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DAC - le portail d'information de l'association Développer Autrement le Congo (DAC).

17 Jan

2014, année charnière du devenir politique au Congo-Brazzaville

Publié par Berijc

Benjamin Franklin, un des pères fondateurs des États-Unis, a déclaré ceci : « Sans liberté de pensée, il ne peut y avoir de sagesse ; et pas de liberté du peuple sans la liberté d'opinion. »

Comme l’a si bien décrit Shakespeare, le monde dans lequel nous évoluons est une scène dans laquelle s’agitent les ombres fugaces avant que le rideau ne tombe. Comme on peut y voir aussi une tragédie qui trouve une expression dans la politique congolaise. Sentant le souffle de la fin de règne PCTiste gagné de plus en plus l’espace politique congolais, certaines « personnalités dites leaders d’opinion » affutent leurs armes pour un repositionnement politique parfois indécent. Quoiqu’en politique, particulièrement congolaise, l’indécence est une notion qui rime parfaitement avec l’immoralité.

Autrement comment comprendre que ceux-là même qui ont eu à commettre des exactions contre le peuple, brillé dans le pillage à outrance des ressources, peuvent se gargariser aujourd’hui comme étant des hommes nouveaux capables d’amener le Congo vers une alternance pacifique, dynamique orientée vers le plein développement. Si nous manquons de lucidité et de clairvoyance dans nos jugements actuels, nous reproduirons les mêmes erreurs ou pires. Le degré de perversion et de cruauté de la société congolaise, est tel que l'ambiance dans laquelle notre société évolue en est gangrénée.

N’oublions pas que le pouvoir de Sassou impose toujours une idéologie clanique et tribale. Pour dominer, il n’utilise pas que la violence, il lui faut une justification d’une autre nature. Il apparait par exemple comme le bienfaiteur de certains pays africains à qui il court secourir dès que ça tourne mal. Cela lui confère un statut d’homme altruiste, désintéressé, généreux. Mais nous savons tous que cet homme est le mal incarné du Congo-Brazzaville. Il est continuellement alimenté par la paranoïa de s'accrocher au pouvoir et de tout contrôler. La paranoïa de Denis Sassou Nguesso n’a pas de limite et conduit à un aveuglement hystérique. Tenez, est-il opportun de construire un hôpital de 600 lits à Oyo alors que la grande concentration de la population congolaise est à Brazzaville et à Pointe-Noire ? Pire, dans ces deux grandes agglomérations de notre pays, il n’existe aucune structure de cette taille.

Les deux années à venir seront dores déjà jugées cruciales. Tant les manœuvres d’accrochage ou de favoritisme mis en branle par Sassou provoquent un rugissement inouï devant l’étalage d’un scénario catastrophe qui replonge le pays dans le doute.

Le grand déballage au PCT

La sortie tonitruante avec un zèle d’audace de son fils « Christel Denis Sassou-Nguesso » dans un pamphlet vantardise et très partisan cause une dépression collective au sein du PCT dont la majorité des militants sont abasourdis, par ce qui pourtant n’était pas un secret. Les mammouths du PCT grincent les dents et surtout rejettent ouvertement cette possibilité. Ce retour autoritaire inchangé muselant toute voix discordante suscite le découragement des militants du PCT.

Dans les milieux proches d’Isidore MVOUMBA, on se laisse aller : « … C’est un affront inacceptable, nous avons milité depuis des années et un jeunot incapable de défendre un projet soit investi sans concertation .... ».

Les mots mis en exergue par ces derniers claquent clairement comme des signaux d’alarme. Même température du côté d’un autre cacique du PCT, André OKOMBI SALISSA alias AOS : « c’est un plan B dégoutant, les militants décideront en temps et en heures qui est plus apte à représenter le parti aux futures élections. . » « Visiblement pas impressionné, AOS semble prendre de la hauteur et invite à « une vision nationale ». « Pensons Nation congolaise... Démocratie congolaise... et pluralisme politique pour le bien de la plus grande majorité des Congolais ». OKOMBI SALISSA

Flairant le danger beaucoup dénoncent ouvertement le projet de révision de la Constitution. Une seule ethnie, un seul clan veuille se donner carte blanche et faire passer les lois comme elle l’entend.

Depuis son retour sanglant au pouvoir Denis Sassou Nguesso a raté tous ses paris et dissimule ses incapacités à travers des slogans pompeux (nouvelle espérance, chemin d’avenir) destinés à endormir le peuple.

L’inversion du chômage : ÉCHEC.

La baisse des dépenses publiques : ÉCHEC.

Le pouvoir d’achat : ÉCHEC.

La réhabilitation de l’école publique : ÉCHEC.

La santé pour tous : ÉCHEC.

La reforme de l’armée : ÉCHEC.

La confiance de l’opinion : PIÉTINÉE et EFFONDRÉE…..ÉCHEC…..

Toutes ses promesses sont devenues des chansons tournées en dérision au grand dam de l’honneur et la crédibilité.

Le PCT en soutenant ce gouvernement au service de SASSOU se noie dans une marre d’indécision, d’atermoiements ou se côtoie le refus d’assumer une politique des prédateurs qu’il a longtemps soutenu.

Le réveil des mammouths millénaires du PCT s’accrochant au pouvoir comme des puces sur un chien galeux semblent sortie de leur léthargie endémique. Nous ne cesserons jamais de le dire, le PCT vient de donner une leçon de sa maturité dans la transformation du paysage politique congolais en un champ de boue nauséabonde. Mais cette fois-ci, même le cochon adorant patauger dans la boue s’y refuse. En réalité ce qui est reproché à ses membres (81) c’est le refus de se conformer à ce qui est plus au moins une dictature.

Le valet du Clan SASSOU qui fait office de secrétaire général du PCT, Pierre Ngolo (une véritable marionnette) veut imposer la probable candidature de Christel Denis SASSOU Nguesso et ce sans aucune forme de concertation.

La pilule ne passe pas, la maison PCT se fissure petit à petit « Le PCT n’est pas le parti des Nguesso » ou « Pourquoi pas les fils Marien ! Le fondateur du Parti ?… ».

Comment les jeunes militants du PCT s’estimeront-ils capables de véhiculer un nouveau discours dans un parti ou le bureau politique est le reflet d’une secte des « vieux sages » aux idées statiques et immuables ?

La majorité des membres du bureau politique du PCT sont des retraités recyclés en contrat politique indéterminé. Depuis longtemps le PCT n’a plus les élites qu’il mérite. Il est englué dans l’achat des consciences des personnes complaisantes redevables en raison de faveurs reçues et le fonctionnement à l'abri des regards ou à la faveur de silences complices. Ces ingrédients-là ne vous rappellent-ils pas une récente saga ?

Ce qui se joue n’est plus la comédie de boulevard, c’est un rendez-vous décisif pour le Congo-Brazzaville. Le mot a été lancé par un membre du PCT, nous sommes l’Aude du changement de génération. Ces membres qui ont été sanctionné ont simplement refusé de biaiser, tergiverser en éludant les vrais questions de fond qui minent le PCT. Car, pour eux, faire semblant par les temps qui courent, c’est courir le risque d’atterrir sur une catastrophe encore plus grave.

Ils ont donc choisi de tirer les conséquences de la politique menée au Congo-Brazzaville dont les échecs criants se comptent comme des grains de chapelets. A l’instar du Burkina Faso, ces membres fondateurs injustement qualifiés de dissidents s'inspirent de l'exemple du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), parti du Président Blaise Compaoré en réclamant une clarification du parti sur le projet de modification de la constitution.

Les militants du PCT que nous avons rencontré demandent des garanties de dignité sociale, de liberté politique et de sécurité physique. Pour réaliser cela, il faudra obligatoirement changer de politique et la pratique, afin de dissocier la sphère civile et le règne militaire. Le PCT ne pourra plus continuer à conduire le pays avec cette politique du replâtrage, du rafistolage, de l’assassinat, du mensonge, de la corruption et du favoritisme. Le grand déballage qui s’amorce maintenant est le signe que ce pouvoir instauré dans le mensonge et l’illusion d’une paix fictive, qui d’échec en échec sombre dans l’impuissance et le discrédit n’est plus tenable et supportable. Il n’est toujours pas aisé d’échanger les rôles en politique.

ERASME n’avait pas tort dans son Eloge de la folie de voir dans Triboulet l’image grotesque et inversé du roi. Sassou ne peut être un homme de paix et assassin, fossoyeur de la démocratie.

Dire que la République congolaise se délite, c'est faire pire que se répéter : c'est désormais être bien en deçà d'une réalité d'autant plus triste que le Congo y parvient cette fois-ci sans guerre, comme si la faillite de l'État congolais était un objectif inscrit dans les lois de l'existence. Il est à craindre, hélas, que, d'une part, ce combat pour 2016 ne braque la lumière que sur la partie immergée de l'iceberg de la corruption dans notre pays, et d'autre part que cette corruption-ci n'en cache une autre, peut-être plus grave encore, celle qui consiste à ce que le jeu institutionnel soit constamment faussé. D’autant plus que l’opposition interne et externe est atteinte d’une cécité politique grave.

Jean-Claude BERI ; contact@dac-presse.com

2014, année charnière du devenir politique au Congo-Brazzaville
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