévoile ses ingrédients qui n’apparaissent pas simple pour le commun des congolais.

Dans un pays pauvre et divisé, connu pour ses scrutins truqués et ses émeutes réprimées dans le sang, les arrestations, les intimidations, et des coups d’états à répétition, il fallait si attendre que le despote congolais Sassou Nguesso, l'homme fort du Congo pendant trente-six ans n’allait pas abdiquer à cause de quelques échauffourées. Au contraire cela lui a donné l’occasion de réussir ce qu’il sait faire de mieux : une riposte dans le sang pour marquer les esprits des congolais encore apeurés. Et l'opposition tétanisée se réveille en sursaut tentant de prendre la mesure de la situation mais Sassou a pris une longueur d’avance sur celle-ci qui apparait divisée par d'interminables querelles internes. La mise en orbite d’un pseudo groupuscule de partis dite d’opposition, ce 30 janvier 2014 baptisée pompeusement « l’Union pour la nation » en sigle UN est une énième manœuvre de Sassou pour tenter de contrer ce qui lui échappe : le contrôle du Collectif des partis de l’opposition congolaise, signataires de la déclaration du 17 août.

Nous voilà donc face à deux oppositions qui seraient irrémédiablement opposées entre elles à un Sassou qui tire toujours le premier dans la fourmilière.

« L’Union pour la nation », une opposition de façade.

Loin de nous l’idée de vouloir jeter l’opprobre sur ces patriotes qui se disent membre de cette nouvelle plateforme dite d’opposition. Ils se sont même chargés de le faire en pensant, comme le cafard qui s’enduit de poussière que le coq ne le remarquera pas. Ces partis susnommés: Ces partis signataires (le Must de Claudine Munari, le R.f.d de Joseph Hondjouila Miokono, Convergence citoyenne de Bonaventure Mbaya, la Jur d’Aurélien Brillant Miamissa, et le M.n.l.c de Mboussi-Ngouari), non seulement frisent la prostitution mais excelle dans le marchandage politique indécent. Une absurdité que Sassou manipule bien à l’endroit des faux partis d’opposition qu’il se targue de présenter comme les entités de paix. Ce n’est pas tant l’imbécilité de ces faux partis d’opposition qui choque mais plutôt leur déviation perverse tendant à enfermer la démocratie congolaise dans une logique de marchandage immonde.

De MUNARI MABONDZOT à Bonaventure M’BAYA en passant par Joseph Hondjuila MIOKONO, Aurelien Brillant MIAMISSA et Mboussi-Ngouari nous avons là tout simplement une belle fourchette «d’opposition nourrie à la table du roi ».

La position du parti politique dirigé par Claudine MUNARI MABONDZOT est ambigüe. Ce parti politique qui prétend être de l’opposition peut-il exprimer ses divergences et ses points de vue critiques par rapport à l’action du gouvernement moribond de Denis Sassou Nguesso dont Claudine MUNARI MABONDZOT est membre du collectif et participe à tous les conseils des ministres ?

Le Conseil des ministres est l’organe de la collégialité gouvernementale. Le Gouvernement est un organisme collégial. C’est une conséquence de la solidarité gouvernementale (chaque membre du Gouvernement assume les décisions de l’ensemble de ses collègues). Dès lors, il semble logique que ces décisions soient discutées et prises de manière collégiale. Chaque ministre est responsable de ses actes individuellement. Cependant, en tant que membre du Gouvernement, il est également responsable de sa politique générale. « Est-on ministre pour ne prendre que des décisions populaires qui ne satisfassent que l’égo de son clan et de son maître Sassou? Ou doit-on s’investir au service du peuple pour le servir et améliorer son quotidien ? (3)

Ce sont là des ingrédients « efficaces pour mettre en selle une démocratie de façade, à sens unique, une alternance verrouillée. » Une opposition du ventre. Bien évidemment, ceci est contraire à une certaine vision de la gouvernance qui est la nôtre. Cette ruée vers la mangeoire de Mpila ou d’Oyo, sacralise l’existence d’une opposition égoïste dépourvue d’un projet ou d’un idéal. Les seuls mots pour qualifier cette agitation politique signe d’une tension palpable au sein du clan au pouvoir sont : médiocrité, amateurisme, sadisme, indifférence, égoïsme, absence de vision à long terme, désir de boukoutage sans limite. « On est plus dans le respect des règles et valeurs qui fondent l'universalité de la gouvernance démocratique, mais dans l’étalage de ses talents de revirement pour surenchérir à chaque évènement. Denis Sassou Nguesso l’a bien compris : « Tout le monde à un prix » dit-on ! C’est de bonne guerre. Ce dernierveut rester au pouvoir et use de tous les moyens à sa disposition pour le rester. Et pourquoi rechignerait-il de l’inconstance de certains jouant en sa faveur ? Au regard de ces acteurs politiques qui ont brillé par une inconstance indescriptible, on est tenté simplement de leur rappeler que : « L'inconstance perd tout, en ne laissant mûrir aucune semence. » Henri-Frédéric Amiel.» (1)

Quel poids politique peut avoir cette nouvelle plateforme politique et surtout quelle crédibilité peut-elle attendre d’un peuple qu’elle a constamment floué ?

Depuis 53 ans, nous avons en face une classe politique manipulatrice qui mue au gré des évènements mais dont le discours reste immuable. Il est évident que le peuple s'interroge sur la nature de ses élites et acteurs politiques au message brouillé et dépourvu de suc.

En effet, comme il est de coutume depuis des décennies, ces acteurs n’auront pas gain de cause, ni sur les promesses de promouvoir le dialogue et la concertation nationale, ni le maintien d’un climat politique apaisé ni encore moins d’une quelconque amélioration des méthodes de gouvernance. Vous venez d’être achetés et de ce fait, vous appartenez à celui qui y a mis le prix. Vous avez simplement perdu votre âme, vous n’existez plus. Vous avez montré votre talent de piètre politicien. "Le vrai politique, c'est celui qui sait garder son idéal tout en perdant ses illusions." John Fitzgerald Kennedy - 1917-1963.

Souvenez-vous que ces mêmes partis politiques qui se proclament de cette plateforme d’opposition nous ont déjà pondu les « Concertations », notamment celles d’Ewo et Dolisie, qui se sont soldées par un fiasco politique couronnant le retour d’un clanisme sanguinaire qui ne se cache plus pour tuer les paisibles populations. (Comme nous l’avons vécu ce 16 Décembre dernier).

Une opposition divisée qui peine à s’unir sur l’essentiel

Le Collectif des partis de l’opposition congolaise, signataires de la déclaration du 17 août, relative aux élections législatives de 2012, seule opposition aujourd’hui visible est miné par ses relents d’orgueil et de sectarisme. Une frange de celui-ci se croit investi de on se sait quel droit républicain ou constitutionnel qui voudrait que le pouvoir leur soit dû comme si le Congo était dépourvu de constitution ou simplement un système ethnico-rotatif aurait pris son contrôle.

Des propos qui nous parviennent ou entendus de nos propres oreilles sont hallucinantes. Certains sont de nature à biaiser toute opposition solidaire et à favoriser la démobilisation. Une lutte d'influence acharnée sans véritable vainqueur se joue en sourdine au sein de ce collectif.

Par exemple, « Le Tout sauf Sassou », « Tout sauf Kolelas » « « Tout sauf un Nibolek », ce triumvirat ethnique ressassé à longueur de journée est la source de tous les problèmes politiques que rencontrent le Congo du 21 siècles. A en croire que les autres composantes ne sont que des serviteurs de seconde zone de la nation congolaise. Puisque OKOMBI SALISSA et rejoint aujourd’hui par une frange de congolais aurait décrété à travers ce pamphlet nauséabond après les MBOCHIS, les LARIS ou KONGO et les NIBOLEK, ce serait de « droit » au tour des « TEKE » d’accéder à la magistrature suprême. ». (2)

De ce fait, l’opposition réelle apparaît plus divisée que jamais, au grand désespoir du peuple et des militants engagés sur le terrain contre les forces du clan Sassou. Ils sont déconnectés de la réalité en clamant partout que c’est au « tour des Tékés » que reviendrait le droit de gouverner le Congo en 2016. Leur discours reste inaudible parce que le peuple ne veut pas soutenir des gens qui sont devenus des opposants uniquement par intérêt ethnico-personnel.

Les conséquences de cette vision de l’échec sont déjà expérimentées par la diaspora parisienne qui s’entredéchire à coups de mots invectivant et ruinant ainsi les efforts de mobilisation entreprise.

Ce manque de cohérence issue d’un mutisme politique est suicidaire. Ce que les congolais attendent de vous, ce sont des contre-propositions, un projet unificateur, des prises de positions claires et courageuses dépourvues de toute haine tribale. Pour construire la future alternance au système Sassou, le peuple congolais doit s’appuyer sur des leaders d’opposition fiables. Cela est possible par un débat politique de fond qui réunit tous les opposants au régime actuel.

Aucun changement n’est possible en cultivant la politique de l’autruche et de l’ethnie. Il faut amener le peuple à adhérer à un projet par les forces des idées novatrices. Ce changement appellera forcément à une recomposition du paysage politique congolais. Pour bouger, nous avons besoin d’un dessein, d’un idéal, d’un défi, d’une métaphysique populaire. Pour surfer au-dessus de toutes sortes de divisions ethniques et imbriquer nos intérêts communs pour rejoindre le convoi des nations dynamiques. Nous sommes tenus de combiner l’énergie du désespoir en lucidité. C’est ce postulat sera notre meilleur gage d’unité pour construire le Congo d’après Sassou. Ca ne serait surtout pas dans la révélation fallacieuse qui consisterait à croire « que le pouvoir de demain serait celui des Tékés. » Pour courber définitivement l’échine et les ardeurs de Denis Sassou Nguesso qui veut modifier la constitution pour demeurer au pouvoir au delà du 14 août 2016, l’opposition congolaise doit être unie, avoir des objectifs bien définis, émettre une position non négociable et ne pas tomber dans la compromission pour obtenir « une transition apaisée. »

Nous devons suivre l’exemple de l’opposition du Burkina Faso qui a fait échouer toutes les tentatives de modification de la constitution. «…On ne peut pas venir modifier la Constitution car quelqu’un veut rester 30 ans au pouvoir… » Maître Bénéwendé Sankara, Président de l'UNIR-PS.

Jean-Claude BERI

(1) SASSOU a-t-il frappé un coup de massue à" l’opposition "?

(2) OKOMBI SALISSA piégé ou piètre politicien ? (Numéro 376 - Congo-Brazzaville - Okombi Salissa peut-il succéder à Sassou, le journal Afrique Education)

(3) Claudine MUNARI face à ses errances

Une opposition de façade et divisée face au clan Sassou
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